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Des tsars à l'exil : Catherine de Lesna

979-10-90029-08-8

Jean-Paul Besse

Nouveau

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25,50 €

Fiche technique

Pages157
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionnovembre 2011

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   Apparentée à la Maison impériale de Russie, la comtesse Eugénie Efimovsky (1850-1925) grandit dans le milieu slavophile sous Nicolas Ier et Alexandre II. Ses dons d’écrivain et d’artiste, son amitié pour Tourgueniev, sa correspondance avec Dostoïevski et Soloviev, ses liens avec les Aksakov et le pédagogue Ratchinsky, firent d’elle une figure de proue de l’« âge d’argent » de la culture russe.
   Héritière spirituelle du slavophile Khomiakov, elle voulut « aller au peuple » en servant l’Église, alors en plein renouveau. Avec la bénédiction du starets Ambroise d’Optino, grâce au soutien d’Alexandre III et de saint Jean de Cronstadt, elle devint la moniale Catherine et ressuscita le couvent de Lesna en Pologne russe. Aidée de Mgr Euloge, elle en fit un foyer de bienfaisance et de formation religieuse et professionnelle pour les Ukrainiens et les Biélorusses revenus à l’Orthodoxie.
   Son œuvre, nourrie par une intense vie intérieure et par ses écrits sur le rôle du monachisme dans l’éducation du peuple, s’inspirait des diaconesses de l’antiquité chrétienne. Rencontrant un succès inespéré, elle fit cinq autres fondations aux confins russo-polonais. La Grande Guerre les détruisit et la communauté se dispersa mais l’higoumène Catherine émigra avec nombre de ses moniales et leur icône miraculeuse. Après un bref séjour en Moldavie, elle s’installa en 1920 en Voïvodine serbe grâce au roi Alexandre. Son exemple repeupla les couvents serbes ruinés par les Ottomans.
   Elle s’éteignit en 1925 mais en 1984 son corps fut retrouvé intact. En octobre 2010, l’Église russe la canonisa au sein de sa communauté, aujourd’hui en Normandie.

   Auteur des premières biographies de la grande-duchesse Elisabeth Feodorovna (2008) et de la princesse Ileana de Roumanie (2010), Jean-Paul Besse renoue ici avec la Sainte Russie. Docteur en Histoire, spécialiste de la Réforme catholique et de l’Orient chrétien, il est professeur agrégé, lauréat de l’Académie française et chevalier de la Légion d’honneur.
Jean de Viguerie, son ancien directeur de recherches, a préfacé l’ouvrage.

Du même auteur

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Nicolas Horthy, le régent méconnu 
Le grand-duc Nicolas, tsar ou régent ? 

Dans la presse

Lettre de Ligugé, n° 340, avril 2012

   La comtesse Eugénie Borissovna Efimovsky (1850-1925), apparentée à Catherine Ière et à Elisabeth Pétrovna, grandit dans le milieu slavophile, marqué par le partage ecclésial ou sobornost, sous Nicolas Ier et Alexandre II. Ses dons intellectuels et artistiques s’y épanouirent. Elle se voua tout entière à l’éducation morale et religieuse du peuple en greffant cette double régénération sur le vieil arbre monastique. Déçue par un enseignement dans un lycée de Moscou, blessée dans un incendie, elle se retira à la campagne puis voyagea en Europe où elle rencontra Tourgueniev et peut-être Hegel. En Angleterre, elle se lia d’amitié avec William Birkbeck. Revenue en Russie après l’assassinat d’Alexandre II, elle reprit l’enseignement et en 1884 fit paraître dans la revue Rouss’ d’Ivan Aksakov les articles « Quelques mots sur les monastères à propos de l’éducation du peuple » et « Le monastère et l’ascétisme chrétien ». Dirigeant un orphelinat, elle fut mise en relation avec Mgr Euloge de Chelm et Varsovie. Celui-ci l’appela à fonder un monastère à Lesna en Podlachie, lieu d’un pèlerinage auprès d’une icône miraculeuse. Eugénie y arriva en 1885, presque seule. Les préventions des catholiques de la région tombèrent peu à peu, les dons affluèrent et la communauté présidée par la fondatrice, devenue l’abbesse Catherine, se développa et fut à l’origine de plusieurs fondations associant observance monastique et action charitable. Toutes ces œuvres furent anéanties par l’offensive allemande en 1914, puis la révolution d’octobre 1917. Réfugié en Bessarabie, ce qui resta des communautés dut s’expatrier à Novo Hopovo en Serbie, en 1921. Mère Catherine y mourut en 1925. Obligée de quitter la Serbie sous Tito, la communauté s’établit en 1967 à Provemont dans le Vexin normand. L’abbesse Catherine y fut canonisée en 2010, et le rayonnement intellectuel et spirituel de la communauté y reste vivace. Jean-Paul Besse livre ici une biographie fort documentée et fait revivre avec ferveur et talent ces époques troublées, riches de grandes personnalités.
V.D.

Revue d’histoire ecclésiastique, 3/4, 2012

   Par sa naissance dans une famille noble de Moscou, très attachée à l’Église, par sa première éducation sous la conduite d’une gouvernante anglaise, par ses liens avec les plus marquantes figures intellectuelles et spirituelles de l’âge d’argent, Eugénie Borissovna Efimovsky (1850-1925) promettait de laisser une trace significative dans l’histoire mouvementée de son temps. En réalité, c’est son choix pour la vie monastique, non point pour quitter le monde, mais pour le servir dans les plus pauvres, qui lui donnerait une place éminente dans les destinées de son peuple. Alors qu’elle s’adonnait à l’éducation de jeunes filles dans une école de village, l’archevêque orthodoxe de Varsovie, Léonce, futur métropolite de Moscou, discernant sa vocation monastique, lui demanda de relever de ses ruines la communauté de Lesna, en Podlachie. Elle y arriva en décembre 1885 avec trois novices et deux fillettes. Ainsi commença une prodigieuse aventure spirituelle. Tout manquait à Lesna. Les relations moscovites de Mère Catherine – le nom qu’elle prit à sa vêture – permirent une première dotation, mais c’est le rayonnement de l’higoumène qui déclencha un afflux irrésistible de vocations. En 1914, le couvent comptait cinq cents moniales, six cents élèves, une centaine de malades soignés par les sœurs et le personnel laïc. Les avatars de l’histoire contraignirent malheureusement le monastère à se réfugier en Serbie en 1920, puis en 1921 dans la neuve Yougoslavie. Après la mort de l’abbesse, c’est à Provémont, dans le Vexin français, que le monastère de Lesna trouva asile et que sa fondatrice sainte Catherine fut canonisée en 2010. Elle a laissé quelques écrits spirituels de haute tenue sur le monachisme, l’école chrétienne et la vocation des diaconesses dans l’Église. L’A. restitue le contexte historique, politique et culturel dans lequel s’inscrit la vie de la sainte abbesse, avec un luxe d’érudition qui contraste un peu avec l’effacement volontaire de cette grande chrétienne.
René Marichal