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Pour l'amour de l'Église : entretiens avec Robert Landers

978-2-37271-128-9

Mgr Bernard Fellay

Nouveau

19,00 €

Fiche technique

Pages152
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionmai 2019

En savoir plus

   En des pages d’une grande charité missionnaire, Mgr Bernard Fellay, ancien supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, évoque son engagement pour le sacerdoce, pour la foi, pour l’Église.
   Ce témoignage d’une vie consacrée à la mission et à la recherche de la vérité est aussi le portrait d’un homme au parcours peu ordinaire.
   Ouvert à toutes questions, même celles qui fâchent, l’évêque aborde avec profondeur les sujets les plus complexes, qu’il s’agisse de l’histoire de la Fraternité Saint-Pie X, du mode de vie du prêtre dans la société contemporaine et des urgences pour l’Église aujourd’hui.
   Un livre événement qui pose à sa façon la question de la place essentielle de la Fraternité Saint-Pie X au cœur de l’Église.

   Né à Sierre, en Suisse, en avril 1958, Mgr Bernard Fellay est un prélat catholique qui a exercé de 1994 à 2018 la charge de supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Il a travaillé activement à la réconciliation entre FSSPX et papauté, et remplit aujourd’hui la fonction de conseiller général de la FSSPX auprès du nouveau supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani.
   Disciple du cardinal Journet, Robert Landers vit en Suisse et s’intéresse à l’histoire et à l’évolution de l’Église catholique. Il est engagé dans le dialogue pour l’unité de l’Église. 

Dans la presse

Le Forum catholique, 2 juin 2019

   Ce livre d'entretiens avec Mgr Fellay, assez court (150 pages), permet à l'ancien supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X d'aborder un bon nombre de sujets au rythme des chapitres portant chacun sur un thème différent, comme la transmission de la Foi, le sacerdoce, Notre-Dame, le mariage, la vie chrétienne, etc...On ne saurait que trop recommander la lecture de cet ouvrage. Monseigneur Fellay, fort de son expérience de supérieur général et aussi d'évêque, prodigue à tous ses conseils et donne des éclaircissements pour savoir comment mener aujourd'hui une vie vraiment chrétienne dans la fidélité à la doctrine de l'Église.

   On apprécie également les profondes pensées spirituelles de cet évêque et sa foi indéracinable dans l'Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ces 150 pages sont extrêmement denses et il serait trop long de rapporter ici la pensée de Monseigneur sur tous les sujets abordés. On peut dire qu’autant pour les prêtres que pour les familles, aussi bien qu'à titre particulier, ce livre sera un outil précieux pour la vie intérieure et l'apostolat.

   Un autre aspect intéressant est l’avis de Monseigneur sur la situation de l'Eglise et du monde. On y retrouve le discernement dont il avait fait preuve lors de son supériorat. Notamment sa modération à propos des autres Instituts traditionnels. On peut y lire par exemple : « Pour moi, tout ce qui est fait dans l'Eglise avec humilité en faveur de sa Tradition travaille dans le bon sens. »
Ainsi, il n'hésite pas à rappeler les aspects positifs des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI... certaines encycliques comme Veritatis Splendor ou encore le Magistère concernant la famille et la morale. Au sujet du Concile Vatican II, il considère que certains textes pourraient être acceptés après de « sérieux éclaircissements ».

   Néanmoins il rappelle à plusieurs reprises l'importance de la doctrine de la Foi, inséparable de la Charité. De même que l'apostolat ne peut en aucun cas se résumer à la miséricorde et à la pastorale en mettant en deuxième plan la Vérité et le rappel de la gravité du péché.
   Il y a d'ailleurs dans ses propos de longs et beaux développements sur le sens de la Croix et l'indispensable renoncement sans lequel il n'y a pas de vie chrétienne véritable. L’œcuménisme post-conciliaire est toujours vu comme gravement fautif et la séparation de l'Église et de l'État reste une fausseté aux conséquences désastreuses. Monseigneur Fellay ne fait pas l'impasse non plus sur la défense vigoureuse du mariage et condamne avec force les récents attentats contre son indissolubilité.
   Bien sûr, on y trouvera aussi plusieurs passages sur la Fraternité Saint-Pie X en tant que telle qui intéresseront les lecteurs qui la connaissent moins bien... On y apprend que même après 1988, les contacts n’ont jamais cessé et qu’ils continuent aujourd’hui, tant sur le plan doctrinal que canonique, et que si les progrès sont lents, ils sont bien réels .
   Nous sommes passés volontairement sur les passages plus personnels, comme la dévotion de Monseigneur Fellay à la Sainte Vierge Marie, la fidélité au chapelet, les saints pour lesquels il a une dévotion particulière…

   Il semble optimiste pour l’avenir, tout en rappelant sans cesse le côté humain de l’Église, qui ne doit pas cacher sa Sainteté et prévient ses ouailles pour ce qui suit : « Il nous faudra un grand coeur ». Le recroquevillement inhérent à la situation qui dure et perdure depuis plus de 40 ans devra se transformer en rayonnement de la Tradition liturgique et doctrinale.

   Mais plus qu’un livre sur la FSSPX, ces entretiens constituent un véritable « vademecum » du catholique qui veut rester fidèle dans le monde de 2019 et dans la crise actuelle de l’Église.

   Découvrez-y le regard surnaturel, les encouragements et la confiance d’un « amoureux de l’Eglise ».

"Justin Petipeu"

Le Forum catholique,  21 juin 2019

   Dans son livre d’entretiens, Pour l’amour de l’Eglise, Mgr Bernard Fellay aborde la délicate question du lien entre les fidèles et leurs prêtres. Il évoque la tentation qui peut être celle des fidèles de s’approprier tel ou tel prêtre. Et le risque pour un prêtre de succomber à cette tentation. Il y a là selon moi matière à réflexion pour les uns et les autres. Extrait.

   Que dire lorsque certaines personnes, pour diverses raisons, font de tel ou tel prêtre un gourou, ont une relation trop « intense » avec lui ? À l’inverse, n’y a-t-il pas des prêtres qui agissent avec leurs ouailles comme s’ils étaient Dieu pour elles ?

   Je crois avoir vu tous les cas de figure. Cette situation n’est pas liée à la Fraternité. Elle est due à la nature humaine. Quand il y a les hommes, il y a de l’hom­merie… Parfois, le prêtre est tenté de chercher un lien trop affectif avec ses ouailles. Dans ce cas, plutôt que de conduire les âmes à Dieu, il se recherche et c’est dangereux. Un jour, une infirmière me disait que dans ses visites à domicile, elle veillait strictement à ne pas sortir du champ de ses devoirs professionnels. Elle s’occupait des malades et les soignait, puis partait tout simplement. C’est exactement ce que doit faire le prêtre. Il doit éviter tout ce qui est consolation humaine. Il a pour rôle de donner la consolation du Seigneur aux âmes, non la sienne.

   (...) Le prêtre doit faire son devoir d’état, c’est-à-dire enseigner la vérité, faire du bien aux âmes, accompagner… Il revient au prêtre d’accomplir son devoir généreusement puis de s’effacer comme le docteur qui passe d’un malade à l’autre. Après avoir soigné un malade, il ne reste pas près de lui, sous prétexte que sa présence lui est agréable. Il va vers les autres malades. Jésus donne l’exemple. Il s’occupe de ses brebis qui lui offrent un accueil très sympathique, mais rapidement il ajoute : « J’ai d’autres brebis, je dois m’occuper d’elles ».

   Comment le prêtre peut-il vivre dans son apostolat cette amitié qui peut naître avec des personnes ? Est-ce quelque chose de délicat, c’est pourtant important pour son équilibre personnel ?

   C’est très important. Monseigneur Lefebvre a voulu la Fraternité comme une société de vie commune, pour que les prêtres trouvent soutien et réconfort auprès de leurs confrères, et non auprès d’âmes sœurs, ce qui est toujours extrêmement dangereux. Aujourd’hui, un prêtre qui est seul est souvent objectivement en danger, parce qu’il subit des pressions énormes de tous côtés. Certes, il ne faut pas déshumaniser et désincarner le prêtre. Chacun a besoin de soutien et de soulagement. En outre, comme le prêtre est en relation avec les autres dans son ministère, nécessairement des liens et des attaches se créent. Ces amitiés qui naissent sont légitimes, à condition qu’elles soient vécues dans la perspective du bon Dieu. Lorsqu’elles se situent à un niveau purement humain, il y a un danger pour le prêtre. Une constante vigilance est requise pour que ces attaches demeurent dans l’ordre voulu par Dieu.

XA

Présent, 29 juin 2019

   Mgr Bernard Fellay est resté durant 24 ans à la tête de la Fraternité Saint-Pie X. Il demeure, depuis l’élection du nouveau supérieur général – l’abbé David Pagliarani – l’année dernière, conseiller général de la Fraternité. Entré tout jeune au séminaire d’Ecône, il est l’un des évêques sacrés en 1988 par Mgr Lefebvre. Sa parole paraît donc autorisée pour faire le point sur les positions de la Fraternité – point nécessaire, car les interprétations les plus variées sont parfois données, ou bien la position d’un membre de la Fraternité montée en épingle alors qu’elle ne reflète pas celle de la communauté.

   La forme de l’entretien, de lecture agréable et facile, permet d’évoquer de nombreux sujets. Au fil des pages, on trouve ainsi un bref historique de la Fraternité, avec l’évocation du caractère de son fondateur. Mgr Fellay donne une belle définition de la liturgie, qui justifie l’attachement de sa communauté au rite traditionnel : « L’Eglise s’édifie sur la foi et les sacrements de la foi, tandis que la liturgie est l’indispensable vêtement de ces derniers. » Il met en valeur – ce que ne conteste aucune communauté traditionnelle – le rôle décisif de la résistance de la Fraternité aux oukases interdisant le rite tridentin. Elle a notamment permis l’émergence d’autres communautés (même à son corps défendant) et la « résurrection » du rite dit « de saint Pie V », surtout grâce au motu proprio de Benoît XVI, à qui l’ancien supérieur général de la Fraternité exprime sa reconnaissance.

   L’analyse reste fine : Mgr Fellay reconnaît « le danger d’aller trop loin et d’émettre des critiques infondées ou exagérées, voire de faire des demandes inconsidérées » ; ces nuances donnent d’autant plus de force à son propos. « Nous avons toujours refusé de couper les liens avec Rome », insiste-t-il, réaffirmant le rejet de tout sédévacantisme. Mais il reconnaît qu’Assise a été un élément déclenchant dans la décision de Mgr Lefebvre de sacrer des évêques sans l’aval de Rome, Rome qui souhaitait « la solution biologique », c’est-à-dire la mort de Mgr Lefebvre, pour régler le « problème » de la Fraternité…

   Loin des caricatures que l’on peut trouver sur les positions de sa communauté, Mgr Fellay explique ce qu’est le véritable œcuménisme, insiste sur la nécessité de la charité : « La grâce est offerte à tout homme. Une personne qui a une conscience bien formée et la suit peut être sauvée, sans connaître la vraie religion. » Il précise, avec l’humour qui colore parfois ces entretiens, que l’on peut être un bon catholique sans faire partie de la Fraternité !

Fatima et la Russie

   On trouve de belles phrases sur le rôle de l’évêque, l’importance de l’éducation et de la culture générale et littéraire, la vénération pour la Vierge, « notre boussole », le « jeu » entre Dieu et l’homme, et le rôle de coopération qui nous est offert de la part de notre Créateur, ainsi que le rapport entre la Loi et l’Amour. Robert Landers, le journaliste qui pose les questions que l’on attend, pense aussi à des sujets moins convenus : que pense Mgr Fellay, par exemple, des rapports avec les orthodoxes, de la rencontre historique entre le pape François et le patriarche Kiril qui a eu lieu en 2016, de la croissance des communautés orthodoxes en Russie ?

   L’évêque y voit un lien avec les paroles de la Vierge à Fatima. « Un Etat qui favorise la religion fait toujours œuvre salutaire. L’exemple de la Russie le montre », précise-t-il. « Ce qui se passe en Russie est pour moi comme une première réponse du Ciel, une réponse inachevée, qui n’a pas encore trouvé son aboutissement. »

Les discussions avec Rome

   Bien évidemment, le sujet des discussions avec Rome est abordé. Mgr Fellay rappelle les demandes de la Fraternité : que certains textes « ambigus » du concile Vatican II soient redéfinis.
   N’est-ce pas ce que demandait Benoît XVI, pense le lecteur ? Mgr Fellay répond à cela que si l’accord ne s’est pas concrétisé du temps du pape émérite, c’est sans doute à cause d’une partie de son entourage, qui y était, quant à elle, farouchement opposée.
   Qu’en est-il des relations avec le pape François ? Celui-ci, selon Mgr Fellay, « accorde assez peu d’importance à la doctrine. Ce qui l’intéresse avant tout, ce sont les hommes ». Ce qui peut donner des résultats surprenants. Mais on trouve ailleurs cette proposition : « Il est raisonnable de penser que, durant une période assez longue, nous resterons une communauté à part, avec ici et là des actes de collaboration ponctuelle. »

   Nous avons là un ouvrage qui, sous sa présentation assez ramassée – 152 pages – et sa forme facilement abordable, répond à toutes les questions que l’on peut se poser sur la Fraternité Saint-Pie X. Sa lecture sera donc profitable à ses membres comme à ses détracteurs s’ils sont de bonne foi. Ce sont des éléments incontestables qu’apporte celui qui fut son supérieur durant près d’un quart de siècle. 

Anne Le Pape