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Une affaire d'honneur, l'affaire Dreyfus

978-2-916727-00-4

Yves Amiot

Nouveau

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25,50 €

Fiche technique

Pages266
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionjuin 2006

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Avec un cahier photos de 8 p.

Alfred Dreyfus (1859-1935) :
- un capitaine qu’en apparence tout accable : enquêtes, expertises, témoignages, aveux mêmes,
- un accusé innocenté après avoir été par deux fois reconnu coupable.
Cent ans après sa réhabilitation, il fallait un œil neuf d’essayiste et d’historien pour retracer le destin d’un homme pris aux pièges des conflits idéologiques et politiques de son temps, otage de ses partisans, otage de ses détracteurs.

   En démêlant ce dossier complexe par un vrai retour aux sources, Yves Amiot en éclaire les implications et notamment celles qui portèrent au pouvoir une coalition d’intérêts peu en rapport avec les enjeux personnels et moraux d’une affaire d’espionnage au profit de l’Allemagne.

L’auteur

   Né à Paris en 1935, Yves Amiot, parallèlement à une carrière consacrée aux questions industrielles et financières, a mené à bien une œuvre littéraire importante qui a retenu l’attention par son originalité, sa rigueur et la qualité de son écriture. De son premier roman Le gouverneur de Judée, paru en 1983 chez José Corti, à Ordalie 71, l’auteur traque ceux qui cherchent à travers les pouvoirs la réponse aux questions qu’ils n’osent se poser. Le Solitaire, un janséniste sous la Révolution a été couronné par l’Académie française en 1987.

   Yves Amiot a également collaboré à Paroles de croyants.

Dans la presse

Monde et vie, n°766, 15 juillet 2006

   Soupçonné d’être l’auteur d’une lettre annonçant à un agent étranger l’envoi de documents militaires, le capitaine Alfred Dreyfus fut condamné par un conseil de guerre à la déportation en 1894. Renvoyé devant un nouveau conseil de guerre à Rennes à la suite d’une campagne du sénateur Scheurer-Kestner et de Zola (« J’accuse »), il est à nouveau condamné en 1899 à dix ans de détention. Après une nouvelle instruction, la Cour de cassation annule le jugement en juillet 1906.

   Il faut situer le contexte de scandales financiers, de corruption politique, de subversion révolutionnaire pour mesurer la portée sociale expiatoire d’une condamnation peu encline à juger sur le fond une affaire d’espionnage somme toute assez banale. Panama, financiers israélites compromis, anticléricalisme et spéculation, la logique du bouc émissaire le dispute ici à la pure erreur judiciaire. Mais fut-ce réellement une erreur judiciaire ? Le faux bordereau suffit-il à l’établir ? Comment un officier qu’en apparence tout accable (enquêtes, expertises, témoignages, aveux mêmes) peut-il être innocenté après avoir été par deux fois reconnu coupable ?

   Cent ans après la réhabilitation de Dreyfus, Yves Amiot retrace le destin d’un homme pris aux pièges des conflits idéologiques et politiques de son temps, otage de ses partisans, otage de ses détracteurs. En démêlant ce dossier complexe par un vrai retour aux sources (documents et témoignages), il en éclaire les enjeux et les implications notamment celles qui portèrent au pouvoir une coalition d’intérêts peu en rapport avec les réalités personnelles et morales d’une affaire d’espionnage au profit de la Prusse.

   Pour l’auteur, jamais depuis 1906 la fracture entre pays légal et pays réel, intérêts économiques et bien commun, France d’en-haut et France d’en-bas, n’a été aussi forte. Il semblerait même qu’en opposant durablement anti-capitalisme de droite et de gauche, en jetant le discrédit sur l’armée, l’Affaire Dreyfus ait durablement frayé la voie au déclin français.

NRH, Nouvelle Revue d’Histoire

Yves Amiot est bien connu pour ses ouvrages historiques (La capture) et pour des romans qui ont révélé son grand talent d’écrivain. Dans cet ouvrage, il s’emploie à démêler l’écheveau incroyablement complexe et passionnel d’un fait divers d’espionnage devenu une affaire politique de première grandeur. L’auteur replace celle-ci dans le cadre préalable du scandale de Panama et des transformations de la société française qui se divisa en deux camps avec une extrême violence pendant dix ans. Du côté des « révisionnistes », des idéalistes, des républicains, des socialistes et des universitaires qui voyaient dans l’affaire l’occasion d’abattre la caste militaire. De l’autre, les nationalistes soucieux de la « revanche » contre l’Allemagne, hostiles, au nom de la « raison d’État », à toute révision du procès qui avait condamné le capitaine Dreyfus en 1894. Se joignaient à eux les « antisémites » (Édouard Drumont) et une opinion catholique qui voyaient dans les Juifs les inspirateurs de la politique anticléricale de la IIIe République. La révision du procès Dreyfus (12 juillet 1906) et la réhabilitation de l’officier prirent l’allure d’une victoire républicaine sur la réaction militariste et cléricale. Elle avait préalablement entraîné la formation du « Bloc des gauches » qui triompha aux élections de 1902 et imposa la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Elle eut également pour conséquence de rallier à la République les milieux socialistes qui campaient dans l’opposition depuis la répression de la Commune.

Charles Vaugeois