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L'histoire oubliée des guerres d'Italie

978-2-916727-49-3

Jacques Heers

Nouveau

Marignan, 1515, tout le monde connaît la victoire de François Ier, mais que sait-on des trois cents ans de guerres de 1250 à 1550 entre la France et l’Italie ? Médiéviste éminent, spécialiste de l’histoire italienne, Jacques Heers lève le voile de ces querelles à travers la saga endiablée des alliances et déchirements successifs entre les soeurs latines du continent européen.

Résumé

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24,50 €

Fiche technique

Pages208
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionavril 2009

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Jacques Heers nous a quittés le 10 janvier 2013

 

    Marignan, 1515, tout le monde connaît la victoire de François Ier mais que sait-on des trois cents ans de guerres de 1250 à 1550 entre la France et l’Italie ?
Médiéviste éminent, spécialiste de l’histoire italienne, Jacques Heers lève le voile de ces querelles à travers la saga endiablée des alliances et déchirements successifs entre les sœurs latines du continent européen.
De Charles d’Anjou à Naples au rêve de royaume méditerranéen, de la Sicile à la croisade contre le roi d’Aragon, de Jeanne Ière et ses quatre maris aux campagnes du fameux roi René, ce sont les fortunes et infortunes des rois de France Charles VIII, Louis XII et François Ier que révèle ici l’historien pour les décrypter. Avec la guerre, le nerf de la guerre, les hommes de guerre, les arts de la guerre. Après la géopolitique, la stratégie et la tactique cèdent le pas aux enjeux humains de ces conflits meurtriers. De la levée féodale à l’armée royale, le manque d’hommes va de pair avec l’avènement des condottieres, fiers capitaines d’aventures dont Jacques Heers s’éprend tant leur histoire recèle d’anecdotes savoureuses et de comportements chevaleresques ou barbares. De même, ne reste-t-il indifférent à cette furia française dont la quête d’honneur et de gloire aura tant divisé l’Occident chrétien.

L’auteur

   Agrégé d’histoire, Jacques Heers a été professeur aux facultés des lettres et aux universités d’Aix-en-Provence, d’Alger, de Caen, de Rouen, de Paris X-Nanterre et de la Sorbonne (Paris IV), directeur du Département d’études médiévales de Paris-Sorbonne. Il a publié récemment Le clan des Médicis (Perrin, 2008).

Dans la presse

L’Homme nouveau, n°1447, 6 juin 2009

   Les guerres menées par les rois de France en Italie, de Charles VIII à François Ier, ont leurs heures de gloire (Marignan, 1515) et leurs désastres (Pavie, 1525, où le roi est fait prisonnier). Le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, en 1527, est une honte, dont on ne peut faire porter la responsabilité à l’empereur. Jacques Heers, un des meilleurs spécialistes de l’histoire italienne médiévale et moderne, raconte à nouveau cette histoire, mais il le fait en la replaçant dans la suite des temps.
En effet, on ne peut réduire ces guerres d’Italie au XVIe siècle. Il faut se souvenir que le royaume de Naples fut français pendant plus d’un siècle, de 1226 à 1380, et que « par la suite, pendant encore cent ans, quatre princes d’Anjou, de la dynastie capétienne, de Louis Ier à René, ont engagé des sommes considérables et mené plusieurs campagnes en Italie ».
Les campagnes de Charles VIII, Louis XII et François Ier n’apparaissent plus alors comme des expéditions militaires, réussies ou malheureuses, mais comme le prolongement d’une politique ancienne. Les motivations ont certes varié au fil du temps. À l’origine, en 1226, Charles d’Anjou, frère de saint Louis, entre dans Naples avec ses troupes parce qu’il a répondu à l’appel du pape Clément IV qui avait appelé à la croisade pour chasser les Impériaux d’Italie.
Jacques Heers raconte la suite des guerres en expliquant clairement les enjeux et les rivalités. Il est sévère pour François Ier et son « alliance impie » avec les Turcs. Mais il conclut avec pertinence qu’une des causes principales des guerres d’Italie a été « la rivalité entre rois et empereur pour mettre la main sur la papauté ».
Yves Chiron

Nouvelle Revue d’Histoire, n°43, juillet-août 2009

   Le grand public cultivé a retenu des guerres d’Italie l’épisode de Marignan, la venue en France de Léonard de Vinci, le désastre de Pavie, les exploits héroïques de Bayard et, peut-être, la furia francese qui décida de la victoire de Fornoue. La lecture traditionnelle de cet épisode le place sur une séquence d’une soixantaine d’années, du règne de Charles VIII à celui d’Henri II. Dans ce nouvel ouvrage, Jacques Heers révèle à quel point la réalité fut plus complexe. Grand pourfendeur d’idées reçues, attaché à « déconstruire » les lectures par trop conventionnelles de notre histoire nationale, il rappelle tout d’abord que la France fut présente à Naples dès le XIIIe siècle, quand la papauté mobilisa la maison d’Anjou contre les héritiers de son adversaire défunt, Frédéric II de Hohenstaufen. Il montre aussi comment cette présence au sud de l’Italie s’inscrit dans la grande politique méditerranéenne qui voit notamment Philippe III le Hardi déclencher la croisade d’Aragon contre un souverain qui va finalement s’imposer à Naples, en Sicile et en Sardaigne. Les initiatives des souverains français de la fin du XVe et du début du XVIe siècle sont ainsi revisitées dans la perspective de la récupération d’un héritage, celui du trône angevin de Naples ou celui des Viconti de Milan, davantage que dans une logique territoriale alors anachronique. C’est en effet après s’être épuisés dans une lutte sans espoir au-delà des Alpes que les rois de France comprirent, avec Henri II, qu’il fallait se tourner de préférence en direction du Rhin, en faisant le choix de la continuité territoriale chère à Richelieu. Outre cette dimension « géopolitique » qui, faute d’être perçue à l’époque, explique dans une large mesure l’échec des tentatives françaises en Italie, Jacques Heers présente, dans une lumineuse quatrième et dernière partie de son ouvrage, les caractéristiques structurelles de ces conflits. Au moment où s’épuise le modèle des armées féodales, le condottiere devient la nouvelle figure du guerrier. Après ses travaux sur l’interprétation globale du « Moyen Âge », les Croisades ou Louis XI, l’auteur de Gênes au XVe siècle revient ainsi vers ses premiers centres d’intérêt, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.
Philippe Conrad

Le Bulletin des lettres, n° 683, août-septembre 2009

   Un livre de Jacques Heers ne laisse jamais indifférent. Ce dernier excelle à dénoncer les idées reçues et rectifier les légendes. C’est à la vision traditionnelle des Guerres d’Italie qu’il s’en prend cette fois. Dans tous nos manuels l’expression est réservée aux expéditions outre-monts conduites par Charles VIII, Louis XII et François Ier entre 1494 et 1547. Or, selon notre historien, ces « tristes aventures des rois de France » se ramènent à « quelques semaines ou tout au plus quelques mois d’occupation très mal supportée par les populations ». Et elles ont été exagérément magnifiées par l’historiographie tant royaliste que républicaine.
En revanche celle-ci ne s’est guère intéressée aux exploits de Charles Ier d’Anjou et de ses successeurs, qui, pendant presque un siècle (1265-1343), ont régi un royaume de Naples florissant et fait rayonner l’influence française dans tout le bassin méditerranéen. La haute figure du frère de saint Louis, brutal, ambitieux, mais grand administrateur et mécène, domine la première partie du livre, la plus développée. Après un chapitre de transition un peu laborieux, tellement sont confuses les péripéties italiennes des XIVe et XVe siècles, nous retrouvons les traditionnelles « Guerres d’Italie », pour finir sur un aperçu synthétique de « l’art de la guerre ». M. Heers utilise avec talent et sens critique les multiples chroniques, mémoires, panégyriques, relations de toutes sortes, qu’il cite longuement et dans la langue savoureuse de l’époque. Ainsi cette plongée dans la vie tourmentée de la péninsule, tout en bousculant nombre d’idées toutes faites, nous remet-elle en mémoire des épisodes souvent oubliés et fait-elle revivre des personnages méconnus.
Pierre Bérard

Famille chrétienne, n°1652 du 12 au 18 septembre 2009

   Les rapports entre la France et l’Italie remontent, c’est bien connu, aux Gaulois cisalpins, nos cousins, et à la conquête de notre pays par les Romains. Il y eut une période de trois cents ans plus confuse et que nous, Français, connaissons assez mal : celle qui va de 1250 à 1550. L’historien Jacques Heers nous la raconte avec brio, malgré la profusion de personnages et la complexité des querelles et des alliances (avec ou contre le pape, avec ou contre la Hongrie… mais toujours contre les rois d’Aragon).
Avant les combats du roi René, héritier des Angevins à Naples et en Sicile, avant les campagnes de Charles VIII et de Louis XII, avant la bataille de Pavie où François Ier perdit tout « fors l’honneur », il y eut le rêve d’un royaume, au centre de la Méditerranée, dans la pointe de la Botte et sur cette survivance de la Grande Grèce arrachée aux Sarrasins : la Sicile insulaire. Le « rêveur » était le frère de saint Louis, Charles d’Anjou, dont le descendant, Charles de Calabre, fut le père de la dernière reine angevine de Naples : Jeanne (« aux quatre maris »).
Gérard Guicheteau

Valeurs actuelles, n° 3801, 1er octobre 2009

   Marignan 1515 et de malheureuses expéditions d’où surgit la Renaissance. Voilà où s’arrêtent nos connaissances sur les guerres d’Italie. Mais, Jacques Heers le rappelle, ces guerres ne peuvent se réduire au XVIe siècle. Elles durèrent trois siècles, de 1250 à 1550, et Naples fut française pendant deux cents ans ! Une sérieuse mise au point sur ces guerres, dont le but ultime était le contrôle de la papauté. Superbe chapitre sur l’art de la guerre, les hommes et les capitaines.
Frédéric Valloire

Lecture et tradition, n°381-382, novembre-décembre 2009

   Pour la grande majorité des Français, les guerres d’Italie se situent au début du XVIe siècle. On se rappelle quelques belles chevauchées sans lendemain, la furia francese, sans connaître la bataille de Fornoue où les Italiens de la Ligue de Venise rendirent hommage, par ces mots, à la vigueur de nos soldats, et l’année de Marignan reste une des dates rarissimes qu’on connaisse, en général, avant la Révolution.
Le livre de Jacques Heers vient combler une ignorance et rectifier une vision erronée de l’histoire. Réduire les guerres d’Italie au XVIe siècle a permis de faire croire qu’avant l’aventure de Charles VIII les Français ignoraient tout de la littérature et de l’art transalpins. Le mythe de la Renaissance serait sorti de là. [...]
« Ces guerres, écrit Jacques Heers dans sa conclusion, font bien partie de notre histoire. » Les Capétiens n’auraient pas songé par eux-mêmes à cette conquête italienne pour laquelle ils n’avaient aucun droit. « En répondant au pape français Clément IV et en devenant son vassal, Charles d’Anjou n’était que le bras séculier de l’Église et ces guerres d’Italie s’inscrivent dans le conflit plus que séculaire qui opposait la papauté à l’empire. »
Par ce livre consacré à une période peu connue et qui a le mérite d’être clair, l’historien Jacques Heers comble une lacune. Il contribue à sortir l’histoire du carcan établi par Michelet et Lavisse.
Gilles de Grépiac