Saint Gautier, abbé de Pontoise Agrandir l'image

Saint Gautier, abbé de Pontoise

978-2-37271-082-4

Cardinal Walter Brandmüller

Nouveau

14,00 €

Fiche technique

Pages76
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionjuillet 2017

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   Né en Picardie vers 1030, mort en 1099 et canonisé en 1153, Gautier est l’archétype de l’abbé pieux, réformateur et refondateur.
   Mais quel chemin nous sépare de ce saint du XIe siècle ? Quel sens peut revêtir sa vie aux yeux de l’homme du IIIe millénaire ?
   Le cardinal Brandmüller répond à ces questions en historien et homme de foi. « Si nous chantons encore les mêmes psaumes que lui, nous défrichons aussi les mêmes friches d’un bas monde en proie aux pires tourments spirituels et temporels. » Il nous montre comment une grande intelligence éclairée par la Foi peut guider notre résistance au chaos rationaliste et libre-penseur de notre temps. Non moins actuel est l’attachement de saint Gautier aux vraies réformes romaines en un temps où les décisions grégoriennes de Benoît XVI suscitent encore l’opposition de chrétiens « adultes » hostiles à toute restauration liturgique et doctrinale du catholicisme.

   Né à Ausbach en Bavière, Walter Brandmüller étudia à l’université Louis-et-Maximilien de Munich où il soutint sa thèse d’histoire. Longtemps professeur puis président du Comité pontifical des sciences historiques de 1998 à 2009, il fut sacré évêque en 2010 et élevé à la dignité cardinalice huit jours plus tard par Benoît XVI.
   Il est l’auteur de nombreuses études historiques et religieuses, et spécialiste reconnu de l’Affaire Galilée.

Dans la presse

Présent, n°8941, samedi 9 septembre 2017

   Que peut nous apporter la lecture de la vie d'un saint de l'an mil ? Prenons celle de saint Gautier (1030-1099, canonisé en 1153), brillant intellectuel entré par humilité au monastère de Rebais, dans le diocèse de Meaux, suivant la règle particulièrement ardue de saint Colomban avant d'être choisi (bien malgré lui) comme premier abbé par les moines de l'abbaye de Pontoise.
  Gautier vit une période agitée de la vie de l'Eglise. Le pape Grégoire VII donne l'impulsion d'une réforme luttant contre la simonie (vente des "biens du Saint Esprit") et le concubinage des prêtres, réforme qui suscite une forte opposition. Mais Gautier défend les positions du Saint Père durant un synode se déroulant à Paris autour de l'année 1092. Y risquant même sa vie, il ne craint pas de s'engager pour la vérité, présentant même ensuite des remontrances au roi Philippe Ier.
   Le cardinal Brandmüller, auteur de ce petit livre plein d'enseignements, a travaillé en historien à partir de deux biographies écrites juste après la mort de Gautier, ainsi que des archives du monastère. Il met en valeur l'amabilité du saint - qui savait s'adresser aux gens simples comme aux savants - alliée à une grande force de caractère, mais ne cache pas son tempérament fougueux, parfois colérique, contre lequel il aura à lutter sa vie durant.

Un soufflet de la Vierge
   On rencontre dans le récit de cette vie des épisodes savoureux, comme celui d'une apparition de la Vierge ordonnant à Gautier de fonder un monastère de moniales. L'abbé doute finalement de cette apparition… LaVierge serait alors revenue le visiter et, pour bien se faire comprendre, lui aurait lancé un soufflet dont il aurait gardé la marque longtemps sur la joue. Pieuse invention ? Humour médiéval ? Souvenons-nous que le soufflet était, à l'époque, utilisé pour conclure certains contrats.
   L'auteur met en perspective les événements qu'il relate et les replace avec finesse dans le contexte de l'époque. Il sait également en tirer les enseignements pour nous, acteurs du IIIe millénaire, établissant par exemple un parallèle entre la réforme grégorienne et celle proposée par Benoît XVI pour la rénovation de l'Eglise catholique. Gautier, à la suite du pape, a su s'opposer aux puissants de son époque. A nous de nous opposer "aux représentants et avant-gardes politiques d'une mentalité contemporaine contraire à Dieu et donc inhumaine".
Anne Le Pape