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Montherlant, une vie en double

978-2-916727-51-6

Philippe Alméras

Nouveau

Première biographie intégrale de Montherlant, cette étude récapitule toutes les données disponibles à ce jour notamment le témoignage d’Elisabeth Zehrfuss, amie de l’écrivain qui vient de disparaître à l’âge de cent un ans.

Résumé

En stock

34,50 €

Fiche technique

Pages470
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionnovembre 2009

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Existe aussi en version "luxe" pour le prix de 49 € 

   Première biographie intégrale de Montherlant, cette étude récapitule toutes les données disponibles à ce jour notamment le témoignage d’Elisabeth Zehrfuss, amie de l’écrivain qui vient de disparaître à l’âge de cent un ans. Elle avait non seulement conservé toutes les lettres reçues de lui mais tenait un journal où son grand homme tint une place prépondérante.

   Rien n’est occulté ici de la vie de celui qui de la Villa Saint Ferdinand de Neuilly au Quai Voltaire en passant par l’Espagne et l’Afrique est resté jusqu’à la fin des fins obstinément fidèle à son adolescence. Se partageant entre une carrière publique soigneusement conduite et une vie privée jalousement protégée, voici l’homme des couloirs séparés. Celui qui reçoit les visiteurs dans la pièce aux statues donnant sur les Tuileries côtoie celui qui note sur le vif les données de la rue que la nuit et le travail transforment en poèmes ou en scènes dramatiques avec un incroyable naturel d’attitudes contradictoires. Après sa mort, de prétendues "révélations" ont endommagé quelque temps la figure de celui qui avait eu le tort de se confier à un indiscret professionnel, Roger Peyrefitte. Par-delà la caricature, on s’aperçoit qu’il suffit de lire attentivement Montherlant pour savoir ce qu’il en est. Il s’est exprimé à travers ses Carnets et une œuvre multiforme dont la richesse thématique est révélatrice. Colette parlait de ses "secrets de polichinelle". Montherlant sut tout dire ou presque sans être scandaleux. C’est là sans doute un exemple à suivre.

L’auteur

   Né à Paris, Philippe Alméras, a mené une partie de sa carrière universitaire aux États-Unis, où il a entamé ses recherches sur les permanences de l’œuvre célinienne. Cette traversée du miroir l’a conduit à questionner les destinées de Philippe Pétain à Vichy et Charles de Gaulle à Londres. Il a notamment publié chez Robert Laffont un Céline. Entre haines et passion (1993) qui fait désormais autorité et un copieux Dictionnaire Céline chez Plon (2004).

Du même auteur :
Rue Saint-Jacques

Dans la presse


Le Bulletin célinien, n°316, février 2010

   Le croiriez-vous ? Après s’être attaqué à Céline, Philippe Alméras se penche sur le cas Montherlant, celui que Céline surnommait « Buste à pattes » en raison de la pose romaine, ce fameux « drapé antique » dans lequel il apparaît figé à travers le temps. Revanche posthume : lorsqu’en 1950 le jeune Pierre Monnier sollicite pour Céline un témoignage à décharge, Montherlant affiche une franche condescendance envers son confrère, affirmant même qu’il ne sera plus lu dans cinquante ans. Cruel constat : aujourd’hui c’est Montherlant qui est délaissé alors que Céline rallie plusieurs générations autour de son œuvre. Cela étant, Alméras montre que l’auteur du Chaos et la nuit était assurément plus complexe qu’on ne l’a cru. Complexe car double. Dans sa vie intime, comme on le sait depuis les confidences de Peyrefitte et la biographie de Sipriot mais aussi en raison de cette fidélité au grand amour de son adolescence alors même que « l’Hamour » est raillé dans ses romans. Étonnante aussi cette confrontation de toute une vie avec l’autorité ecclésiale, acceptée puis subvertie. Mais l’œuvre est inégale : si beaucoup de ses pièces passent mal l’épreuve du temps, les carnets, où la note tendre côtoie l’aphorisme hautain, retiennent l’attention par un style souverain. S’appuyant sur une documentation inédite, Philippe Alméras campe ici le portrait d’un personnage ambivalent qui est aussi « l’homme des couloirs séparés ». Le fait que ce Montherlant soit publié par un éditeur anticonformiste (alors que son Céline était publié par Laffont) n’explique pas entièrement le silence de la critique. Comme Barrès jadis, Montherlant s’éloigne…
Marc Laudelout

NRH (Nouvelle Revue d’Histoire), n° 47, mars-avril 2010

   Célébré jadis par les bonnes familles, les jeunes idéalistes et les dames qu’il fustigeait dans ses romans, Montherlant est entré au purgatoire. Pour combien de temps ?
Dans une biographie fouillée et riche d’informations inédites, Montherlant une vie en double, Philippe Alméras, historien passionné de littérature, affine le portrait de l’artiste pour sauver celui-ci de l’enfer où les bien-pensants voudraient l’enfermer.
   Montherlant, grand malgré tout : tel est le leitmotiv de ce nouveau livre de Philippe Alméras, biographe connu pour avoir plutôt la dent dure. Spécialiste de Céline, auquel il a consacré en 1993 un remarquable essai, Céline. Entre haines et passions, l’universitaire a reconstitué la vie de Montherlant, sous ses aspects les plus intimes et les plus biscornus – sans oublier une dilection occasionnelle pour les femmes – pour dresser le portrait d’un homme taraudé par un esprit de contradiction permanent qui confine parfois au dédoublement de personnalité. Un personnage déchiré entre goût de la fierté la plus altière, dont son style puissant est l’expression, et un cynisme qui frise l’imposture. Il n’en reste pas moins vrai que Montherlant a laissé une œuvre littéraire de premier ordre. Théâtre, romans, essais, carnets : rien n’est jamais médiocre chez Montherlant, sinon les enflures de la vanité ou certains comportements intimes.
[...]
   NRH : Quelles sont les oeuvres de Montherlant que vous préférez?
   PA : Ses romans plus que son théâtre, vous le devinez. Cela dit, La ville dont le prince est un enfant est une réussite quasi absolue de justesse et de discrétion. Parmi les romans, je tends à préférer ceux de la maturité (La Rose de sable) et surtout ceux de la fin, Le Chaos et la Nuit et Un assassin est mon maître qui sont des exemples de narration à la fois désinvolte et précise. Les Garçons me paraît plus apprêté, mais il faut revenir aux Célibataires, où Montherlant parle des siens et utilise leur langue aristopopulo. La liberté surveillée que s’accorde Montherlant aboutit à de grandes réussites.
   Les romans de jeunesse, La Relève du matin, Le Songe, Les Bestiaires sont à prendre au second degré (mais alors l’auteur s’y livre comme jamais). Ce qui est tombé de soi-même est l’artificiel, le mythe espagnol ou nobiliaire. M. Millon, issu de laboureurs picards et coureur de rues, a plus de verve que M. de Montherlant qui s’offre le ridicule, dans Service inutile, de comparer le dépouillement des armes de la tombe Montherlant à Montherlant au style nouveau riche du voisin de Versailles où son grand-oncle était garde de la Porte. Est désuète presque toute la politique de celui qui se réclame de Barrès puis l’abandonne et prône le retrait de l’histoire, avant de prêcher la guerre en 1939 et la déchristianisation de la France en 1940 sous l’étendard des vainqueurs. Tout compte fait et l’œuvre passée au crible du temps on peut affirmer qu’Henry Millon de Montherlant est un très grand écrivain d’instinct et de la bonne tradition orale. Très peu de lycée et pas du tout de Sorbonne, c’est sans doute le dernier de son genre avant les couvées d’agrégés.
Propos recueillis par Jean-Michel Baldassari