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L'amiral Jean Hourcade, la Marine et les Darlan

979-10-90029-78-1

Louis Hourcade

Nouveau

Chef d’état-major particulier de l’Amiral de la Flotte François Darlan, Jean Hourcade fut le témoin direct de l’assassinat de celui qui remit la France dans la guerre contre les forces de l’Axe auprès des Américains.

Résumé

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29,00 €

Fiche technique

Pages504
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionjuillet 2014

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   Chef d’état-major particulier de l’Amiral de la Flotte François Darlan, Jean Hourcade fut le témoin direct de l’assassinat de celui qui remit la France dans la guerre contre les forces de l’Axe auprès des Américains. Sérieusement blessé en tentant de protéger son chef à la veille de Noël 1942, Jean Hourcade se reprochera toujours de n’avoir pu le sauver des balles de l’Intelligence Service. Mais quelle fut sa destinée civile et militaire ? Son fils, Louis Hourcade, lève ici le voile sur les liens méconnus entre son père, la Marine et les Darlan. Quelle part Jean Hourcade prit-il à la victoire navale de Prémuda dans l’Adriatique le 29 février 1944 ? De quelles fractures eut-il à souffrir entre Marine gaulliste et Marine fidèle à Darlan ? Quel fut son rôle réel dans le transfert des cendres de l’amiral au cimetière militaire de Mers el-Kébir ? Quelles furent ses vingt-cinq années de démarches auprès des gouvernants pour obtenir une pension au fils de son ancien chef, Alain Darlan ? Récit captivant de la vie et des combats de l’amiral Jean Hourcade, incarnant le dialogue entre les deux France issues de la Libération, ce livre d’histoire dresse le portrait d’un grand marin, homme d’honneur, homme de cœur et homme de conciliation auquel le général de Gaulle remettra les insignes de grand officier de la Légion d’honneur en 1966.

   Fils aîné de l’amiral Jean Hourcade, saint-cyrien, chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire, Louis Hourcade a travaillé pendant plus de vingt ans dans les pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient et est Conseiller Honoraire du Commerce extérieur de la France. Il livre ici une suite très documentée aux souvenirs de son père Marin et gentilhomme (Via Romana, 2007), qui prenaient fin à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.

Dans la presse

Les 4 vérités hebdo, n°954, vendredi 8 août 2014

   L’assassinat de l’amiral Darlan est l’un des événements les plus importants et les plus obscurs de la Seconde Guerre mondiale. Après lui, la mainmise communiste sur la Résistance était pratiquement assurée, avec comme conséquences la guerre civile de 1944 et la lente agonie de notre patrie. C’est dire l’importance de ces mois de 1942 à Alger. Et c’est dire l’intérêt de cet ouvrage de Louis Hourcade, qui reprend les souvenirs de son père, principal collaborateur de Darlan.
Ce livre est une mine d’anecdotes et de renseignements sur cette période sombre. Il est aussi le récit de la vie de l’amiral Hourcade qui ne se résolut jamais à la fracture entre les deux France, gaulliste et pétainiste, et œuvra toujours à la réconciliation nationale.
Guillaume de Thieulloy

NRH, n°74, septembre-octobre 2014

   Les Éditions Via Romana ont publié, en 2007, Marin et gentilhomme, une édition des Mémoires de l’amiral Jean Hourcade établie par son fils Louis, gardien vigilant de la tradition familiale. Sorti de l’École navale au lendemain de la Première Guerre mondiale, le jeune Jean Hourcade va effectuer au cours des deux décennies suivantes une brillante carrière d’officier qui le voit servir en Méditerranée, en Mer du Nord mais aussi en Chine et à Tahiti, à l’époque de la « plus grande France ». La suite de ces Mémoires, écrite par son fils Louis, voit l’amiral Hourcade aux côtés de l’amiral Darlan, qui est assassiné en sa présence en décembre 1942. Il conduira ensuite une campagne couronnée de succès sur les eaux de  l’Adriatique. L’auteur lève ici le voile sur les liens méconnus entre son père, la Marine et les Darlan. Un témoignage remarquable sur les grandeurs et les misères qu’a connues cette génération d’officiers de marine.
Jean Kappel

La Baille, n°326, janvier 2015

   Dans un premier ouvrage dont nous avions rendu compte, Louis Hourcade (frère aîné du CA2 Michel Hourcade 60) avait publié, sous le titre Marin et gentilhomme, les mémoires de son père, Jean Hourcade, qui s'arrêtent en 1938. Il retrace ici la deuxième partie de la vie de son père, étayée par une documentation considérable que l'ouvrage publie.
   Pour l'histoire des officiers de la marine, c'est un document sur la carrière d'un marin exceptionnel, homme de cœur et homme de guerre. Il commande le torpilleur Railleuse en 1939, coule un sous-marin le 16 décembre, mais le bâtiment est perdu le 23 mars 1940 dans le port de Casablanca par explosion inexpliquée de ses torpilles. Il est chargé le 28 septembre 1940 de créer la Légion de Gendarmerie maritime. En inspection en Afrique le 11 novembre 1942, trois jours après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, il est appelé à Alger pour être « chef d'état-major particulier », c'est-à-dire conseiller personnel, de l'amiral Darlan ; il est blessé le 24 décembre en tentant de défendre son chef contre le meurtrier. Il prend au 1er janvier 1943 le commandement du croiseur léger Malin, dont il dirigé la modernisation aux États-Unis avant de le conduire en opérations de guerre, en particulier au combat victorieux de Premuda en Adriatique le 29 février 1944. Il commande ensuite à partir d'août 1944 la Jeanne d'Arc, alors affectée à des bombardements côtiers et à des transports de troupes, puis il est laissé un an et demi sans affectation (1946-47)(!). Nommé chef de la mission de réception des six bâtiments italiens versés à la France au titre des dommages de guerre, il commande ensuite à partir de décembre 1949 la Marine à Marseille. Sa nomination aux étoiles, longtemps promise, n'arrive pas. La marine d'après-guerre lui a fait payer sa fidélité : il ne sera amiral d'active qu'une journée.
   Pour la grande histoire, c'est un document de premier ordre sur les relations des Darlan avec les États-Unis, en particulier en 1942. Il s'agit de François Darlan, amiral de la Flotte, dauphin du Maréchal Pétain, et de son fils Alain Darlan, officier de réserve et agent de liaison de son père, malheureusement atteint de poliomyélite en octobre 1942 en Afrique du Nord. George Melton, historien américain qui a préfacé cet ouvrage, a expliqué que l'image noire de Darlan répandue par Londres en 1941 et 42 continuait à régner en France alors que la réalité de sa politique était beaucoup plus nuancée. Cet ouvrage permet de mieux le comprendre, avec des informations précises. Au surplus, il raconte de façon détaillée comment Jean Hourcade fut, en liaison avec les plus hautes autorités de l'État, l'organisateur du transfert des cendres de l'amiral Darlan d'Alger à Mers-el Kebir (en 1964), comment il reçut en 1966 la plaque de grand officier de la Légion d'honneur des mains même du général de Gaulle, Président de la République, et comment il obtint (avec l'accord du général) qu'Alain Darlan reçût finalement, la même année, une pension militaire d'invalidité.
   Cet ouvrage très documenté doit contribuer à une vision dépassionnée de l'histoire de notre marine dans la Seconde Guerre mondiale. Le général Weygand écrivait au général de Bénouville au début des années 60 : « Si, comme vous, tous les Français voulaient bien ne pas douter de la sincérité, de la loyauté et du patriotisme de ceux de leurs compatriotes qui ont compris leur devoir autrement qu'eux-mêmes, nous serions bien près de cette union plus que jamais indispensable à la France… »
Dominique Nasse