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Penser l'oecuménisme autrement

979-10-90029-81-1

Abbé Claude Barthe

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12,00 €

Fiche technique

Pages140
Dimensions10 x 16 cm
Couverturesouple
Date de parutionmai 2014

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   Lumen gentium rappelle comme saint Thomas que tous les hommes sont appelés à faire partie du Corps du Christ. Mais saint Thomas ne connaît pas de graduation dans le fait d’être uni à l’Église : on est ou non en communion avec le Christ par la foi, comme on est ou non en état de grâce par la charité.
   Un retour aux considérations thomasiennes sur l’unité de l’Église permet, selon l’auteur, de penser l’oecuménisme autrement.
   Dire que les chrétiens séparés sont déjà « partiellement » catholiques manque de loyauté, en ne respectant pas la vérité de leur séparation qu’ils revendiquent. En revanche, ils disposent d’éléments catholiques qui sont autant d’invitations à entrer dans la communion. Car tout dans l’Église est missionnaire, c’est-à-dire invitation à l’unité, tels ces éléments catholiques présents chez eux, baptême, etc.
   Unité n’est pas uniformité : la constitution Anglicanorum coetibus organisant des communautés spécifiques pour le retour des anglicans ouvre une pastorale de l’unité dans la diversité, qui pourrait être élargie, peut-être même vers des groupes non-chrétiens.

   L’abbé Claude Barthe, né en 1947, auteur d’un bon nombre d’ouvrages et chroniques religieuses sur les débats théologiques concernant la réception du dernier concile et leur contexte historique. Il s’est, par ailleurs, consacré à la défense et illustration du « génie » de la liturgie romaine, et a aussi participé à l’édition d’oeuvres de spiritualité ou de littérature catholique.

Du même auteur

La Messe, une forêt de symboles 
Le temps d'avant 
Histoire du missel tridentin et de ses origines 

Dans la presse

L’Homme nouveau, n°1573 du 13 septembre 2014

   Depuis les grandes déchirures du christianisme oriental et du protestantisme, la réaffirmation de l’unité chrétienne a été constamment au cœur de l’Église, la véritable épouse du Christ. Au cours de l’Histoire, plusieurs tentatives ont été essayées ; beaucoup ont échoué. Notant avec saint Thomas d’Aquin et Lumen gentium de Vatican II que tous les hommes sont appelés à appartenir à l’Église, l’abbé Barthe s’interroge sur le fait que cette appartenance a été perçue ces derniers temps comme étant possible au travers d’une graduation. Refusant celle-ci, puisque l’on est ou non en communion avec le Christ par la foi, l’abbé Barthe préconise un nouvel élan œcuménique s’inspirant largement de la constitution Anglicanorum coetibus de Benoît XVI à destination de chrétiens séparés qui ont gardé des éléments catholiques et qui seraient disposés à revenir dans l’Église. Un essai qui s’appuie sur saint Thomas dans la perspective d’une unité qui ne se réduit pas à l’uniformité.
Philippe Maxence

Politique magazine, n°132, septembre 2014

Vérité et diversité
   L’abbé Claude Barthe est connu pour la précision de sa doctrine qui est égale à la précision de son esprit. Ses nombreux essais théologiques, liturgiques, ecclésiologiques, littéraires aussi, en portent la preuve. Il a l’art d’aller à l’essentiel et d’apporter les éclairages d’une foi exacte sur les questions litigieuses ou disputées. Le cardinal Ratzinger devenu ensuite le pape Benoît XVI a tenté de réunifier, de réorienter, de raccommoder, de rapprocher tout ce qui avait éclaté au cours de la longue crise qu’a traversée incontestablement l’Église dans les années qui ont entouré et suivi le concile Vatican II et dont elle paye le prix encore aujourd’hui. C’est dans cet esprit que se situe avec lucidité et courage l’abbé Barthe ; il en fait même sa règle de réflexion et de conduite : unité, continuité, foi, charité, puis sainte liberté des enfants de Dieu qui autorise dans le respect de l’autre les plus larges compréhensions. Ainsi propose-t-il dans ce petit essai très dense de penser l’œcuménisme autrement en s’appuyant sur les principes et explications de saint Thomas d’Aquin et des derniers textes de l’Église sur le sujet. Les distinctions du Docteur angélique se révèlent encore et toujours d’une puissante actualité. Pas de dérive dans la foi, mais large ouverture pastorale et juridique pour permettre tous les retours à l’unité et légitimer les diversités de l’histoire. Jamais rien n’est perdu. Le Christ est le Chef : gratia capitis !
Hilaire de Crémiers

Catholica, n°125, automne 2014

   Parmi les concepts en cours sur l’œcuménisme, un paraît présenter une position moyenne, celui de « communion imparfaite » qui désigne le rapport des chrétiens non-catholiques avec l'Église. Or, selon la théologie de saint Thomas d'Aquin, on ne peut soutenir une telle idée. Tel est le point de départ de l'auteur de ce livret. En effet, dit-il, la communion de, et dans l'Église est équivalente à la communion au Christ, et les deux doivent être envisagées du côté de la foi et de la charité, « [l]a foi [ayant] une priorité (pas nécessairement chronologique, car les vertus peuvent être infusées ensemble) et la charité [ayant] valeur d'achèvement » (pp. 70-71). Parce qu'elle « fait participer à l'unité souveraine de la divinité » (p. 81) et à l'unité de l'Église, Corps du Christ, l'unité de la foi ne peut être relativisée : le désaccord sur une vérité révélée « revient à refuser l'autorité de Dieu, jour laquelle repose le “motif” de la foi […] et donc pulvérise la foi de celui qui opère un tel choix » (p. 17). Repousser les « moyens obligés pour adhérer au Christ » – ce que font les hérétiques – ne porte pas moins de conséquences que le refus du Christ lui-même par les païens (p. 77).
Une communion selon la charité est-elle alors possible ? Non, car si tout dans l'Église est ordonné à l'union dans la charité, « [l]'acte de charité suppose la foi, “car la volonté ne peut tendre vers Dieu d'un amour parfait si l'intelligence ne possède pas une foi droite en ce qui concerne Dieu” » (p. 78, citant ST IIa IIae, q4, a 7, 5e solution). On ne posera pas alors de différence fondamentale entre protestants et orthodoxes : ces derniers ont conservé la transmission de l'épiscopat et par là la validité des sacrements, mais de manière gravement déficiente par la disjonction entre l'intégration dans le collège épiscopal par la consécration, et la nécessaire juridiction reçue du pape. L'histoire et le présent (la constitution Anglicanorum coetibus organisant le retour d'Anglicans) témoignent de la souplesse pastorale de l'Église, mais cela ne saurait minimiser ce point (cf. chapitre II, pp. 47-66).
C'est dans ce cadre théologique que doivent être pensées des expressions phares du dernier concile, à la source du flottement du discours sur la note de l'Église qu'est l'unité : le « subsitit in » de Lumen gentium n. 8, la « hiérarchie des vérités » d'Unitatis redintegratio n. 11.
Faisons ici simplement deux remarques : dans « l'herméneutique de tradition » que l'abbé Barthe poursuit, tous les textes du Concile trouveront-t-il leur place ? Et même, les deux textes cités ci-dessus recevront-ils finalement l'interprétation qu'il propose ? Pour le premier, la déclaration Dominus Iesus ne tranche pas la question. N'y a-t-il donc – pour poursuivre le raisonnement de l'ouvrage – aucune union du chrétien non-catholique avec le Christ et l'Église ? Si, mais elle est simplement « potentielle », en puissance, au regard de l'universalité du dessein du Salut. Pour le chrétien non-catholique comme pour le non-chrétien, l'union au Christ n'est pas effective, degré qui caractérise les membres en acte de l'Église, « ceux qui sont dans la gloire ou qui sont sur la terre, in via, unis à l'Église par la foi et la charité » (p. 26). Si l'on peut parler de communion imparfaite ou « informe », c'est à propos des catholiques pécheurs mortels car, déclare saint Thomas, « la charité est la forme de la foi, en tant que par la charité l'acte de foi est véritablement formé » (ST IIa IIae, q 4, a3, cité p. 32) ; ce qui n'est pas chez eux le cas.
Si la pensée présentée ici vaut sans conteste pour ceux qui causent l'hérésie ou le schisme, comme pour les communautés et Églises séparées en tant que communautés, il faut ordonner sensiblement les choses autrement pour les chrétiens de bonne foi, nés dans une communauté séparée mais n’assumant pas personnellement la dimension hérétique, « anticatholique » de cette communauté. L’auteur en conviendra sans doute avec nous.
L.J.