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L'autre visage de Louis Massignon

978-2-916727-89-9

Laure Meesemaecker

Nouveau

En stock

20,50 €

Fiche technique

Pages180
Dimensions13.5 x 20.5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2011

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   Orientaliste français de notoriété mondiale, Louis Massignon (1883-1962) est l’un des pères les plus respectés de l’islamologie moderne. Homme de science, homme de lettres, homme d’Église, il explore toute sa vie les zones de contact entre islam et christianisme avec le souci d’une mise en valeur de leurs convergences, en particulier à travers les figures d’Abraham et du mystique soufi Hallaj. Lié à Charles de Foucauld qui l’attendit vainement pour lui succéder au désert, il participe à la vie intellectuelle et sociale entre Paris et Moyen Orient durant près de cinquante ans, autour d’écrivains comme Paul Claudel, François Mauriac, Taha Hussein, de poètes comme Jean Cocteau, Mohammed Iqbal, de philosophes tels Jacques Maritain ou Gabriel Marcel, de théologiens comme Jean Daniélou, de savants comme Théodore Monod et d’hommes politiques tel Edmond Michelet.
   Analysant ici, à rebours, les moments clefs de la vie et de l’œuvre de Massignon, Laure Meesemaecker en aborde les enjeux littéraires, esthétiques et moraux, levant le voile sur une personnalité complexe et contrastée.
   Sa spiritualité de l’“Hospitalité”, son œcuménisme : «il nous faut nous rapprocher d’une chose non en nous mais en elle», ont-ils rendu compte de la vérité religieuse et humaine de l’islam et du catholicisme ? Constituent-ils une base solide, une réponse encore actuelle aux défis du dialogue entre islam et christianisme, entre islam et modernité ? Sa vision des origines et de l’évolution de l’islam, son empathie profonde avec le monde arabe, n’ont-elles pas éludé les contradictions d’un islam tiraillé entre exégèse progressiste et fondamentalisme politique ? À l’appui de nombreux documents et correspondances inédites, l’auteur de cette étude s’attache à décrypter les motivations méconnues d’un homme et de son héritage.

   Agrégée de lettres, comparatiste spécialisée dans les domaines russe et arabe, Laure Meesemaecker est maître de conférences à l’ICES à La-Roche-sur-Yon et publie ici le fruit de sa thèse à portée du grand public.
   Avec une préface de Ghaleb Bencheikh.

 Dans la presse

L’Homme nouveau, n° 1509 du 14 janvier 2012

   Maître de conférences à l’ICES, Laure Meesemaecker publie ici sa thèse de doctorat (Louis Massignon au jardin de la parole, Paris, 2003) dans une version condensée à destination du grand public cultivé. S’inspirant sans doute de son objet d’étude qui pratiquait une sorte de poétisation du discours scientifique, Laure Meesemaecker utilise un vocabulaire et un style recherchés dont la densité est renforcée par l’absence de chapitres de ce livre. Orientaliste français, professeur au Collège de France, Louis Massignon (1883-1962) est l’un des pères de l’islamologie contemporaine. Proche de personnalités du courant démocrate-chrétien comme Paul Claudel, François Mauriac, Jacques Maritain, Jean Daniélou ou encore Edmond Michelet, il appartenait à cette catégorie d’intellectuels qui pensèrent légitime et judicieux de rechercher les supposées convergences entre le christianisme, auquel il resta cependant fidèle, et l’islam. Analysant les moments clefs de la vie et de l’œuvre de Massignon, sous un angle essentiellement esthétique et littéraire, Laure Meesemaecker décrypte la complexité de sa personnalité (l’homosexualité) et de ses motivations psychologiques et intellectuelles (la quête mystique et existentielle). Bien que ne constituant pas le sujet principal de son étude, elle a raison d’évoquer le fait que son empathie avec le monde arabe et son œcuménisme religieux ont, sans doute, éludé les différences profondes entre les religions chrétienne et musulmane ainsi que les possibles contradictions d’un islam tiraillé entre une exégèse progressiste et une ontologie fondamentaliste.
Guillaume Bernard

Lecture et tradition, nouvelle série, n° 11, mars 2012

   Louis Massignon (1883-1962) est un des pères de l’islamologie moderne. Professeur au Collège de France et directeur à l’École pratique des hautes études, il fréquenta Claudel, Mauriac, Cocteau, Gabriel Marcel, Jacques Maritain. Ayant perdu la foi, il rencontra Huysmans, puis, travaillant sur le Maroc, correspondit avec le père de Foucauld. Une crise spirituelle le mena au bord du suicide et lui fit retrouver la foi. Mais quelle foi ? Parmi ses étudiants certains musulmans devinrent chrétiens, certains chrétiens se convertirent à l’islam et beaucoup en vinrent à un syncrétisme peu orthodoxe. Nous jetterons le manteau de Noé sur ses phantasmes mystico-érotiques.
   On le présente comme un savant, ce qu’il fut, en passant sous silence les autres aspects de son caractère et de son action. Le grand mérite du travail de Madame Meesmaecker est de restituer la personnalité de cet homme de haute culture : elle est complexe, contradictoire, troublante. Son œuvre influença pendant le Concile la Déclaration sur les relations de l’Église avec les Religions Non-Chrétiennes Nostra Ætate qui fut promulguée par le pape Paul VI (28 octobre 1965).
   Le pape Pie XI appelait Massignon un « catholique musulman » mais ne le sanctionna pas. Un homme tristement d’actualité.
Gérard Bedel