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L'hérésie du XXe siècle

978-2-37271-120-3

Jean Madiran

Nouveau

24,00 €

Fiche technique

Pages334
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutiondécembre 2018

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Préface de Michel De Jaeghere
Dossier historique de Philippe Maxence

   En 1968 paraît L’Hérésie du XXe siècle, réquisitoire et inventaire implacable des collusions d’un épiscopat français avec progressisme, marxisme, modernisme et évolutionnisme. L’âme de ce manifeste : la foi de Péguy, foi ardente et anticléricale servie par une plume incisive et insolente de laïc blessé. Devenu la bête noire d’un certain épiscopat, Jean Madiran alors directeur de la revue Itinéraires est soutenu par hommes d’Église, philosophes, écrivains parmi les plus éminents (le Père Guérard des Lauriers, Marcel De Corte, Henri Massis, Marcel Clément…).
   L’ouvrage devient alors signe de ralliement et outil de résistance catholique face à l’effondrement doctrinal, liturgique, catéchétique, exégétique de l’après-concile en France.
   Pour Jean Madiran, il y a une hérésie propre au XXe siècle et une crise spirituelle et sociale propre à notre pays, et son diagnostic demeure étonnamment d’actualité pour caractériser les faces de méduses et les promoteurs infidèles à leur baptême autant qu’à leurs charges.

   Depuis la fondation de la revue Itinéraires en 1956, Jean Madiran (1920-2013) s’est attaché à défendre le magistère romain le plus traditionnel. Ses ripostes aux dérives liturgiques, exégétiques et catéchétiques de l’après-concile en ont fait l’un des témoins les plus éminents de la vie de l’Église au XXe siècle.

Du même auteur

La trahison des commissaires 
Les vingt-cinq ans de Présent 
Histoire de la messe interdite - fasc. 1 
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La maladie de la presse écrite 
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Dans la Presse

Renaissance Catholique, n° 156, mars-avril 2019

   Publié pour la première fois en 1968, ce livre n'a rien perdu de son actualité, Jean Madiran y dénonçait ce qu'il appelait L'Hérésie du XXe siècle. Cette hérésie était d'abord celle des évêques dans leur refus de la loi naturelle. Dans son travail, comme toujours parfaitement documenté et argumenté, Madiran s'en prend particulièrement à deux déclarations épiscopales.
   Tout d'abord une réponse de la Conférence des évêques de France à une enquête du Saint-Siège, affirmant en décembre 1966 : "L'acception des mots nature et personne est aujourd'hui différente, pour un esprit philosophique, de ce qu'elle était au Ve siècle et dans le thomisme."
   Ensuite une déclaration, en septembre 1967, de Mgr Schmitt, évêque de Metz, destinée à passer à la postérité sous le vocable de vicaire de Saint-Avold assurant benoîtement : "La transformation du monde (mutation de civilisation) enseigne et impose un changement dans la conception même du salut apporté par Jésus-Christ ; cette transformation nous révèle que la pensée de l'Eglise sur le dessein de Dieu était, avant la présente mutation, insuffisamment évangélique. Madiran taille en pièces ces assertions, et bien d'autres, et conclut son analyse, s'adressant aux évêques de France : "Vous êtes des misérables!" Certains pourraient s'offusquer de la violence du propos. Marcel Clément, à l'époque directeur du Centre français de sociologie, heureusement cité par Philippe Maxence dans le dossier historique très précis qui complète le texte même de la réédition, avait déjà répondu à cette critique : "On le dit polémiste. C'est un apôtre". La vigueur, et parfois la violence, de l'apôtre sont le fruit de son amour des âmes et de son angoisse pour leur salut. Le véritable apôtre s'élève, parfois vigoureusement, contre tout ce qui met en péril le dépôt sacré de la foi et, partant, le salut des âmes. Jean Madiran était de cette race d'apôtres !
   Dans une étincelante préface, Michel De Jaeghere rappelle que Madiran s'était fait le docteur de la piété filiale, dénonçant en particulier dans son ouvrage : Une civilisation blessée au cœur, le crime majeur de notre temps : l'impiété.
   Philippe Maxence dans son passionnant dossier historique donne, citant Descartes dans son Discours de la méthode, les raisons de cette attitude : "C'est pourquoi sitôt que l'âge me permit de sortir de la sujétion de mes précepteurs, je quittai entièrement l'étude des lettres. Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même, ou bien dans le grand livre du monde." Jean Madiran avait souhaité cette réédition : "S'il me fallait laisser après moi un seul livre, ce serait celui-ci." Lire Madiran en 2019, c'est d'abord faire œuvre de piété filiale.
   Mais cette lecture présente d'autres intérêts, en particulier pour ceux qui n'ont pas connu la période concernée. Ce livre, en effet, est d'abord un témoignage fort et circonstancié sur une page peu glorieuse, certes, mais réelle de l'histoire de l'Eglise de France. Cela peut aider à comprendre la situation de l'Eglise aujourd'hui, certaines situations, certains comportements.
   Au-delà du témoignage, le livre de Madiran est aussi une formidable école de critique textuelle et littéraire. Madiran a le don de faire dire à un texte ce qu'il exprime objectivement, même si l'auteur n'avait, sans doute, pas pensé à toutes les conséquences logiques de son propos. Ensuite, comme le note Philippe Maxence, le style de Madiran est "bref, concis, précis, percutant et élégant... aussi clair qu'agréable." Il constitue, à cet égard, une école d'écriture. Enfin qui niera, qu'après une crise doctrinale et liturgique bien loin d'être résorbée, l'Eglise ne vive aujourd'hui une crise morale d'une ampleur jamais atteinte.
   Le fondateur d'Itinéraires nous donne le témoignage d'un laïc, courageux et talentueux, engagé comme ils disent, qui avait fait siennes les réflexions de Dom Guéranger, fondateur de l'abbaye de Solesmes : "Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l'inspiration de leur ligne de conduite ; non les pusillanimes qui sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l'ennemi ou s'opposer à ses entreprises un programme qui n'est point nécessaire et qu'on ne doit point leur donner." Ces propos sont, plus que jamais, d'une tragique actualité.
   Merci aux éditions Via Romana et à Benoît Mancheron pour cette courageuse réédition. Puisse-t 'elle réveiller les âmes engourdies qui, parce que leurs anciens ont réussi, vaille que vaille, à reconstituer de petites micro chrétientés, où il fait bon vivre, semblent avoir perdu le sens du combat qui est à la fois un zèle inextinguible pour la maison du Seigneur et une angoisse douloureuse du salut des âmes !

Jean Pierre Maugendre