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Paul de Cassagnac, l'enfant terrible du bonapartisme

978-2-37271-094-7

Thibault Gandouly

Nouveau

24,00 €

Fiche technique

Pages310
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionFévrier 2018

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   Paul de Granier de Cassagnac, dit Paul de Cassagnac (1842-1904), a disparu des mémoires. Aucune rue, aucune place ne porte son nom dans le Gers, où il fut député pendant une vingtaine d'années. Aucun ouvrage biographique n’était consacré en France à l’inventeur du sobriquet de « Gueuse » pour désigner la République.
   De grande taille, la moustache large, le teint légèrement basané, la démarche lente, l’homme a, d'après l’un de ses contemporains, le physique de l'homme des foules. « C'est d'Artagnan ou, si vous préférez, quelque capitaine du seizième siècle dont l'épée tient mal au fourreau, dont la langue est prompte aux ripostes meurtrières, toujours prêt à mettre flamberge au vent. »
   Bonapartiste enragé et ardent défenseur du catholicisme tant dans la presse qu'à la tribune de la Chambre des députés, il vit toutes les secousses politiques de la seconde moitié du XIXe siècle : la chute de l'Empire, la victoire des républicains en 1876, le boulangisme, le ralliement et l'affaire Dreyfus. Il côtoie bon nombre des figures majeures du Second Empire et des premières décennies de la IIIe République : Napoléon III et le prince impérial, Adolphe Thiers, le maréchal de Mac-Mahon, Léon Gambetta, Jules Ferry, le comte de Paris ou Georges Clemenceau. Cassagnac est donc un formidable point d'observation de la vie politique de la fin du XIXe siècle, du côté des conservateurs.
   Mais il y a plus : esprit indépendant et frondeur, duelliste invaincu, orateur et écrivain de talent, impliqué dans plusieurs intrigues, il fascine ses contemporains et fait tourner des têtes. « Son idéal serait d'être fils de croisés et de défendre le Roi et Dieu » écrit en 1879 l'une de ses admiratrices, Marie Bashkirtseff. Paul de Cassagnac est imprégné de cet esprit chevaleresque qui le fait combattre jusqu'à sa mort « pour Dieu et pour la France », comme l'indique sa devise. Toute sa vie se prévaut de sentiments de fidélité, de loyauté et d'honneur, et ce parfois jusqu’à l’excès.

   Né en 1990, Thibault Gandouly est professeur d'histoire-géographie en lycée. Il est originaire de Toulouse où il a fait ses études d'histoire, obtenant un Master 2 recherches en Histoire moderne et contemporaine à l'université Toulouse-II Jean Jaurès en 2013.
   Passionné très tôt par la figure de Napoléon III et le bonapartisme dans la seconde moitié du XIXe siècle, il entreprend ainsi de faire revivre Paul de Cassagnac, polémiste haut en couleur et parmi les plus influents du parti bonapartiste après 1870.

Dans la presse

Actu.fr Occitanie, le 1er mai 2018 : Paul de Cassagnac, l’homme qui voulait tuer « la Gueuse »

Les nouveaux romans de Christian Authier et de Francis Pornon, la bio de Paul de Cassagnac, la gauche racontée par Gilbert Laval... Voici les livres du printemps 2018 à Toulouse.

   Après la gauche, la droite ! Et une biographie historique fermement maîtrisée et fort bien documentée sur Paul de Cassagnac (1842-1904).
   Voilà un nom qui ne parle plus à grand monde quoiqu’il fut très célèbre au 19e siècle. Thibault Gandouly, jeune professeur d’histoire originaire de Toulouse propose sa redécouverte, racontant la vie haletante, passionnée, et même dangereuse menée par celui qui restera le meilleur trublion de la IIIe république. Député du Gers pendant vingt ans à la fin du 19 siècle, bonapartiste d’abord, « n’importequiste » ensuite, c’est à dire disposé à suivre tout ce qui mettrait un terme à la République qu’il surnommait la « Gueuse », Paul de Cassagnac est tout en péripéties.
   Sa biographie, qui sent la poudre, est aussi une chronique de la vie politique et mondaine de la fin du 19e siècle, où Cassagnac se bat sans cesse : verbalement à la Chambre contre Clémenceau, Jaurès et Gambetta, en duel à l’épée ou au pistolet plus d’une vingtaine de fois, avec les femmes auprès desquelles il avait un franc succès. – Pascal Pallas


Politique magazine n°168 d'avril 2018 : Un Cyrano de Bergerac au temps du second Empire

   Journaliste, polémiste, député du pays de Gascogne, il fut un bonapartiste acharné, ennemi implacable de la République, et inventeur de son surnom : La Gueuse. Il fut un bretteur redoutable et affronta en duel Aurélien Scholl, rédacteur du Nain jaune, Henri Rochefort, son cousin Prosper-Olivier Lissagaray, Gustave Flourens, Édouard Lockroy, Arthur Ranc, Gaston Thomson et Louis Andrieux… liste non exhaustive.
   Engagé dans la guerre de 1870, il fut fait prisonnier après la bataille de Sedan, et interné dans la forteresse de Cosel. À son retour de captivité, il continua sa carrière de journaliste et de député. À cet égard il s’opposa farouchement à Jules Ferry sur la politique coloniale et sur les lois scolaires.
   Bien que toujours fidèle à la famille Bonaparte il se rapprocha du Comte de Paris. Tout était possible, hors la République. Ce d’Artagnan, ce Cyrano était Paul de Cassagnac. Thibault Gandouly nous livre avec verve une biographie de ce personnage haut en couleur qui aurait pu inspirer Alexandre Dumas et qui pourrait être aussi un ancêtre de nos fameux Hussards en littérature. Cerise sur le gâteau, son fils affronta en duel à l’épée le 26 février 1912 Charles Maurras qui fut atteint à l’avant-bras !


La Nef, avril 2018 : Paul de Cassagnac, de Thibault Gandouly

   En 1871, seuls trois députés de l’Assemblée nationale s’étaient levés à la contre-épreuve touchant le vote qui flétrissait Napoléon III, l’indigne vaincu de Sedan. Déclaré responsable du désastre, comment le régime déchu aurait-il pu garder des fidèles ? Or, au début de 1876, les bonapartistes se retrouvèrent à peu près 80 dans la nouvelle Chambre, et, celle-ci dissoute l’année suivante, ils revinrent une centaine à la fin de 1877 ; en 1881, malgré une forte décrue, la moitié des élus dits conservateurs appartenaient encore à leur obédience. De fait, après la mort, en janvier 1873, de l’ex-empereur, et jusqu’à la tragique disparition du prince impérial, le bonapartisme, à demi relevé de son discrédit, n’avait pas été sans quelques chances, d’ailleurs assez faibles. Malheureusement les sagaies des Zoulous vont porter un coup terrible aux espérances fondées sur le jeune prétendant, qui, à la vérité, bien plus que d’un Napoléonide, offrait le tempérament et les tendances d’un rey netto espagnol… Coup terrible, en effet, car voilà maintenant, promu chef de la dynastie au beau milieu de 1879, le prince Napoléon-Jérôme, sybarite, irréligieux et, du moins à la façon consulaire, d’opinions républicaines. Pour un tas de militants ou de sympathisants, c’était chose dure à avaler. Mais, robuste soutien de leur incompréhension, de leur refus, ne cessera de s’affirmer l’audace d’un personnage haut en couleur : Paul de Cassagnac.
   Avec un vrai talent de plume, dont témoignait l’abondance de ses articles à l’emporte-pièce, avec des qualités d’orateur plein de verve et même d’éloquence, avec, au surplus, la réputation d’un bon manieur d’épée, que d’atouts dans son jeu ! Et pourtant, combien de mécomptes il lui fallut essuyer. Député du Gers de 1876 à 1893 et de 1898 à 1902, fondateur-directeur, en 1886, de l’Autorité, belliqueuse feuille quotidienne, Cassagnac, ennemi du prétendant Bonaparte père, « César déclassé », à la longue, fatigué puis dégoûté du prétendant Bonaparte fils, le prince Victor (qui prétendait surtout à la tranquillité), oui, Cassagnac, au cours des années 1890, souffrirait beaucoup, en dépit d’attitudes demeurées batailleuses, devant le glissement « républicain et plébiscitaire » d’un parti à la dérive. Au point que, vers le bout de sa vie (savamment éclairée par Thibault Gandouly), ce « catholique d’abord, monarchiste ensuite, impérialiste après », nostalgique du prince tombé au Natal… et du comte de Chambord, ne semblait plus guère entretenir d’illusion sur une quelconque restauration. – Michel Toda"

RCF, le 28 mai 2018

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