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Vie de l'abbé Yann-Vari Perrot : « j'ai tant pleuré sur la Bretagne »

978-2-37271-073-2

Youenn Caouissin

Nouveau

34,00 €

Fiche technique

Pages568 + cahier photo de 10 pages
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionNovembre 2017

En savoir plus

   L’abbé Yann-Vari Perrot (1877-1943) est l’une des plus pures figures intellectuelles et spirituelles de Bretagne. Ses quarante ans de sacerdoce, sa personnalité, son érudition et sa parfaite maîtrise de sa langue natale en font une autorité morale encore reconnue par croyants et incroyants.
   Fils du secrétaire de l’abbé Perrot Herry Caouissin, Youenn Caouissin livre ici le fruit de cinquante ans de recherches fondées sur la consultation d’archives personnelles et inédites. Tout à la fois biographie et témoignage, son récit s’articule autour de la vie, de l’œuvre et du rayonnement catholique et breton de ce fier curé.
   Après l’enfance et l’éveil d’une vocation, l’auteur aborde l’incroyable genèse du fameux Bleun Brug (fête des bruyères), créé en 1905 pour promouvoir histoire, traditions, culture et langue celtique. Soutenu par l’Église et plus encore par Albert de Mun, cet événement annuel favorise une vraie renaissance spirituelle et culturelle en pays breton avec la revue Feiz ha Breiz (Foi et Bretagne) qu’il lance au même moment.
   Héroïque brancardier pendant la Grande Guerre, Yann-Vari Perrot s’engage par la suite avec ardeur dans la lutte contre les idéologies destructrices de la foi et des patries : modernisme, athéisme, néopaganisme, laïcisme, jacobinisme et communisme. Sa correspondance avec son évêque largement citée ici pour la première fois éclaire d’une réflexion profonde tous les cancers qui rongent nos sociétés.
   En poste à Plouguerneau à partir de 1920, il est muté à Scrignac en 1930, bastion du Parti communiste, par sa hiérarchie qui tente de décourager ses engagements. La Seconde Guerre mondiale et l’Occupation offriront enfin l’opportunité de le calomnier et… de l’abattre au retour de sa messe.
   Auteur de très nombreux écrits, vies de saints, articles, pièces de théâtre, prédications familiales, l’abbé Perrot est aussi à l’origine du renouveau de l’académie de Bretagne, de la résurrection de l’abbaye de Landévennec ainsi que du mouvement de restauration des chapelles bretonnes. Il fait partie de la commission d’écrivains qui adopte en 1941 l’orthographe unifiée du breton (peurunvan).
Pour Youenn Caouissin, ses combats annoncent les exhortations de Jean-Paul II ou Benoît XVI quant à la fidélité à l’âme et aux racines des patries charnelles de notre Occident.

   Youenn Caouissin, fils aîné de Herry Caouissin, est né le 8 novembre 1942 à Landerneau, et fut baptisé par l’abbé Perrot. Comme toute sa famille, il est élevé dans le souvenir du recteur de Scrignac. À douze ans, il entre aux Scouts bretons Bleimor où il vit l’idéal chrétien et breton d’un scoutisme fondé par Perig Géraud-Kéraod, à l’origine des Scouts et Guides d’Europe.
   Passionné par la nature, la vie des animaux, la chasse et la vénerie, il choisit la profession de taxidermiste-naturaliste. En 1961, il est lauréat de la célèbre Fondation de la Vocation, ce qui lui ouvre la voie pour être dans l’équipe fondatrice du Parc naturel régional d’Armorique. Il est chargé d’une étude pour la création des espaces animaliers au sein du parc.
   Il collabore également à un grand nombre de revues de nature, de chasse. En 1984, il crée le Conservatoire de la voiture hippomobile ancienne dans la remise de son manoir breton, premier musée en Bretagne ayant pour objectif de sauver et restaurer ce patrimoine oublié et méprisé. Passionné de culture bretonne, il collabore aussi à plusieurs revues culturelles, politiques et religieuses, traitant de tout ce qui touche au devenir de la Bretagne. En 2000, il réalise une exposition sur les « 70 ans de littérature bretonne pour la jeunesse », et notamment sur celle de ses parents. C’est à la suite de cette exposition que son père lui confie le soin de terminer son livre sur l’abbé Perrot, commencé en… 1944 et resté inachevé, avec la promesse d’être fidèle à l’esprit Feiz ha Breiz et de contribuer à la redécouverte de l’abbé Perrot.

Dans la presse

Ouest France, 20 décembre 2017

Youenn Caouissin, 75 ans, Finistérien d'origine, demeure au village de Kermorgant à Plouay. Il publie J'ai tant pleuré sur la Bretagne, la vie de l'abbé Yann-Vari Perrot.

Les gens d'ici

   C'est une belle histoire que narre Youenn Caouissin, dans un ouvrage de 568 pages publié aux éditions Via Romana, de Versailles. « Ce fut un travail de longue haleine, des années de recherches, de documentations, illustré par 60 photos. Dans mon livre, je fais parler l'abbé Perrot, ce héros de la guerre 14-18, prêtre visionnaire, rassembleur, bâtisseur », indique l'auteur, intarissable sur son oeuvre. Il possède une collection impressionnante d'archives sur l'abbé : carte de combattant, décorations militaires, messages manuscrits remarquables en breton...

Synopsis du livre

   L'abbé Yann-Vari Perrot (1877-1943) est l'une des plus pures figures intellectuelles et spirituelles de Bretagne. Ses quarante ans de sacerdoce, sa personnalité, son érudition et sa parfaite maîtrise de sa langue natale en font une autorité morale reconnue par croyants et incroyants.

   Fils de Herry Caouissin, secrétaire de l'abbé Perrot, Youenn Caouissin livre ici le fruit de 50 ans de recherches fondées sur la consultation d'archives personnelles et inédites. Tout à la fois biographie et témoignage, son récit s'articule autour de la vie, de l'oeuvre et du rayonnement catholique et breton de ce fier curé.

Idéologie, foi et culture bretonne

   Après l'enfance et l'éveil d'une vocation, l'auteur aborde l'incroyable genèse du fameux Bleun Brug (fête des bruyères), créé en 1905 pour promouvoir histoire, traditions, culture et langue celtique. Héroïque brancardier pendant la Grande Guerre, Yann-Vari Perrot s'engage dans la lutte contre les idéologies destructrices de la foi et des patries : modernisme, athéisme, néopaganisme, laïcisme, jacobinisme et communisme. Sa correspondance avec son évêque éclaire d'une réflexion profonde tous les cancers qui rongent nos sociétés.

Une fin tragique

   En poste à Plouguerneau à partir de 1920, il est muté à Scrignac en 1930, bastion du Parti communiste, par sa hiérarchie qui tente de décourager ses engagements. La Seconde Guerre mondiale et l'Occupation offriront l'opportunité de le calomnier et... de l'abattre au retour de sa messe.

Reconquête, n°343, décembre 2017

   Voici le livre sans doute définitif sur l'abbé Perrot, qui fut l'âme de la Bretagne catholique entre les deux guerres. C'est un gros livre, parce que l'auteur a hérité de la documentation de son père, Herry Caouissin qui était le secrétaire de l'abbé Perrot et son bras droit notamment à la revue Feiz ha Breiz.
   L'auteur a hérité aussi du talent de sa mère, de son nom de plume lanig Corlay, pour raconter une histoire. Il commence par la mort dramatique du recteur de Scrignac, assassiné par la "résistance" communiste alors qu'il vient de célébrer la messe dans une chapelle de sa paroisse, la messe de saint Corentin, le patron du diocèse, dans la chapelle qui lui est dédiée et qu'il a restaurée.
   L'abbé Perrot, grièvement blessé à la tête, ne décédera que plusieurs heures plus tard. Youenn Caouissin imagine que toute la vie du prêtre défile alors dans sa mémoire, avec ses combats et ses intentions, ses intimes convictions. C'est donc Yann-Vari Perrot qui s'exprime à la première personne, qui raconte sa vie, d'abord de façon chronologique, puis de façon thématique : son œuvre littéraire, son combat pour les écoles catholiques et bretonnes, le prêtre bâtisseur, le prêtre rassembleur, l'abbé Perrot et la jeunesse, la beauté et le sacré au service de la foi et de la culture bretonnes, avant de revenir au jour tragique, aux funérailles, aux hommages. Chaque étape, chaque thème, est étayé par des documents, souvent inédits. Au milieu du livre, un album de dix pages de photographies.
   L'abbé Perrot avait été nommé recteur (curé) d'une petite paroisse perdue des monts d'Arrée, Scrignac, gangrenée par le communisme. C'était la "montagne rouge", la "petite Russie bretonne", largement déchristianisée, déjà, et même depuis le siècle précédent. Mais dans son presbytère venaient toutes les personnalités de la vie culturelle bretonne de l'époque. Lui était tout d'un bloc de granit breton, catholique et bretonnant, avec pour seul mot d'ordre Feiz ha Breiz, foi et Bretagne, titre de la revue dont il était devenu le directeur en 1911. Et il était d'une intransigeance sans faille. Mais son aura intellectuelle et spirituelle lui attirait la sympathie de personnalités très différentes, depuis les païens séparatistes aux accointances nazies jusqu'à des instituteurs laïques... qui avaient tous en commun une forme ou une autre de revendication bretonne, ou une activité intellectuelle et artistique bretonne. Ces amitiés lui valurent bien des tribulations du côté de l'évêché, mais il ne séparait pas sa fonction de pasteur de son rôle d'animateur, de réanimateur, culturel, et ce n'est pas sans émotion qu'il assista aux funérailles... catholiques du plus laïcard (et communiste) de ses amis.
   L'œuvre écrite de l'abbé Perrot est aussi abondante que méconnue. C'est en partie une œuvre de collecte de chants et de cantiques, d'adaptations théâtrales, c'est aussi une vie des saints qu'il voulut écrire, pas seulement pour raconter la vie des saints, comme les deux qui existaient déjà en breton, mais pour inciter à la sainteté. Sa grande œuvre, en dehors de Feiz ha Breiz où il écrivait également beaucoup (y compris sous pseudonymes), est le Bleun Brug, grande manifestation annuelle de la culture bretonne sous toutes ses formes, avec son aspect de fête populaire et son aspect de congrès, ou d'université d'été comme on dirait aujourd'hui.
   L'influence de l'abbé Perrot était telle qu'il fallait le supprimer afin qu'il n'y ait plus d'obstacle à la déchristianisation et à la débretonnisation (déjà bien entamée) de la Bretagne . L'abbé Perrot fut condamné à mort par un "tribunal" de la résistance communiste réuni à Scaër. Pour "collaboration". Son seul fait de collaboration est que son presbytère avait été réquisitionné par des officiers allemands... Mais depuis la loi des suspects on sait que celui qui n'est pas assez actif pour la révolution est un contrerévolutionnaire…
Yves Daoudal

Bretons, mai 2018

Soixante-quinze ans après sa mort, le personnage de l’abbé Perrot continue de suscité de vives tensions après la sortie d’un livre imposant qui lui est consacré, c’est sa tombe qui vient d’être profanée.
   Nous sommes le dimanche 12 décembre 1943. Il est environ midi, et l'abbé Jean-Marie Perrot, dit Yann-Vari, revient de la Chapelle Saint Corentin, éloignée de quelques kilomètres du bourg de Scrignac, entre Morlaix et Carhaix. Ce personnage haut en couleur qui défendait la langue bretonne et n’avait jamais caché sa sympathie pour les nationalistes bretons, y a célébré la messe et rentre vers le presbytère. Alors qu’il marche dans un chemin creux, deux coups de feu partent depuis les arbustes épais du talus. Le recteur s’écroule. Ses obsèques ont lieu trois jours plus tard, le 15 décembre. De nombreuses personnalités s'y pressent : l’évêque de Quimper, le représentant du préfet de région, un conseiller général, et surtout tous les dirigeants de la mouvance nationaliste bretonne… Et c’est sous la protection des mitraillettes allemandes que le cortège funéraire se rend jusqu’à la chapelle de Koat-Keo, près de laquelle l’abbé Perrot est enterré. Bien peu de paroissiens sont d’ailleurs venus lui adresser un dernier hommage : dans cette région « rouge », où les bancs de l’église ne sont jamais très fournis, la résistance communiste a fait passer un message menaçant à ceux qui assisteraient à l’enterrement. Car ce sont bien les FTP qui sont derrière cette assassinat. Quelques jours plus tard, Célestin Lainé, militant du Parti national breton, rebaptise le groupe paramilitaire qu’il est en train de constituer en le nommant Bezen Perrot, la formation Perrot. Cette milice nationaliste mènera dans les mois qui vont suivre les pires exactions contre la Résistance, aux côtés des Allemands. Et, même si elle n’a jamais rassemblé plus de quatre-vingts individus, la Bezen Perrot est aujourd’hui encore le principal argument que l’on ressort rituellement pour discréditer toute forme de revendication bretonne, l’assimilant directement au nazisme et à ses crimes.


« Kenavo les fachos »
   Ainsi, soixante-quinze ans après son assassinat par les communistes, des inconnus ont décidé de vandalisé la tombe de l'abbé, y inscrivant plusieurs tags, de même que sur la chapelle et sur la façade d’un bâtiment voisin. On peut y lire « facho », « FTP » et « kenavo les fachos». Ce n’était sans doute pas le personnage en tant que tel qui était visé mais plutôt l’association, qui s’occupe de cultiver sa mémoire : Unvzaniezh, Koa Keo. Des militants d’extrême gauche estimant en effet que certains des membres de cette association, qui ont l’habitude de se réunir chaque année lors du week-end de Pâques en hommage à l'abbé Perrot, sont liés aux mouvements d’extrême droite Adsav.
   Décidément dans l’actualité, l'abbé Perrot est aussi le sujet d’un livre de plus de 500 pages, J’ai tant pleuré sur la Bretagne: vie de l’abbé Yann-Vari Perrot, que lui consacre Youenn Caouissin, le fils d’Henry qui fut le secrétaire particulier de l'abbé. Basé sur la correspondance et sur les archives privées du recteur de Scrignac, illustré par une soixantaine de photos et de documents, il permettra à beaucoup de se faire une idée plus précise sur le personnage.
Didier le corps