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Histoire cachée du Parti communiste algérien

978-2-37271-050-3

Jean Monneret

Nouveau

18,00 €

Fiche technique

Pages170
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2016

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   L’intention de l’auteur était d’écrire sur l’affaire Audin, mathématicien communiste disparu pendant la Bataille d’Alger en juin 1957, après son arrestation par les parachutistes français. Il est vite apparu indispensable de rappeler l’histoire du mouvement communiste en Algérie et de ses rapports rugueux avec le nationalisme autochtone.
   Voici donc le récit inédit de trente ans de rivalités et concurrence intense entre nationalistes et communistes, éclairant, en partie, le contexte de l’affaire Audin. On y découvre le passé d’une mystification, avec au final le non soutien communiste à l’insurrection de novembre 1954, le vote des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet et bien d’autres faits mal connus de l’histoire algérienne de 1926, date de la création de L’Étoile nord-africaine à la création du PCA en 1936, jusqu’au tardif ralliement de ce dernier à la lutte armée pour l’indépendance.

   Né en 1939 à Alger, Jean Monneret est docteur en Histoire. Il a vécu une grande partie des événements décrits et a eu un accès exceptionnellement large aux archives de l'époque. Après une carrière classique dans l'enseignement, il a fait des études d'arabe et s'est spécialisé dans l'analyse d'un conflit qui continue de marquer l'histoire de la France et de l'Algérie (La Phase finale de la guerre d’Algérie, L’Harmattan 2010 ; La Guerre d’Algérie en trente-cinq questions, L’Harmattan, 2008).

Du même auteur :

Le martyre oublié des chrétiens chaldéens 

Dans la presse

LA NEF N°287, DÉCEMBRE 2016 

   L’Algérie française, la rébellion indépendantiste, la vigoureuse riposte de l’Armée, enfin notre retrait suivi par l’arrivée au pouvoir des insurgés, tout cela est déjà si loin que, parmi les acteurs principaux du drame, plus un seul ne reste en vie. Or, malgré une abondante bibliographie, des zones d’ombre subsistent, et des points mal élucidés. Celui, entre autres, relatif au Parti communiste algérien, à son action, au rôle qui fut le sien durant les années sanglantes de l’affrontement. Bien sûr, on savait des choses, mais peu liées, peu ordonnées. Et voilà le livre grâce auquel la question apparaît en pleine clarté et devient tout à fait intelligible. L’analyser ? Le résumer? Impossible. Contentons-nous d’un regard rapide.

   La naissance, au mois d’octobre 1936, du PCA, ancienne section algérienne du PCF, n’avait pas trop changé la donne, et le communisme, au sud de la Méditerranée, demeurait grosso modo (nonobstant, depuis 1950, une volonté d’indigénisation) l’affaire de militants européens petits-bourgeois, pieds-noirs ou métropolitains, influencés par les choix légalistes du PCF et adeptes d’un anticolonialisme assez platonique. Quand, avec la « Toussaint rouge », les prodromes de la guerre eurent éclaté, le PCA donc, pris au dépourvu, se trouva embarrassé. En 1955 cependant, comprimant une vieille défiance « ouvriériste » à l’égard du nationalisme autochtone, il approuve la lutte de « libération », mais n’entend y participer qu’en créant ses propres groupes de combat.

   Interdit bientôt après, puis, dans la clandestinité, assujetti par le FLN, tandis que l’abandonnent presque tous ses membres européens, hostiles à l’indépendance et au terrorisme fellagha, le PCA, au lendemain de 1957, a pratiquement cessé d’exister. Ayant tenté, sous Ben Bella, de se remettre en selle, le nouvel État, en 1962, le déclara hors la loi.

Michel Toda

L'algérianiste, n°156, décembre 2016

   Voici un livre qui s'intéresse aux agissements du Parti communiste durant la guerre d'Algérie. Il a été peu écrit à ce sujet, sinon par des journalistes favorables aux communistes ou opposés à l'activité de l'armée française durant ce conflit. C'est dire que ces écrits manquent d'une réelle objectivité: ce qu'ils disent n'est pas toujours une transcription rigoureuse du passé.
   Ce que veut décrire Jean Monneret, historien rigoureux de la guerre d'Algérie, c'est l'enchaînement qui conduit à l'arrestation de Maurice Audin, étudiant en mathématiques communiste, chargé par le PCA d'héberger à Alger ses camarades clandestins. Cela lui sera fatal quand les forces de l'ordre conduites au domicile de la famille Audin par les révélations du docteur Georges Hadradi, arrête le 11 juin 1957 (une semaine après l'attentat du Casino de la Corniche qui a fait 8 morts et 92 blessés) l'étudiant en pleine bataille d'Alger et trois jours après l'attentat du casino de la Corniche. Maurice Audin ne réapparaîtra pas. Dans un premier temps, les forces de l'ordre affirment qu'il s'est évadé lors d'un transfert, mais bien vite tout le monde sera convaincu qu'il est décédé : des suites de la torture, d'une mort naturelle ou exécuté par les hommes du commandant Aussaresses ?
   Jean Monneret replace cette histoire dans le contexte de l'époque, rapelle les positions contradictoires du PCA avant et Pendant la guerre d'Algérie, les rapports difficiles que les communistes et le FLN ont pu ne pas contractet le contexte international douloureux (insurrection de Budapest réprimée très durement par les Soviétiques). Il met en évidence la surestimation par les militaires français de l'importance du PCA. En effet, la plupart des officiers avaient vécu la guerre d'Indochine terminée trois ans auparavant et en avaient gardé un profond sentiment anticommuniste. Ils avaient vu en Indochine des communistes très organisés, soumis à une discipline de fer, d'une implacable cruauté avec de puissants soutiens internationaux (URSS, Chine). L'historien consacre quelques pages à une analyse critique des écrits concernant l'affaire Audin, d'Henri Alleg, l'ancien directeur du quotidien communiste Alger Républicain, de Jacques Jurquet, un dirigeant du PCF et du journaliste Jean-Charles Deniau.
   Enfin, Jean Monneret remarque que François Hollande en visite en décembre 2012 à Alger a rendu officiellement hommage à Maurice Audin et s'étonne qu'il n'ait pas songé à le faire pour tous les civils français morts en Algérie.
Roger Vétillard

Mémoire Vive, décembre 2016, CDHA (Centre de Documentation Historique sur l’Algérie)

   Jean Monneret est un historien spécialiste de la guerre d'Algérie, de ses causes et de ses conséquences. Il publie une nouvelle étude sur un sujet peu abordé par ses confrères sinon par Henri Alleg qui fut un des dirigeants du PCA, Emmanuel Sivan et l’historienne britannique Drew Allison : le Parti communiste Algérien, qui n'était en fait, qu'une succursale du PCF.
   Le projet initial de Monneret était de tenter d'éclaircir ce qu'il est convenu d'appeler « I'affaire Audin » du nom de ce doctorant communiste algérois qui a disparu pendant la Bataille d'Alger en juin 1957 après son arrestation par l‘armée française. Et en historien rigoureux, il va replacer cet épisode dans le contexte historique de l'époque, celui de la guerre d'Algérie.
   Le Parti Communiste Algérien, comme son grand frère français, a défendu des positions successivement contradictoires dictées par la stratégie imposée par les dirigeants soviétiques. Ainsi, sans revenir sur la position ambiguë de ses délégués lors des travaux de la commission des réformes de 1944 qui a siégé à Constantine, il n’est pas souvent rappelé qu'il a, en 1945, après l‘insurrection de mai commencée à Sétif, condamné ce soulèvement, participé à la répression à Guelma et réclamé le châtiment exemplaire des insurgés qualifiés de suppôts de l’hitlérisme demandant qu'ils soient passés par les armes, avant de dénoncer la répression quelques temps plus tard...
   De la même façon, les communistes tentent d'accréditer qu'ils auraient été dès le 1er novembre 1954, des défenseurs de l'indépendance de l’Algérie, alors que le Bureau Politique a publié, le lendemain de la « Toussaint Rouge », un communiqué qui réclame une « solution démocratique » respectant « les intérêts de tous les habitants de l’Algérie sans distinction de race ni de religion » et « qui tiendra compte des intérêts de la France ». Affirmation qui suffit, dit Monneret, à montrer la distance séparant les vœux du FLN et ceux des communistes algériens. Et l’auteur n'hésite pas à souligner (p.72) que la vérité est claire : le Parti Communiste fut plus que réservé envers le FLN à ses débuts, et même longtemps après. Les dirigeants algériens le lui ont bien rendu, en l’interdisant dès 1964.
   Un autre point important est souligné par l’auteur : la guerre d'Indochine s'est terminée trois ans avant « l‘affaire Audin » et les officiers qui servent en Algérie en sont revenus particulièrement « anti-communistes ». Ils ont vu, en Indochine, des communistes très organisés et soumis à une discipline de fer, d'une implacable cruauté avec leurs opposants bénéficiant de soutiens internationaux puissants (URSS, Chine). Dès lors ils vont surestimer la puissance du PCA et celle des Combattants de la Libération (CDL) organisme qui a tenté de mettre en place des « maquis rouges » pour montrer sa différence avec I'ALN. Et enfin Monneret rappelle que la bataille d'Alger est survenue quelques mois après l'écrasement par les chars russes de l'insurrection de Budapest qui ne pouvait que renforcer l’anticommunisme de l‘Armée. Pour elle, lutter contre le FLN c'est également lutter contre le communisme, d'autant que les pays de l’Est ne cachaient pas leur sympathie pour les indépendantistes.
   Les deux derniers chapitres sont consacrés à l'affaire Audin pour laquelle Monneret tente de démêler les témoignages, les écrits plus ou moins engagés et les exploitations politiques qui ont été faites. Il constate que beaucoup a été entrepris pour cet homme disparu et il déplore que l‘hommage de François Hollande à Audin en novembre 2012 à Alger ne soit pas allé également à toutes les victimes du conflit, mais uniquement à celles causées - dans un seul camp - par les activités de l'Armée française.
   Enfin les quatre annexes méritent d'être lues : une rencontre avec le général Aussaresses, l'antagonisme parachutistes-communistes, François Hollande et l'affaire Audin, qui précèdent I ‘analyse du livre du journaliste Jean-Charles Deniau sur cette affaire.
Roger Vétillard

Blog Etudes Coloniales, 27 février 2017

Nouvelle Revue d'Histoire, n°88, janvier-février 2017

   Les agissements du Parti communiste durant la guerre d'Algérie méritent d'être éclairés par une plume informée sur l'histoire de ce conflit. Il a été peu écrit à ce sujet, sinon par des journalistes favorables aux communistes ou opposés à l'activité de de l'armée française. C'est dire que ces récits manquent d'une réelle objectivité : ce qu'ils disent n'est pas toujours une transcription rigoureuse du passé.
   Ce que veut décrire Jean Monneret, historien reconnu de la guerre d'Algérie, c'est l'enchaînement qui conduit à l'arrestation de Maurice Audin, étudiant en mathématiques, communiste, chargé par le PCA d'héberger à Alger ses camarades clandestins.
   Quelques jours après l'attentat du Casino de la Corniche qui a fait 8 morts et 92 blessé, le docteur Georges Hadjadj est arrêté le 11 juin 1957. Ses révélations conduiront les forces de l'ordre au domicile de la famille Audin où elles arrêteront l'étudiant en pleine bataille d'Alger. Maurice Audin ne réapparaîtra pas. Dans un premier temps, les forces de l'ordre affirme qu'il s'est évadé lors d'un transfert, mais bien vite tout le monde sera convaincu qu'il est décédé : de mort naturelle, des suites de la torture ou exécuté par les hommes du commandement Aussaresses ?
   Jean Monneret  replace cette histoire dans le contexte de l'époque, rappelle histoire du PCA, ses positions contradictoires avant et pendant la guerre d'Algérie, les rapports difficiles entre communistes et nationalistes, le contexte international (insurrection de Budapest de 1956 réprimée très durement par les Soviétiques).
   Il met en évidence la surestimation par les militaires français de l'importance du PCA. La plupart des officiers qui servaient alors en Algérie avaient vécu la guerre d'Indochine terminée trois ans auparavant et en avaient gardé un profond sentiment anticommuniste. Ils il y avait vu des communistes très organisés, soumis à une discipline de fer, d'une implacable cruauté envers les prisonniers, disposant de puissants soutiens internationaux (URSS, Chine, Bloc de l'Est).
   Quelques pages sont consacrées à une analyse critique des écrits concernant l'affaire Audi , ceux d'Henri wallet, l'ancien directeur du quotidien communiste Alger républicain, de Jacques Jurquet, un dirigeant du PCF et du journaliste Jean-Charles Deniau.
   Enfin, Jean Monneret remarque que, en décembre 2012, François Hollande en visite à Alger a rendu officiellement hommage à Maurice Audin et s'étonne qu'il n'ait pas songé à le faire pour tous les civils français victimes innocentes du conflit franco algérien.
Roger Vétillard