Iphénie en Thuringe Agrandir l'image

Iphigénie en Thuringe LUXE

Ghislain de Diesbach

Nouveau

Edition de luxe, tirage limité
sur Vergé Conquéror.

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Résumé

29,00 €

Fiche technique

Pages240
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2016

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   Inspirées par le souvenir du Saint Empire romain germanique et de l’Allemagne romantique du XIXe siècle, ces douze nouvelles respectent un ordre chronologique allant du milieu du XVIIIe siècle avec Iphigénie en Thuringe jusqu’en 1900 avec D’Amour et d’argent. Écrits par Ghislain de Diesbach entre vingt-quatre et vingt-sept ans, et publiés par Julliard en 1960, ces récits d’une perverse ingénuité forment un livre étrange, à la fois érudit et frivole. À certains égards, c’est le plus autobiographique des ouvrages de l’auteur.
   Une œuvre littéraire de très fine écriture et maturité, avec des illustrations inédites de Philippe Jullian.

   Historien renommé, biographe et essayiste, Grand Prix de la biographie de l’Académie française pour son Proust, Ghislain de Diesbach est aussi l’auteur du Nouveau savoir-vivre publié chez Perrin en 2014, ainsi que du Grand Mourzouk réédité par Via Romana en 2015.
   Petit-fils de l’historien Camille Jullian, Philippe Jullian (1921-1977) fut chroniqueur mondain et artistique de son époque, mais aussi dessinateur et graveur de talent.

Du même auteur :

Petit dictionnaire des idées mal reçues 
Une éducation manquée : souvenirs 1931-1948
Gare Saint-Charles : souvenirs 1949-1957
Un début à Paris : souvenirs 1957-1966 
Le goût d'autrui 
Le grand Mourzouk 

Dans la presse

Le Figaro littéraire, 8 décembre 2016

Sissi chez « Les Diaboliques »

    GHISLAIN DE DIESBACH illustré par Philippe Jullian. Escortée par ces deux arbitres des élégances, la littérature prend sa carte du Jockey. Bonnes manières et usage impeccable de l’imparfait du subjonctif de rigueur. Ce recueil de nouvelles, qui date de 1960, avait valu à l’auteur, Diesbach, une jolie réputation que sont venues confirmer ses biographies de Proust, Ferdinand Bach et l’abbé Mugnier: le monde d’hier...
   Iphigénie en Thuringe, on croirait une pièce retrouvée d’Euripide ou de Robert Garnier. Celle qui nous occupe n’est pas une princesse grecque mais une jeune fille de la société allemande à l’époque où l’on parlait encore du Saint-Empire. Elle est l’héroïne de la première nouvelle. Les personnages des autres récits s’appellent Aurore de Graffenstatt, Conrad de Murten, ou Mathias Ratkowitz, tous nés sinon du côté de Gotha, du moins en plein dans celui-ci, si l’on entend par cette antonomase le gratin de l’Europe.
   Diesbach situe ses histoires au temps où les rois et les princes-électeurs gouvernaient en Allemagne. Son style est charmant, forgé aux meilleures sources – on parierait pour le Gaxotte du Nouvel Ingénu et aussi les frères Grimm des contes : « Il y avait jadis en Moravie septentrionale une noble et illustre famille qui vivait dans le luxe, l’impiété et le mépris de ses voisins. » Avec des accents empruntés à Goethe et des traits à Louis II de Bavière, il célèbre la beauté, l’élégance, et écrit châle à l’anglaise, shall, ce qui a une allure folle.
   Mais qu’on s’approche de la toile de Jouy qu’il a composée avec minutie, qu’on observe le grand-duc et la comtesse joliment parés, des détails attirent l’attention. L’urbanité de la conversation cache quelque chose. Comme chez la marquise de Ray Ventura: on déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise. Soudain surgit un revenant, ou la folie, ou la mort, autant de contingences dont on sait depuis Malherbe que « la garde qui veille aux barrières du Louvre n’en défend point nos rois ». Alors les margraves de Breitenstadt…

   Apparemment au-dessus du commun, protégés de la condition humaine par leurs titres et leurs châteaux, les héros coiffés de Diesbach n’en sont pas moins happés par ce qu’il nomme « la force du destin ». L’une perd la raison en écoutant La Chauve-souris de Strauss, l’autre est possédé depuis qu’un de ses aïeux a signé un pacte faustien, un diamant gros comme le Ritz fait basculer la vie d’un troisième. Qui aurait cru que Sissi pût s’égarer dans Les Diaboliques ?
   L’auteur excelle à nous inviter aimablement à jouir des fastes d’une société du meilleur goût, et ouvre sans crier gare une porte donnant sur les gouffres du coeur humain et ses ambiguïtés. On prend à la lecture un plaisir un peu coupable. Il y a en effet quelque chose de voltairien dans cet art de détourner du droit chemin des êtres que leur cuiller en argent prémunissait contre les avanies. Un esprit sarcastique : « Apportez de l’eau bénite de la meilleure année, celle du couronnement du pape », dit inconséquent un royal personnage. Il y a de la perversité aussi, habilement instillée, dans ce récit à l’eau de fées.
   Tout eût été pour le mieux dans ce grand monde à l’abri du besoin, si les dieux, qui n’aiment pas que les hommes soient heureux, n’en avaient décidé autrement.

Etienne de Montety