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Don Bosco

978-2-37271-008-4

Jean de La Varende

Nouveau

19,00 €

Fiche technique

Pages235
Dimensions14,8 x 21 cm
Couverturesouple
Date de parution11 juin 2015

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Préface du prince Geoffroy de Broglie ; avant-propos de Patrick Delon
Illustrations de Daniel Lordey

   « Né le 16 août 1815, dans une famille modeste aux environs de Chieri, mort à Turin le 31 janvier 1888, Giovanni Melchior Bosco fait partie de cette race d’hommes aux convictions religieuses bien ancrées dans leurs gènes. C’est sans attendre mais non sans difficultés qu’il embrasse la carrière religieuse et est ordonné prêtre en juin 1841. De là, sa foi ne cessera de grandir, même lorsqu’il est éprouvé par le démon. Jean de La Varende détaille ici ces démonstrations de foi qui permettent à Don Bosco de surmonter les difficultés et de réaliser son œuvre. Don Bosco, homme de foi
   « Aussi, et très rapidement, le saint, qui a vécu une enfance difficile avec la mort précoce de son père et les caractères de ses frères, se tourne vers un apostolat d’éducateur. En effet, attristé par ces enfants vagabonds qui gravitent autour de Turin, il décide d’agir pour les ramener à Dieu et leur offrir une formation. Essayant de les approcher, il va d’échec en échec jusqu’au jour de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1841, en la sacristie de Saint-François, où la Grande Dame, qu’il aimait tant, intervient. Un jeune ouvrier se présente à lui : la grande aventure commence ici. Il réunira près de 400 000 disciples. Don Bosco, homme d’éducation
   « Enfin, Don Bosco a démontré durant toute sa vie un courage exemplaire. En effet, aucune difficulté ne le fait reculer. Même quand la secte des Vaudois s’en prend à lui par des attaques régulières et violentes ou quand Turin su-bit l’épidémie de choléra en 1854 et qu’il arme avec ses jeunes des équipes de brancardiers pour aider les malades. Du courage, il en a aussi dans la conduite de son grand projet, la création de l’œuvre des Salésiens, où il lutte sans relâche contre le puissant clergé italien pour gagner son indépendance. Triomphe final. Don Bosco, homme de courage
   « Le regard éclairé de La Varende nous propose une vie de saint captivante où aucun détail n’est oublié. Don Bosco est pour nous un exemple de persévérance, de foi et de courage où l’éducation prend toute sa place dans la constitution de l’homme. »
Geoffroy de Broglie

   Romancier, biographe, historien, membre de l'Académie Goncourt et de l'Académie de Marine, Jean de La Varende (1887-1959) s'est attaché à l'évocation du terroir normand et de ses traditions avec une prédilection particulière pour la mer et les marins.

Du même auteur :

Mes plus beaux Noëls 
Mes plus beaux contes sacrés 
Mes petits contes marins 
Les manants du roi 
Surcouf 
Contes des plaines et des bois

Dans la presse

L'Homme Nouveau, n° 1596 du 29 août 2015

   Biographe doué mais trop rare, Jean de La Varende fut un hagiographe plus parcimonieux encore. Celui qui se revendiquait écrivain catholique ne donna que trois vies de saints. Si son attirance envers le Curé d'Ars est connue, sa fascination envers Jean Bosco surprend. La réédition, à l'occasion du bicentenaire de la naissance du saint, de l'ouvrage qu'il lui consacra en 1950 est un troublant tête-à-tête.

   La Varende, homme de terroir et d'ancrage, portait rarement ses regards vers l'étranger. Qu'il se fût intéressé à un italien, le cas est unique dans son œuvre pourtant abondante. Lui-même, conscient de rompre avec les thèmes qui avaient assuré son succès, s'en expliqua dans l'une de ces introductions au ton si personnel dont il avait le secret. Dans ce style unique qui était sien, que l'on adopte d'emblée ou déteste définitivement, La Varende déclarait, abrupt, dès les premières lignes : "Beaucoup de raisons impérieuses et personnelles pour m'occuper de lui." En quoi ces raisons étaient-elles si personnelles et si impérieuses, d'ailleurs, il ne le dirait pas nettement ; l'homme avait ses pudeurs. Celles qu'il mettait en avant, pour excellentes qu'elles fussent, devaient en cacher d'autres, plus intimes.

   La Varende en avouait quatre : il s 'agissait d'un "saint rural, ce qui est rare", doté de vertus paysannes qu'il appréciait ; il souhaitait offrir, alors que l'hagiographie, genre abandonné aux ecclésiastiques en raison des sévérités de l'Index, oscillait ente édification pieuse et savoir desséchant, "un travail laïc" ; enfin, Don Bosco attirait son biographe parce qu'il était  "le dernier thaumaturge". La réputation du Padre Pio n'avait pas atteint le château du Chamblac, sans quoi La Varende eût su que le temps des miracles, qu'il pensait clos depuis la mort de Jean Bosco, continuait…

   À lire La Varende, qui, fervent chrétien, n'avait pas cependant l'âme d'un mystique et l'avouait, ce qui l'étonne et le séduit, c'est le déversement, dans la personne d'un homme très simple, de grâces insignes qui font courir les foules enquête de merveilleux mais aussi de soulagement physique et spirituel. Ces détails, - car ces évènements ne sont rien d'autres dans l'aventure de la sainteté qu'ils sont là pour révéler -, retiennent l'attention du public, plus que tout le reste.

   L'autre aspect de Jean Bosco qui attire son attention tout au long du livre, c'est ce talent de bateleur que Giovanni se découvrit tôt et dont il joua afin d'attirer les enfants qu'il désirait sauver. Pour Don Bosco, ce talent sera un moyen, efficace, jamais une fin. La Varende en fait une clef de son caractère, mettant le thaumaturge sur le même pied que l'amuseur, et c'est exagéré. Surtout si I'on se souvient combien ce personnage du pitre de foires, que le romancier transfigura dans sa belle nouvelle, le Bouffon blanc, incarne, dans les mentalités paysannes, le déclassé.

   Giovanni Melchiore Bosco est né le 16 août-le 15, prétendra-t-il, se vieillissant par dévotion mariale - 1815 aux Becchi, distant de Turin de 25 km, second fils du second lit de Francesco Bosco et Margherita Occhiena. Il a 2 ans lorsque son père meurt, laissant sa veuve et ses enfants dans une situation pénible. Sa mère, femme hors du commun, sera la grande chance de Jean.

   L'anecdote, que La Varende rapporte, de Madame Bosco mettant fin, à coups d'eau bénite, aux amours adultères de sa voisine, fâcheux exemple pour les enfants, semblera, en nos temps de mœurs faciles, réaction obscurantiste et intolérable intrusion dans la vie privée du prochain. Elle s'inscrit à l'encontre de la vision idéalisée que La Varende se faisait et donnait de la piété paysanne, voilà deux siècles. Cette "grâce d'ambiance" dont il parle n'était pas le fait d'une société rurale unanimement vertueuse et édifiante, tant s'en faut ! La très grande pureté de la signora Bosco, qu'elle transmettra à son cadet, était, déjà, exceptionnelle.

   Jadis, et elle tend à y revenir, l'Église portait volontiers les parents de ses grands saints sur les autels, considérant qu'ils leur devaient l'éducation qui les avait faits ce qu'ils étaient. Que serait devenu Don Bosco sans "Mamma Margherita" ?

   À 13 ans, Giovanni est gagé comme valet chez de gros fermiers. Pourtant, certains connaissent déjà son "secret", sa vocation sacerdotale, qu'il réalisera, malgré des traverses financières répétées. Pour financer ses études, le garçon apprit trente-six métiers, aidé par une prodigieuse mémoire et des facultés intellectuelles remarquables qui lui permirent de rattraper son retard scolaire. À côté de cela, un athlète râblé, d'une force physique impressionnante, qui, à l'occasion, l'incitait à régler ses problèmes à coups de poing. Il y a du Don Camillo chez Don Bosco. La Varende y voit de l'esbroufe paysanne, l'art de s'imposer dans des milieux peu portés aux finesses, en mettant en avant ses muscles plutôt que son intelligence. Cette image du costaud ne doit pas occulter la véritable personnalité, hautement spiritualisée, mais infiniment plus secrète, du jeune prêtre.

   Au soir de son ordination, sa mère dira à Don Bosco : "Souviens-toi ! Commencer à dire la messe, c'est commencer à souffrir." Profonde parole qui touche au cœur même du mystère sacerdotal. Pour le fidèle, la messe est une consolation. Pour le prêtre… Face à cela, La Varende avouait son désarroi. Devenu canal de grâces, Don Bosco souffrira. Les persécutions, les attaques de ses ennemis, et celles de ses amis, les tentatives d'assassinat, les ennuis de santé, les déchaînements de fureur du démon, épreuves qui, à partir de 1846 et jusqu'à la fin de ses jours le frapperont, seront les phénomènes perceptibles au profane de ses tourments intimes. Comme il l'avouera à un proche qui lui enviait… ses pouvoirs miraculeux : "Si tu savais ce qu'il en est, tu supplierais nuit et jour dans les larmes le Ciel de t'en débarrasser !".

   Des miracles, véritables fioretti salésiens, la vie de Don Bosco en déborde. La Varende y puise, en s'offrant le luxe de prétendre faire le tri, séparer le vraisemblable de l'invraisemblable. Sans le remettre en cause, comme il s'y essayait parfois maladroitement, ce bric-à-brac de guérisons, visions, rêves, voyances, bilocations, finit par nuire à Don Bosco, qui devient une espèce de bateleur de Dieu. Pourtant La Varende devine qu'il s'agit, d'abord, d'un détachement hors du commun d'un renoncement terrible à toutes les douceurs des affections humaines.

   Suffit-il, comme lui, d'y voir le contrecoup du deuil éprouvé en 1839, au décès de son ami Luigi Comollo, qui l'aurait tant ébranlé que Giovanni se serait dès lors détaché de toute affection sensible de ce côte-ci de la réalité ? Non. Un tel effort d'héroïsme ne résulte pas de la découverte, banale, et il y a deux siècles bien plus qu'aujourd'hui, de notre condition mortelle et de la fragilité de nos affections. Don Bosco n'a pas renoncé à l'amour et à l'amitié par peur de perdre ceux qu'il aimait, mais afin de conquérir un Amour plus haut et aimer exclusivement à la lumière de cet Amour-là. La Varende, qui gardait de son passé de collégien un souvenir de cauchemar tant ses éducateurs s'étaient montrés odieux, brutaux, stupides et hypocrites, admirait la méthode, inspirée de celle de saint François de Sales, qui permit à Don Bosco, de transformer en agneaux de jeunes voyous jugés irrécupérables par la société: "Douceur, Jean ! > répétait la voix de ses songes. Or, la douceur n'était pas sa vertu cardinale. Ce meneur d'hommes était porté à la violence et dut lutter contre ce tempérament explosif. Quitte à se défouler, à l'occasion, quand on l'agressait sur des malfrats ignorants de la puissance de ses grosses "pognes". La Varende est à l'aise avec ce trait de Don Bosco, humain, qu'il admire, et l'on sent du regret que son héros se fût à la longue dominé.

   Don Bosco dérangeait. C'est souvent le cas des saints. Reste que peu d'entre eux ont été autant persécutés, menacés de mort et victimes d'attentats que lui. L'on a pointé du doigt les Vaudois, la franc-maçonnerie. Ces gens envoyaient, selon leur humeur, la police mettre l'Oratoire sens dessus dessous, ou des tueurs à gages tenter d'abatte l'encombrant. Cela n'affectait guère Don Bosco, confiant, jusqu'à donner le vertige, dans la protection divine et les interventions de la Providence. Les seules brimades qui l'atteignirent vinrent des "bons chrétiens", y compris son archevêque, qui n'approuvaient pas sa volonté de sortir de la rue et de sa misère, matérielle et spirituelle, les enfants perdus de la modernité en construction. Pour les arracher à leur milieu, il fallait construire. Le travail de bâtisseur de Don Bosco fut hallucinant, et s'accomplit sans un sou vaillant. Il comptait sur Dieu, et sur les bienfaiteurs. C'est l'un des apports originaux du livre que l'évocation des "mondanités" du saint dont La Varende avait eu connaissance par ses cousins et amis. Don Bosco, devenu célèbre et sans cesse à cours d'argent, se louait pour des dîners en ville, se faisant payer pour s'exhiber, ce qui ne l'empêchait pas de dire leur fait à ses hôtes et à leurs invités. Il "taxait" les riches.

   Certains marchandaient. La Varende rappelle ce banquier millionnaire et infirme à qui Don Bosco réclama 3000 francs-or, une fortune..., contre sa guérison immédiate, et qui tenta de recouvrer la santé à moindres frais. En fait, si Don Bosco "vendait" ses miracles, c'est qu'il ne leur attachait aucune valeur. Il ne comprenait pas pourquoi on venait lui demander, à prix d'or, la possibilité de prolonger son séjour ici-bas. Un jour, un de ses élèves, malade, auquel il laissait le choix entre la guérison et le Paradis, lui demanda "à réfléchir". Quand il se décida, courageusement malgré tout, pour la mort et l'assurance du salut, le saint, furieux, déclara qu'il était trop tard et qu'il était condamné à vivre...

   Cette attitude l'irritait spécialement venant de prêtes, religieux ou religieuses. Il fit une exception en faveur de cardinaux valétudinaires opposés à la reconnaissance de son œuvre, auxquels Pie IX, malicieux, l'envoya rendre visite, de sorte qu'il paya leur soutien en soulageant leurs douleurs de vieillards. Lui-même portait les siennes sans broncher. Resté affaibli des suites d'une pneumonie qui avait failli le tuer à 30 ans, Don Bosco fut tôt perclus de rhumatismes, puis perdit la vue. Il ne se plaignit jamais, poursuivant son inlassable besogne, dédaigneux des honneurs terrestres, et demeura, jusqu'à sa mort survenue le 31 janvier 1888, fidèle au souhait qu'il avait jadis exprimé au pape désireux de le faire Monsignore, "le pauvre Don Bosco". Anne Bernet

Action Familiale et Scolaire, n°245-246, juin-août 2016

  Jean de La Varende nous offre une merveilleuse biographie de ce grand saint qui consacra sa vie aux enfants… Don Bosco se laissera incessamment guider par l’occasion, le cours des choses. Il verra  de plus en plus grand. En effet, grâce à son courage et à sa foi, il amènera  à lui des milliers d’enfants qu’il instruira pour en faire des « hommes utiles ». Le regard éclairé de La Varende donne au lecteur l’envie de suivre l’exemple de cet Homme de foi, Homme d’éducation et Homme de courage dont la vie est plus que jamais une source d’Espérance.  15 ans 
MC