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A Paris sur le pas des rois

978-2-37271-099-2

Michel Bernard Cartron

Nouveau

19,00 €

Fiche technique

Pages310
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2018

En savoir plus

   Il y a mille chemins pour aborder une ville aussi riche et diverse que Paris, en parcourir le passé, en rechercher les racines…
   Il y a mille ouvrages sur les rayons des librairies qui prétendent aider leurs lecteurs à en percer les secrets…
   Bien davantage qu’un nouveau guide, ce livre se veut un voyage à travers l’Histoire, sur les pas des rois qui, durant près de mille cinq cents ans, n’ont cessé d’aimer, d’embellir, d’agrandir, de défendre Paris dont ils ont fait la capitale de leur royaume.
   Malgré les bouleversements survenus au cours de cette longue histoire, en particulier les travaux de Haussmann, les traces de leur passage restent visibles. Treize promenades autour d’autant de souverains les proposent aux amateurs et aux curieux. Elles conduisent à découvrir ou redécouvrir les sites les plus emblématiques de la ville, depuis la Montagne Sainte-Geneviève où repose Clovis, le roi des Francs, jusqu’aux « passages » populaires du XIXe siècle annonciateurs d’une nouvelle civilisation, ancêtres de nos modernes galeries commerciales.
   En parcourant en compagnie des rois ces lieux chargés de souvenirs, le promeneur connaîtra l’émotion de revivre un passé qui fit, d’une petite agglomération perdue sur les bords de la Seine, la plus belle ville du monde.

1. Paris avant Paris
2. Clovis : la montagne Sainte-Geneviève
3. Childebert Ier : Saint-Germain-des-Prés
4. Louis VI le Gros : la butte Montmartre
5. Philippe Auguste : l'enceinte de Paris
6. Saint Louis : le Palais de Justice
7. Philippe le Bel : l'enclos du Temple
8. Charles V : la Bastille et le faubourg Saint-Antoine
9. François Ier : des Tuileries au Marais
10. les hôtels du Marais
11. Louis XIV : les Invalides et le noble faubourg
12. Louis XVIII : la Nouvelle Athènes
13. Louis-Philippe  : le Palais-Royal et les passages

   Spécialiste du premier XIXe siècle et de la Restauration, auteur de plusieurs ouvrages historiques sur cette période, Michel Bernard Cartron propose ici de partager sa passion de Paris dont il arpente régulièrement les quartiers et les rues.

Du même auteur :

Louis XIX, celui qui fut roi vingt minutes 
Madame Royale, l’énigme résolue 

Dans la presse

Blog Chouette un livre, 9 octobre 2018

   Des thermes de Cluny à la crypte archéologique aménagée sous le parvis de Notre‐Dame, la première promenade historique proposée dans cet ouvrage nous parle d’un « Paris avant Paris ». Le premier roi évoqué est Clovis (2e promenade), qui nous invite à parcourir la montagne Sainte‐Geneviève à la recherche d’indices encore bien minces. Il faut attendre Saint Louis (6e promenade) pour découvrir les inestimables joyaux que sont les vitraux de la Sainte‐Chapelle, la Conciergerie et les si célèbres monuments des deux îles. De siècle en siècle, de roi en roi et d’arrondissement en arrondissement, ce guide de Paris nous mène jusqu’au Paris de Louis‐Philippe (13e promenade), du Palais Royal aux passages, ancêtres de nos galeries marchandes. Quel que soit le quartier de Paris que vous souhaitez faire découvrir à des adolescents, ce guide vous sera bien utile pour dénicher des lieux un tant soit peu secrets ou conter des anecdotes passionnantes mises en valeur par Michel Bernard Cartron, un historien qui arpente Paris, rue après rue.

Visitons Paris sous le pas des rois

   Michel Bernard Cartron est l'auteur de plusieurs ouvrages historiques. Ce passionné de Paris, dont il arpente régulièrement les quartiers et les rues, nous offre un guide, paru chez Via Romana, qui nous propose en treize chapitres une série de promenades dans les pas des rois de France, depuis Lutèce jusqu'à l'aube du XIXème siècle. Un livre parfaitement passionnant, bourré d'anecdotes et d'informations souvent croustilleuses. On découvre, dans la première promenade, le quartier du Boulevard de Port-Royal, de Cluny et du "cardo maximus" (l'actuelle rue Saint-Jacques), dont les Romains avaient fait un axe important, large de 9 mètres, recouvert de grandes et résistantes dalles de pierre. Les fouilles près de la maternité de Port-Royal ont permis de découvrir 250 sépultures qui ont livré de précieuses informations. Les hommes mesuraient alors 1,70 mètres et les femmes 1,60 m. Aujourd'hui, ils mesurent respectivement 1,79 m et 1,65 m. L'âge moyen de la mort se situait alors entre 50 et 60 ans. Les métiers manuels et artistiques étaient alors nombreux à Lutèce, en particulier la fabrication de récipients destinés à l'usage quotidien. On découvrira, rue Saint Jacques un four à potier, comme il y en avait tant dans le quartier. La promenade nous amène aux thermes de Cluny, à l'île de la Cité, à la cathédrale Notre-Dame, au marché aux fleurs, place Louis-Lépine, qui occupe l'emplacement d'une basilique romaine. Et puis, connaissez-vous la rue des Ursins? Au n°10 aurait habité le chanoine Fulbert, oncle d'Héloïse qui fit horriblement mutiler Abélard, l'amant de cette dernière.

Les aventures du Panthéon
   La deuxième promenade nous entraîne sur les pas de Clovis, dont le nom vient de frekkr, qui signifie "hardi" ou "courageux". On visitera bien sûr la montagne Sainte-Geneviève. La sainte fut inhumée, en 512, à l'âge de 87 ans, dans la crypte de la Basilique Saints-Pierre-et-Paul. Clovis et sa femme Clotilde l'y rejoignirent. La basilique tombant en ruines, Louis XV la remplaça par un somptueux monument à la gloire de la Sainte Patronne de Paris. Ce sera le Panthéon. Les restes de sainte Geneviève furent brûlés à la Révolution et jetés à la Seine. L'auteur nous rappelle l'histoire assez mouvementée du Panthéon. La basilique fut réquisitionnée en 1791 par les Révolutionnaires et transformée en temple laïque destiné à recevoir "les cendres des grands hommes de l'époque de la liberté française". On rasa derechef les deux clochers de 40 mètres de haut, qui existaient à l'origine. Le corps de Mirabeau y fut conduit le 12 juillet 1791. Voltaire et Jean-Jacques Rousseau l'y rejoignirent. Mais Mirabeau finit par ne plus avoir la cote auprès des Révolutionnaires. Il fut expulsé et remplacé par Marat qui finit lui aussi par en être viré. Napoléon rendit l'édifice au culte. L'église fut solennellement inaugurée, plus tard, par le roi Louis XVIII, et l'inscription sur le fronton modifiée. Oui mais, Voltaire y était toujours inhumé, ce qui scandalisait certains fidèles. Réponse de Louis XVIII: "Laissez-le donc. Il est assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours." Après l'abdication de Charles X, en 1830, l'église redevient Panthéon, puis église sous Napoléon III, puis Panthéon sous la Commune, en 1871, où l'on scia les deux bras de la croix afin d'y placer un drapeau rouge. L'année suivante, le Panthéon redevient une église surmontée par une croix en pierre de 4 mètres de haut. Ca ne durera pas. Le 1er juin 1885, à l'occasion des funérailles de Victor Hugo, la basilique Sainte-Geneviève est définitivement (?) devenue Panthéon. Dans le quartier, on trouve, rue des Bernardins, l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, que tous nos lecteurs connaissent. L'origine de ce nom ? Au XIIIème siècle, ce secteur était célèbre par son vignoble, nommé "clos du Chardonnet", du fait de la présence de chardons. Le nom est resté à l'église…

Ce que dit vraiment la loi salique
   Nous voici, pour notre troisième promenade, à baguenauder dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Michel Bernard Cartron en profite pour nous expliquer, et c'est particulièrement instructif, ce qu'est la loi salique. Il s'agit d'une des anciennes lois germaniques qui régissait les Francs saliens. Clovis n'en est pas l'auteur mais, après 508, c'est lui qui la fit rédiger clairement. La loi règle les problèmes de procédure concernant les personnes et les biens. Elle supprime le "droit de vengeance" en cas de meurtre ou de blessure, en le remplaçant par une compensation financière. Elle règle les droits de succession pour les terres qui ne peuvent échoir qu'aux hommes, les femmes pouvant cependant hériter des autres biens. C'est cependant sur cette clause qui ne concernait en rien la succession au trône du royaume franc, que s'appuieront, quelques siècles plus tard, les juristes pour évincer les femmes de la succession royale ! Dans le quartier de Saint-Germain, l'auteur nous fait découvrir l'emplacement de la première loge maçonnique fondée en 1725 par trois Anglais. Il nous décrit le rituel de cette "loge de table": quand les verres étaient emplis de vin rouge, le Vénérable commandait: "La main droite aux armes !" Les convives portaient la main au verre, puis "Haut les armes", ils élevaient le verre à la hauteur de la poitrine. "En joue !", ils approchaient le verre de leur bouche, "Feu, Grand feu, Parfait feu". Ils buvaient alors, avec d'autres comportements bizarroïdes, que le lecteur découvrira dans le livre, et concluaient par un toast au roi ( Nous n'étions alors pas encore dans l'ambiance révolutionnaire, faut-il le préciser). Bien sûr, l'auteur nous conduit au 13, rue de l'Ancienne-Comédie, où se trouve le Procope, le plus ancien café de Paris. Il nous raconte son histoire. Il fut fondé en 1686 par un jeune sicilien venu de Palerme, Francisco Procopio del Colelli, qui proposait à ses clients non seulement du café, mais aussi du chocolat, des sorbets, du punch. C'est là que le bonnet phrygien fut arboré pour la première fois.

La Butte Montmartre, son vin et son "quadrille nationaliste"
   La Butte Montmartre, qui est une ville à elle toute seule, dont l'abbé Doublet disait au début du XVIIIème siècle "Elle est l'œil et le cœur de la France", a une riche histoire. Il ne reste rien de l'abbaye dont la quarante-sixième et dernière abbesse, Mme de Montmorency-Laval, alors âgée de 70 ans, complètement sourde et aveugle, fut décapitée pour "avoir conspiré sourdement et aveuglément contre la République". On découvre qu'au n°16, rue Cortot, Aristide Bruant possédait un poulailler, un potager et même un vélodrome, c'est-à-dire une allée circulaire où il pouvait pratiquer la bicyclette ! Aujourd'hui, le vélodrome s'est transformé en vigne. Une histoire plutôt récente. Le maire de la commune libre de Montmartre fit planter ici 3247 pieds de Thomery et quelques pieds de Morgon. La première fête des vendanges eut lieu le 30 octobre 1934 en présence du président de la République, Albert Lebrun. Il se produit environ 1000 à 1500 bouteilles par an, ce qui n'est rien par rapport à l'époque de Philippe Auguste où la butte était recouverte de vignes. On y trouvait d'excellents crus, tels le "Sacalie" et "La Sauvageonne". Bientôt, on donna au vin de Montmartre le nom de "Picolo", d'où est née l'expression "picoler"! La Butte, ce sont aussi les cabarets, dont le "Lapin Agile", qu'on avait nommé dans un premier temps "Le Lapin à Gill", du nom du peintre qui avait représenté sur la façade un lapin sortant d'une casserole, portant une bouteille. La guinguette date de 1860. Elle portait alors le beau nom de "Au rendez-vous des Assassins et des Voleurs" ! Elle fut, jusqu'en 1914, le rendez-vous de la bohème: Max Jacob, Guillaume Appolinaire, Francis Carco... Impossible d'évoquer la Butte, sans citer le Moulin Rouge, fondé en 1889, l'année de l'exposition universelle. Il connut le succès grâce à ses danseuses: Grille d'Egout, Nini pattes en l'air, Rayon d'Or, et La Goulue, amie et modèle de Toulouse-Lautrec. Le "French Cancan" portait alors le nom de... "Quadrille nationaliste" !

Une tabatière en or pour le cœur du roi
   Une ballade suivante nous emmène rue Saint-Antoine, méditer dans l'Eglise Saint-Paul-Saint-Louis, proche du Lycée Charlemagne. On sait que sous l'Ancien Régime, l'usage voulait que l'on embaumât les cœurs des rois et des princes. L'église Saint-Louis des Jésuites eut le privilège de conserver les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. A la Révolution, les reliquaires furent envoyés à la fonte, et leur contenu fut vendu à un peintre, Alexandre Paul de Saint-Martin, à la recherche de couleurs rares pour ses tableaux, obtenues par le mélange d'huile et de matière organique broyées prélevées sur des momies. Le peintre eut l'idée de les remplacer par les cœurs royaux momifiés. Il utilisa une partie du cœur de Louis XIV, celui de Louis XIII restant intact. A la Restauration, il restitua ce qu'il restait des cœurs et fut remercié par Louis XVIII qui lui offrit une tabatière en or !

Les "pailleurs", les "pistoliers" et les "hôtes de marque"
   L'auteur nous propose aussi de visiter la Cité et l'Ile-Saint-Louis. On découvrira dans la Conciergerie le couloir des prisonniers où les détenus pouvaient se promener à leur guise. Il y avait trois catégories de détenus, classés en fonction de leurs ressources financières: les "pailleurs" logeaient sur la paille, sans lumière, au milieu des rats et de la vermine; les "pistoliers" obtenaient un lit, en échange de quelques pistoles, dans des cellules à quatre ou cinq; les "hôtes de marque" avaient quant à eux droit à de confortables cellules individuelles et des repas soignés. La chapelle des Girondins doit son nom aux vingt et un Girondins qui y passèrent leur dernière nuit à  banqueter avant leur exécution du 30 octobre 1793, près du corps de leur compagnon Dufriche-Valazé qui s'était poignardé en entendant la sentence du Tribunal.

La cour des Miracles
   Une autre ballade nous permet de découvrir la prison du prieuré Saint-Martin. On y enfermait les jeunes gens dont les parents avaient à se plaindre, les jeunes filles en tenues indécentes. Au XVIIIème siècle, à la demande de la Compagnie des Indes qui désirait repeupler la Louisiane, nombre de ces filles furent embarquées pour le Nouveau Monde, après avoir été mariées contre leur gré à des garçons sortis des prisons parisiennes. La cassette royale leur fournissait parfois un trousseau, d'où l'expression de "filles du roi" ou "filles de la cassette" qui leur était donnée. Quant à la fameuse cour des Miracles, qu'évoque Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris, on la trouvait en bordure de la place du Caire. Ce n'était alors qu'une cour fangeuse et puante, entourée de maisons misérables, accessible seulement par des ruelles tortueuses. Des rues en rappellent le souvenir: la rue de la Grande-Truanderie, de la Petite-Truanderie, Vide-Gousset…

Des pains d'épices en forme de cochons
   Le quartier de la Bastille et du faubourg Saint-Antoine offre aussi son lot de curiosités. Un jour, Philippe de France, fils aîné du roi Louis VI le Gros, se promenait dans le faubourg Saint-Antoine. Un pourceau errant dans la rue effraya son cheval qui fit un brusque écart. Le prince tomba lourdement au sol et se brisa les reins. Il mourut le lendemain, le 14 octobre 1131. Fou de douleur, le roi signa une ordonnance interdisant la présence de porcs dans les rues. Les moines de Saint-Antoine conservèrent cependant le droit de laisser gambader leurs cochons sous réserve d'être munis d'un collier avec une clochette pour avertir les passants. En reconnaissance, les moines prirent l'habitude de donner à leurs pains d'épice la forme d'un petit cochon ! La Foire aux pains d'épices venait de naître.

   Lisez ce livre! Il est une formidable invite à découvrir un Paris absolument passionnant!

Robert Spieler