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Le goût d'autrui

978-2-916727-86-8

Ghislain de Diesbach

Nouveau

J’ai contracté ce qu’un de mes amis appelle joliment « le goût d’autrui », et j’aime à dépeindre des personnages qui, s’ils ne défrayent pas la chronique littéraire ou mondaine, offrent tant de singularités dans leur caractère ou leur vie que je regretterais de voir leur souvenir s’effacer.

Résumé

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20,50 €

Fiche technique

Pages377
Dimensions13.5 x 20.5 cm
Couverturesouple
Date de parutionoctobre 2010

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   J’ai contracté ce qu’un de mes amis appelle joliment « le goût d’autrui », et j’aime à dépeindre des personnages qui, s’ils ne défrayent pas la chronique littéraire ou mondaine, offrent tant de singularités dans leur caractère ou leur vie que je regretterais de voir leur souvenir s’effacer.
   Le lecteur trouvera donc dans cette série de portraits, nourris d’anecdotes et tracés un peu à la façon de John Aubrey dans ses Brief Lives, des figures aussi disparates que celles d’un Paul Morand ou d’un jeune gangster, du couple Jouhandeau et d’un tyrannicide, Arco-Valley, d’une Marie-Laure de Noailles ou d’un maître d’hôtel noir, saisi par le snobisme comme M. Le Trouhadec par la débauche.

   Historien renommé, biographe et essayiste, Grand Prix de la biographie de l’Académie française pour son Proust en 1992, Ghislain de Diesbach est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parmi lesquels un Petit dictionnaire des idées mal reçues, et trois livres de souvenirs :  Une éducation manquée (1931-1948), Gare Saint-Charles (1949-1957), et Un début à Paris (1957-1966).

Du même auteur :

Le grand Mourzouk 
Iphigénie en Thuringe 
Jules Verne politiquement incorrect ? 

Dans la presse

L’Homme Nouveau, n°1481, 20 novembre 2010

   Il faut beaucoup plus de talent qu’on ne le croit habituellement pour savoir écrire un portrait. Cet art d’Ancien Régime, où l’on parle à tous sur le ton de la confidence, en donnant l’impression de s’entretenir dans un salon avec son seul lecteur, exige autant de talent de plume que de sens de l’observation, de mémoire que de goût du détail. Les « portraits anecdotiques » que nous offre dans ce nouvel ouvrage Ghislain de Diesbach en diront davantage sur cet exercice que bien des manuels. Non seulement, l’auteur semble avoir côtoyé tout le monde, depuis la comtesse de Paris jusqu’à Karen Blixen en passant par Jean-François Chiappe, Ernst Jünger, André Fraigneau ou Bernard Faÿ, et bien d’autres, mais il parvient toujours à séduire son lecteur par l’épisode qui révèle mieux un personnage que bien des biographies insipides. La vie renaît sous la plume de Ghislain de Diesbach, avec de détachement typiquement classique qui parvient à aller à contre-courant sans en avoir l’air.
Benoît Maubrun

Polemia, 20 décembre 2010

   [...] Drolatiques et souvent incisifs, voire cruels car le peintre cultive non seulement la compagnie d’autrui mais aussi l’ironie mordante, ces « portraits anecdotiques » sont-ils véridiques ? Je peux en attester, pour avoir connu certains de leurs sujets. Les historiens Jean-François Chiappe et Marina Grey-Denikine, son épouse, qui furent des amis chers et qu’il évoque de manière très vivante, sensible et affectueuse, Mgr Ducaud-Bourget ou le « Rhénan » Joseph Breitbach, ancien marxiste auteur d’une pièce d’un féroce anticommunisme, Derrière le rideau. Encore que « bien construite, avec des dialogues incisifs, des situations cocasses », cette pièce fut descendue en flèche par la critique : « S’attaquer au communisme et surtout au grand Aragon était un crime de lèse-majesté, odieux aux bien-pensants », oublieux « qu’il n’y a pas de liberté durable si l’on ne combat chaque jour pour elle », rappelle notre mémorialiste.
   Lequel se montre beaucoup moins aimable en revanche pour quelques fausses gloires comme Marie-Laure Bishoffheim, vicomtesse de Noailles, poétesse médiocre et pique-assiette redoutable, courtisant le Front Populaire puis Cohn-Bendit. Eugène Ionesco, Chardonne et les Jouhandeau ne sortent pas non plus grandis de cette galerie de portraits, alors que sont très nuancés et parfois admiratifs ceux de Benoist-Méchin, de Paul Morand, d’Arno Breker, d’Ernst Jünger, et du « couple exceptionnel, uni par son attachement au souvenir de Laval, et cette fidélité politique était le gage de leur fidélité conjugale, ainsi que leur honneur à tous deux », que formaient René et Josée de Chambrun.
   Un livre tout à la fois profond et léger mais toujours spirituel, fresque intimiste d’un monde révolu.
Claude Lorne

NRH (Nouvelle Revue d’Histoire), n° 52, janvier-février 2011

          Une galerie de portraits brillantissimes
          Caustique, profond, léger, comique, ce livre est d’une drôlerie irrésistible.
          Le lecteur est partagé entre le fou rire et l’émotion.
   Avec Le Goût d’autrui, Ghislain de Diesbach propose une galerie de portraits politiques, littéraires et mondains gravés à l’acide. Œuvre d’historien? Certainement, mais surtout par l’art de mettre en évidence les ressorts de personnages peu ordinaires et d’une sociabilité héritée d’une autre époque.
   Jeune écrivain, Diesbach s’est frotté au monde littéraire, en fonction de ses coups de cœur et sympathies personnelles. Parmi les grands écrivains, Morand ou Jünger, découvert, celui-ci, à travers son Journal et envers lequel il se sentit pris d’une si vive admiration qu’après une première prise de contact, il partit pour l’Allemagne toutes affaires cessantes, dans la crainte que l’auteur d’Orages d’acier mourût avant qu’il l’eût approché. Crainte injustifiée, mais prétexte d’un portrait croustillant et inédit.
   Diesbach réservait une part de son intérêt aux épurés des Lettres. Benoist-Méchin, Fraigneau, Chardonne, Faÿ lui inspiraient plus d’intérêt que Bory ou Ionesco, exécuté en quelques lignes : « Rien de plus vexant que de voir les gens pour lesquels on éprouve une viscérale antipathie partager vos opinions politiques. On serait prêt à en changer pour mieux le détester avec bonne conscience ! »
   Des méfaits de l’Épuration, l’historien Jean-François Chiappe gardait, lui aussi, avec l’exécution de son père, préfet de Nîmes pendant l’Occupation, un souvenir qui orienta ses choix tout au long de sa vie, et lui ferma la voie des honneurs. Le riche chapitre que lui consacre Diesbach est une remarquable analyse d’une personnalité attachante, dont les extravagances concouraient à faire le charme. Le portrait de son épouse, Marina Grey, fille du général Dénikine, en est le complément nécessaire.
Parmi les couples de cette galerie, les Chambrun tiennent une place à part, tant par leur attachement conjugal que par leur fidélité à la mémoire de Pierre Laval. On sait que Josée de Chambrun était la fille du célèbre homme politique fusillé à la Libération.
   Il y a beaucoup de ridicules dans ce microcosme mondain ou littéraire, et plus d’une figure prête à la caricature. Diesbach ne  résiste pas, non par méchanceté ni par désir de l’effet de style, bien que certains personnages semblent tombés en plein XXe siècle d’un cabinet des antiques digne de Balzac ou de Barbey, mais parce que ces traits, quoique féroces, contribuent à peindre une atmosphère, un milieu et ses mœurs.
   Caustique, profond, léger, comique, riche en aphorismes, ce Goût d’autrui tient à la perfection le rôle que son auteur lui a assigné : « assurer à travers la postérité la survie d’êtres qu’on aurait aimé connaître ». C’est fait avec une drôlerie irrésistible, le lecteur étant partagé entre le fou rire et l’émotion.
Anne Bernet