Louis XVII, la biographie Agrandir l'image

Louis XVII, la biographie

978-2-37271-026-8

Philippe Delorme

Nouveau

24,00 €

Fiche technique

Pages450 + cahier d'ill.
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionnovembre 2015

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   Roi martyr, Louis XVII suscite depuis deux siècles d’inlassables controverses. S’est-il évadé de la prison du Temple ? Quelles sont les circonstances exactes de sa mort ? Et cela en dépit des analyses génétiques pratiquées sur son cœur, voilà déjà quinze ans.
   Quant à sa vie, elle demeure peu connue, et c’est le grand mérite de Philippe Delorme de nous la retracer ici avec la rigueur de ses sources et son élégance d’écrivain. Car, de 1785 à 1795, le sort de la France se confond avec celui de Louis Charles, fils cadet de Louis XVI, à travers le déchaînement des passions et des ambitions politiques.
   Le récit de Philippe Delorme nous fait revivre les premiers pas du petit duc de Normandie, à Versailles, entouré d’une mère aimante, Marie-Antoinette, et d’un père attentif, de son frère et de ses deux sœurs. La mort du dauphin Louis Joseph, l’aîné du futur Louis XVII, en juin 1789, ponctue le début de la tragédie. Suit une lente descente aux enfers, de la cage dorée des Tuileries aux cachots du Temple…
   Séparé de ses parents, soumis à un véritable lavage de cerveau, avant d’être abandonné dans la plus noire des misères, Louis Charles, devenu roi légitime à la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793, s’éteindra victime de la tuberculose, le 8 juin 1795. Dès lors commence la légende…
   Plus d’une centaine de faux dauphins se lèveront en effet pour proclamer qu’ils sont le jeune prince, échappé des griffes révolutionnaires. Le plus célèbre, le Prussien Karl Wilhelm Naundorff a laissé une descendance qui dispose toujours de quelques partisans. Exorcisant définitivement les démons du conspirationnisme ou du survivantisme, Philippe Delorme apporte des preuves inédites de la mort de Louis XVII au Temple. Il restitue ici un visage de lumière. Dans toute sa pureté originelle et la vérité de sa destinée tragique.

   Historien spécialiste des dynasties royales et des grands destins, Philippe Delorme a fondé la revue Point de Vue Histoire en 2009.
   Il vient de publier une biographie de la reine Anne de Kiev (Pygmalion, 2015).

Couverture : Louis XVII, enfance martyre, sculpture de Catherine Cairn.

Dans la presse

L'Action Française 2000, n°2924, 21 janvier au 3 févier 2016

   L'Action Française 2000 - En 2016, y a-t-il encore matière à découvrir quelque chose, sur Louis XVII?
   Philippe Delorme - La recherche historique réserve de perpétuelles découvertes, mais en ce qui concerne le fin-mot de "l'énigme Louis XVII", je pense qu'il n'y a plus rien à ajouter. D'ailleurs, dès le XIXe siècle, des enquêteurs rigoureux comme Alcide de Beauchesne ont réuni assez de preuves pour affirmer que l'enfant mort au Temple en 1795 étant hélas le fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, victime d'une longue détention et de mauvais traitements. Les analyses génétiques, pratiquées à mon initiative en 2000 sur le cœur prélevé lors de l'autopsie par le docteur Philippe-Jean Pelletan, ont apporté un élément décisif, en mettant un point final à la polémique. Vous savez, plus de deux mille ouvrages et articles de presse ont été publiés autour de "l'affaire Louis XVII" ! Généralement pour "démontrer" que le petit prince avait échappé à ses bourreaux. Chaque année, il en paraît encore de nouveaux, écrits par de soi-disant "descendants" de Louis XVII! Périodiquement, on remet en question les résultats de nos analyses ADN, on élève des objections, on cultive les points d'interrogation. C'est pourquoi j'ai voulu rassembler dans cet épais ouvrage de près de cinq cents pages I'ensemble de mes travaux sur le sujet. "Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage…" C'est plus d'un quart de siècle que j'ai consacré à ce dossier. Dans ce livre "définitif", je raconte non seulement l'existence tragique de cet enfant, né sous les ors de Versailles et mort à dix ans, orphelin, dans un cachot obscur, rongé par la tuberculose. Mais aussi l'épopée des "faux dauphins" et l'odyssée du cœur de Louis XVII.
   Pourquoi Jean-Louis Bachelet l'auteur de Sang royal, ne tient-il pas compte des analyses ADN que vous avez diligentées ... surtout pour arriver à des conclusions identiques ?
   Je dois dire que ce Sang royal me rend très perplexe! L'éditeur annonçait à son de trompe des révélations sensationnelles, des "secrets" exhumés des archives du Vatican, de nouvelles études scientifiques. Or, à l'arrivée, rien de tout cela. "Beaucoup de bruit pour rien", aurait dit Shakespeare. Une publicité tonitruante, mais un ouvrage décevant, qui survole la question et collectionne les erreurs historiographiques les plus grossières. Finalement, Jean-Louis Bachelet a réussi cet exploit de faire l'unanimité... contre lui. Aussi bien les 'survivantistes' que les véritables historiens s'accordent à souligner le manque de consistance de son essai. Ainsi, il ne consacre que deux lignes aux analyses du professeur Jean-Jacques Cassiman sur le cœur de Louis XVII - sans même citer mon nom -, au profit de nouvelles études, signées par le docteur Gérard Lucotte, un généticien hautement contesté au sein de la communauté universitaire.
   Peut-on considérer que les querelles sur l'authenticité des reliques - cœur ou cheveux - sont futiles, car témoignant d'un soupçon "hypercritique" qui dépasse les règles scientifiques pour donner dans la fable complotiste?
   Futiles, elles ne le sont point, car la génétique en elle-même ne livre aucune réponse, mais seulement des indications. "L'ADN n'a pas de carte d'identité", a coutume de dire le professeur Cassiman. Pour pouvoir affirmer que le cœur analysé en 2000 était bien celui de Louis XVII, il fallait auparavant établir sa "traçabilité", la continuité de son parcours historique depuis le Temple jusqu'à la cathédrale de Saint-Denis, où il se trouve actuellement. L'historien devait démontrer qu'il s'agissait bien du même "viscère". Qu'il n'y avait pas eu substitution, avec celui du frère aîné de Louis XVII, le dauphin Louis-Joseph, mort en 1789, par exemple. Mais en effet, au-delà de cette enquête "raisonnable", l'acharnement à supposer des machinations obscures, des desseins cachés, relève de l'hypercriticisme, voire du complotisme. Pour ma part, je me réfère souvent au "rasoir d'Occam", ce philosophe médiéval qui professait que, généralement, les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables.
   Pourquoi le sort de Louis XVII est-il inlassablement questionné ? Y a-t-il un enjeu politique, ou le royalisme français a-t-il besoin de secréter sa propre mythologie du "roi caché"?
   Un enjeu politique, certainement plus aucun aujourd'hui ! En fait, dans l'histoire du royalisme, la question de la "Survivance" a plutôt constitué un élément néfaste, propre à diviser les forces face à l'adversaire républicain. Comme l'écrit Hervé Pinoteau, "une machine de guerre d'apparence fort pieuse, qui liquéfie les volontés et raréfie les militants". Ce n'est pas par hasard si Jules Favre, l'un des pères fondateurs de la III" République, a été l'avocat des Naundorff… Par ailleurs, le mythe du "roi caché", du "grand monarque", apparaît comme un archétype universel dont on distingue les avatars tout au long de l'Histoire: Charlemagne, Gengis Khan, Frédéric Barberousse, Sébastien du Portugal, Dimitri de Russie, etc. Au XIXe siècle, il a pris la forme de l'Enfant du Temple. Une certaine frange du royalisme a été déçue par la Restauration, qui avait accepté une partie des acquis de la Révolution. Pour ces partisans d'un Ancien Régime fantasmé, où le Trône servirait l'Autel, Louis XVIII, Charles X - et par la suite Louis-Philippe - ne sont que des usurpateurs. Le vrai roi s'est évadé du Temple, il a survécu, il viendra rétablir l'âge d'or. Plusieurs dizaines de "faux dauphins" - illuminés ou escrocs - vont ainsi prétendre être Louis XVII miraculeusement sauvé. Le plus connu est le Prussien Carl Wilhelm Naundorff. À son époque, c'était loin d'être le plus crédible, mais son souvenir s'est perpétué au travers de sa nombreuse descendance qui porte légalement le patronyme de Bourbon, grâce à un artifice de l'état civil néerlandais. Précisons au passage que les récentes "analyses" de Gérard Lucotte, selon lesquelles l'actuel prétendant Naundorff- Hugues de Bourbon - serait apparenté à la lignée capétienne, sont contredites point par point dans mon livre, par d'authentiques spécialistes…
Propos recueillis par Arthur Delarbre

Le Figaro Histoire, n°24, février - mars 2016

   Peu de personnages auront suscité autant de débats sur leur identité ni éveillé autant d'espoirs… De la naissance du second Dauphin à Versailles (le premier Dauphin, son frère-ainé Louis-Joseph de France, étant mort le 4 juin 1789) jusqu'aux derniers rebondissements de l'enquête autour de "l'enfant du Temple", c'est une destinée mouvementée que retrace Philippe Delorme. Soucieux de mettre un terme aux théories de la "survivance", il analyse avec une rigueur implacable les nombreuses controverses apparues après la mort officielle de l'enfant royal. Mais c'est surtout la vie éphémère de Louis XVII qui nous est dessinée, depuis les jardins du Trianon jusqu'au cachot du Temple. A travers lui, on assiste au crépuscule de l'Ancien Régime, à la tragédie d'une famille qui doit faire face à la Révolution. La correspondance de la reine, les Mémoires de Mme Royale, les témoignages des geôliers, tous ces documents qui nourrissent l'ouvrage replongent le lecteur au cœur d'un drame où s'affrontent folie et grandeur d'âme et où un enfant impuissant devient l'enjeu qui peut faire basculer l'avenir d'une nation. Dorothée Bellamy

Royaliste, n°1097, 23 mars - 7 avril 2016

   Écrire sur le livre d’un ami n’est pas chose facile. On peut aisément encourir le reproche de courtisanerie ou de copinage, surtout quand on ne se veut pas un moderne Louis Barbier de La Rivière. Plus encore lorsque le susdit traite d’un sujet qui paraît rebattu et sur lequel plus rien ne semble devoir être dit. Seulement voilà, quand on en pense du bien, il faut l’écrire et le partager. Relevons le défi !
En mettant un terme, souhaitons-le définitif, au sujet après le verdict des études ADN menées sur le cœur du jeune Louis XVII, Philippe Delorme avait clos le champ maintes fois labouré par des milliers d’ouvrages. Le petit roi était bien mort à la date dite et au lieu précisé. C’en était fini des recherches de survivance et des tentatives de relier telle ou telle famille encore existante à la descendance de Marie-Antoinette et de Louis XVI. Terminée aussi l’expression des espoirs des descendants de Naundorff, par exemple.
   Au reste, il revenait à Philippe Delorme, plus qu’à n’importe qui d’autre, le soin de clore le sujet, d’écrire Le livre qui fera référence. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit et non d’une banale « redite ». La structure même de l’ouvrage, parce qu’elle est composite, permet de balayer l’intégralité du sujet. D’abord avec une biographie.
   C’est que dès sa mort, le sujet Louis XVII a dépassé la simple personnalité du petit Louis-Charles de Bourbon, né à Versailles en 1785 et mort à Paris en 1795. Le jeune garçon n’est pas longtemps resté un enfant, c’est devenu un mythe et à beaucoup d’égards la personnification de la mauvaise conscience de tout un pays pour les errements et les côtés sombres d’une période révolutionnaire qui ne pouvait de toute façon n’être que de lumière. Les conditions dans lesquelles on a laissé « crever » - pardon mais il n’y a pas d’autres termes - un enfant, non pour ce qu’il était mais pour ce qu’il représentait, sont abjectes et impossibles à qualifier autrement qu’avec des mots injurieux.
Inutile, par conséquent, de poursuivre sur ce chemin. L’enfant sera toujours un sujet particulier à traiter, il y a surtout ce qui le touche des hésitations et des pesanteurs et de toute façon une obligation de délicatesse. Louis XVII nous interroge aussi sur notre rapport à la culpabilité.
   Sérieux, l’ouvrage visite toutes les possibilités de l’évasion revendiquée. C’est passionnant comme un bon roman policier et parfois même drôle. Au fond, tout le monde aurait souhaité que cet enfant s’évadât. Ce serait plus confortable, plus léger à supporter, comme si on devait choisir ses moments dans le cours de notre histoire et passer sous silence tout ce qui peut être, à un degré ou à un autre dérangeant. Sans être comptable le moins du monde des malheurs, des débordements et des massacres qui ont jalonné l’histoire de France, le déroulé des événements a contribué à nous faire ce que nous sommes. L’oubli n’a jamais permis d’apprendre de nos erreurs.
   Le luxe de cruauté que l’on semble avoir déployé dans le traitement de cet enfant ne laisse pas d’étonner. Tout cela pour rien, puisque l’enfant, atteint comme son frère aîné de tuberculose osseuse, n’aurait de toute façon pas eu beaucoup de chance de survivre. Comme narré dans ce livre, dès son trépas, une multitude de faux dauphins, une centaine, se sont présentés, certains simplement pour faire un tour de piste, d’autres pour marquer d’autant plus et un pour garder encore de nos jours des partisans. Notez qu’il en va ainsi de tout temps et sous toutes les latitudes. Certains pays, comme la Russie, comptent par centaines des faux tsars. Au-delà du débridement de l’imagination que provoque une disparition aussi tragique, cela renvoie à bien d’autres éléments de la psychologie et de l’inconscient collectifs.
   La nostalgie n’a pas grand chose à voir à l’affaire. C’est à la fois plus compliqué et plus intéressant. Dépassant largement son strict sujet, Philippe Delorme s’attaque à tous les aspects de la question. C’est d’une lecture passionnante et enrichissante. Voilà pourquoi il faut lire ce livre parce que, même si le sujet Louis XVII ne vous passionne pas outre mesure, vous apprendrez des tas de choses et surtout, bon nombre d’entre elles vous amèneront à réfléchir : au sens de l’histoire, à la manipulation toujours possible des événements et des sources, à la construction du récit, voire du roman, historique. Ajoutons le choix particulièrement judicieux de l’œuvre de Catherine Cairn pour illustrer la couverture, visage qui rend tellement bien compte de la tragédie de cette vie partagée en deux : cinq ans de bonheur et cinq autres de tragédie à l’Antique.
   Ne dussiez-vous posséder qu’un seul ouvrage sur le sujet vous devriez choisir celui-là. Cela rend à la fois service au public qui peut se faire une idée réelle, sérieuse, documentée, précise et surtout complète d’une question qui a agité deux siècles de recherches et amené beaucoup de non-spécialistes à la passion de l’histoire ; mais aussi à l’auteur qui, maintenant libéré d’un sujet d’étude aussi prenant va pouvoir voguer vers d’autres mers de réflexions et de découvertes.
Pascal BEAUCHER