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Le roi est mort, vive le roi ! - Le roi au-delà de la mer

978-2-37271-130-2

Jean Raspail

Nouveau

20,00 €

Fiche technique

Pages172
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2019

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   Dans Le Roi est mort, vive le Roi !, Jean Raspail s’adresse à un jeune prince trentenaire au plus, car «passé cet âge, l’on se met à penser chacun de ses actes, on lime son cœur, on tue son âme, on se trahit à chaque instant, car nul ne peut mener sa vie autrement en ces temps qui sont nôtres». Et c’est l’Appel d’un homme libre au Roi qui retentit ici à l’oreille d’un Prétendant qui oserait enfin crânement se déclarer le premier et esquisser un geste pour tirer du néant le principe royal par cette grâce divine qui fit les rois de France, et qui échappera toujours au pouvoir des hommes. Il suffirait pour cela d’un peu de mémoire historique, d’un peu de courage, d’un peu de fierté, d’amour-propre, le tout chapeauté par un certain goût pour la belle attitude.

   Natif de Chemillé en 1925, Jean Raspail est l’un des plus célèbres de nos écrivains et explorateurs. Auteur mythique du Camp des saints, il revisite ici sa foi royaliste à l’aune de l’histoire de France et des «prétendants endormis» au Trône. Un manifeste ultime et décapant !

Du même auteur :

Les veuves de Santiago 
Secouons le cocotier 
Bleu caraïbe et citrons verts 
La hache des steppes 
Nuage Blanc et les Peaux-Rouges d'aujourd'hui 
Terres saintes et profanes   

Dans la Presse

Famille Chrétienne, n°2179, semaine du 19 au 25 octobre 2019

   Après avoir imaginé son sacre une nuit de février 1999 (Sire), Jean Raspail interpelle ici, dans cette réédition légèrement augmentée, le prétendant – un prétendant, peu importe lequel – qui, montant sur le trône de France, lui redonnerait son âme. D’une plume pleine de panache, l’auteur signe un ardent plaidoyer monarchiste. « Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse, triste au fond de la forteresse oubliée », écrit-il. S’il reconnaît « le caractère chimérique d’une telle entreprise », Raspail veut quand même y croire. Et rappelle à ses lecteurs qu’il ne faut jamais s’avouer vaincu.
Élisabeth Caillemer

Le Figaro, 19/20 octobre 2019

   L’écrivain Jean Raspail se penche sur son œuvre abondante. Après Le roi est mort Vive le roi, réédition du Roi au-delà de la mer (éditions Via Romana), il republie un livre dont le titre intriguera les lecteurs : ce roman, paru il y a 20 ans sous le nom d'Hurrah Zara (Albin Michel), ressort sous un titre générique, Les Pikkendorff, dévoilant un pan de l’histoire de cette famille dont les membres parcourent et illustrent une part de l’œuvre romanesque de Raspail, et dont la belle devise lui ressemble : « Je suis d’abord mes propres pas. »
   L’ouvrage paraîtra le 31 octobre chez Albin-Michel.

Monde & Vie, 24 octobre 2019, n°977

   Raspail n’est pas un homme de dogmes, mais un gentilhomme de principes. Tenue, geste et attitude, voilà les maîtres mots de son œuvre. Avec panache, c’est le principe royal qu’il tente de ressusciter à travers Le Roi est mort, vive le roi !. Une belle réédition de son Roi au-delà de la mer (Via Romana).

   Au siècle de Louis XV, les tuniques rouges patrouillaient en Écosse. La fidélité des Jacobites aux Stuarts était une foi proscrite. Leurs princes vivaient en exil en France ou en Italie. Alors, dans les banquets, lorsqu’il fallait porter le toast réglementaire à l’usurpateur, nos rebelles en tartan faisaient discrètement passer leur verre au-dessus d’une carafe d’eau, rendant ainsi hommage non au souverain félon, mais au prince légitime!: le roi au-delà de la mer.
   Le Roi est mort, vive le roi! est la réédition du Roi au-delà de la mer, paru initialement en l’an 2000, et agrémenté aujourd’hui d’une préface étincelante dans laquelle Raspail en dit davantage sur sa conception du royalisme. Dans ce roman épistolaire, le consul de Patagonie correspond avec le prince. Oui mais lequel!? Un certain Pharamond, comme dans Sire. La nouvelle préface, rédigée en 2019, nous apprend que ce roi moins que trentenaire, c’est en fait le prince Jean, jeune. «C’est à lui que j’ai pensé en écrivant en l’an 2000 Le Roi au-delà de la mer, et c’est aussi en pensant à lui que je réédite ce livre doté d’un second titre jumelé et de pages supplémentaires, car j’avais encore beaucoup à dire…!». Ce n’est peut-être pas ce coming-out en faveur du comte de Paris qui retiendra le plus l’attention du lecteur; il devra encore moins fâcher les partisans des Blancs d’Espagne (dont je suis), car, au fond, l’essentiel est ailleurs…
Restaurer le principe
   À la manière d’un La Varende, Raspail est un royaliste fervent qui ne tombe pas dans l’idolâtrie des princes. C’est le principe qui compte. On a eu beau couper la tête de Louis XVI, un réflexe royaliste s’est maintenu chez certains Français, en témoigne la foule du 21 janvier 1993, place de la Concorde, à l’appel de… Raspail! Mais le prince du roman, lui, est seul. Roi légitime, il n’a reçu ni l’onction du sacre, ni la sainte ampoule médiatique: les Français ignorent jusqu’à son nom. Raspail lui conte des histoires de restauration perdue, de chouannerie désespérée: la charge des Jacobites à Culloden (1746), l’équipée vendéenne de la duchesse de Berry en 1832. Pharamond a encore moins de chances que ces vaincus du passé. Il ne peut reconquérir d’un trait son royaume, rétablir la monarchie et s’installer dans les Tuileries, qui d’ailleurs n’existent plus. Il doit se contenter, et c’est l’essentiel pour Raspail, d’incarner le principe royal, de rendre manifeste le «royaume invisible», parallèle. En bref, à défaut de gouverner sur les hommes, le roi doit au moins régner par le geste et la geste, par l’attitude et l’altitude. Prendre de la hauteur, c’est ce que conseille Raspail à son prince de papier en lui faisant prendre un exil volontaire dans les Hautes Terres d’Écosse. Les Stuarts déchus avaient quitté Édimbourg pour Saint-Germain-en-Laye? Un Bourbon authentique peut bien aller respirer l’air des Hébrides. Là-bas, loin, si loin, le roi peut se tenir franchement à l’écart de la politicaillerie et des mondanités, de la finance et du papier glacé. Là-bas, il fait flotter ses couleurs, il assume l’héritage en même temps qu’il est ailleurs, inatteignable. Le principe est sauf, les Français peuvent rêver de lui.
Le royaume n’est pas de ce monde
   On le voit, ce prince n’est pas un politique. Ce n’est pas un roi de coup de force, mais c’est un peu un roi de coup de main. Depuis son exil, avec quelques fidèles, il reprend possession, symboliquement, du royaume de France en faisant parsemer les côtes bretonnes de mâts aux couleurs fleurdelisées. Symboles, toujours. Le roi peut même, s’il est audacieux, tenter de reprendre un morceau de France, un confetti maritime, une petite île des Côtes d’Armor qui devient, par sa présence et par son geste, «le royaume de France». Dans le scénario imaginé par Raspail, les choses se gâtent car la République ne comprend rien à la poésie. Elle se défend bien, elle attaque, envoie ses gendarmes et ses hélicoptères, prend d’assaut l’îlot de Saint-Trec. La résistance est magnifique, elle est aussi désespérée. Alors, pourquoi? Pourquoi ces frémissements, ces drapeaux déployés, ces proclamations envoyées, si cette restauration était vouée à l’échec? Ce prince n’était pas politique. Raspail non plus, finalement, il est au-dessus de ces chicanes. Le royaume n’est pas de ce monde. Raspail ne propose pas de solution, il se contente d’écrire, superbement, et d’imaginer. Il dresse pour nous un horizon bleu et blanc, maritime, baigné de brumes desquelles surgira peut-être, si la France est d’abord restaurée, le roi au-delà de la mer… Le reste n’est que littérature.
François La Choüe

Valeurs Actuelles

Fleurs de lys au vent
Jean Raspail réédite sa profession de foi monarchiste dans Le roi est mort, vive le roi !. Du royalisme comme un devoir d’insurrection face à la médiocrité des temps.
   On connaît la conviction royaliste de Jean Raspail, réaffirmée récemment dans notre hors-série sur la Révolution. On se souvient qu’il avait su donner, le 21 janvier 1993, une visibilité particulière à la rémanence de l’idée royale en organisant, place de la Concorde, sur le lieu même où Louis XVI avait été guillotiné, un magnifique hommage. Et qu’il avait, en 1991, incarné cette espérance royale dans son roman Sire, "sorte de chevauchée dans le rêve".
   L’incarnation, en monarchie, tout est là. S'il n'y a pas un prince devant qui ployer le genou, l’idée monarchique n’est qu’une rêverie dans le pire des cas, un principe dans le meilleur. Jean Raspail ne veut pas s'y résoudre. Car à l’anarchie, la dissension et bientôt la partition auxquelles semble condamné notre pays, il demeure convaincu qu’il existe un remède, et un style : "A la France il faut un roi !"
   C’est pourquoi il réédite le manifeste paru en 1999 sous le titre Le roi au-delà de la Mer (tandis qu’ Albin-Michel republie deux de ses romans L’anneau du pêcheur et les Pikkendorff, nouveau titre qui remplace heureusement Hurrah Zara !). Plus qu’un manifeste, le texte est avant tout un appel au jeune prince qui incarne l’espérance monarchique à assumer pleinement sa condition royale. Pour ne fâcher aucune des branches qui se disputent la légitimité en France, Raspail a inventé un cousin de papier à leurs deux représentants, et c’est à lui qu’il s’adresse.
   Il lui vante la dimension sacrale de la monarchie, en vertu de laquelle le prince ne saurait se dérober à ce qu’il incarne : "Le roi de France est le roi, comme l’eau est l’eau, comme le feu est le feu, par la volonté divine exprimée et confirmée par le sacre de tous les souverains qui vous ont précédé […] Vous n’êtes pas maitre de votre condition […] Vous n’avez pas d’autre choix honorable d'accepter, et la fidélité de tous vous est due, même si vous ne la rencontrez jamais.» Mais l’écrivain mesure aussi la distance qu’il y a de la France d’aujourd’hui à cette conception sacrale, et la difficulté qu’il y a pour un prétendant à y être autre chose qu’un prince de magazine.
   C’est pourquoi il ouvre une autre voie : "être le roi au-delà de la mer" qui règne par "le pouvoir de l’absence", cette absence sans quoi il n’y a pas de désir possible. Et puis aussi, peut-être, répondre à ce désir par un coup d’éclat, dont l’écrivain donne en concluant une version romantique. Le livre bascule alors dans une pure fiction, ingénue peut-être, mais qui a la vertu, comme toujours chez Raspail, de claquer la porte à la tentation de la tiédeur: car, "quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter une dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée ailleurs. »
Laurent Dandrieu