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La Superclasse mondiale contre les peuples

978-2-37271-095-4

Michel Geoffroy

Nouveau

24,00 €

Fiche technique

Pages475
Dimensions13x5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionmars 2018

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   En Occident on ne vit plus en démocratie mais en post-démocratie : les gouvernements ne gouvernent plus mais obéissent aux marchés et aux banques, les puissances d’argent dirigent les médias et les peuples perdent leur souveraineté et leurs libertés.
   Pourquoi ? Parce que depuis la chute de l’URSS le pouvoir économique et financier s’affranchit du cadre national et veut gouverner à la place des États. Parce que la fin du communisme nous a libérés de la Guerre froide, et lui a succédé la prétention obstinée du messianisme anglo-saxon à imposer partout sa conception du monde, y compris par la force.
   Ce double mouvement s’incarne dans une nouvelle classe qui règne partout en Occident à la place des gouvernements : la super classe mondiale.
   Une classe dont l’épicentre se trouve aux États-Unis mais qui se ramifie dans tous les pays occidentaux et notamment en Europe. Une classe qui défend les intérêts des super riches et des grandes firmes mondialisées, sous couvert de son idéologie : le libéralisme libertaire et cosmopolite. Une classe qui veut aussi imposer son projet : la mise en place d’un utopique gouvernement mondial, c’est-à-dire la mise en servitude de toute l’humanité et la marchandisation du monde. Une classe qui manipule les autres pour parvenir à ses fins, sans s’exposer elle-même directement.
   Avec La Superclasse mondiale contre les peuples, Michel Geoffroy dresse un portrait détaillé, argumenté et sans concession de la superclasse mondiale autour de cinq questions : que recouvre l’expression superclasse mondiale ? Que veut-elle ? Comment agit-elle ? Va-t-elle échouer dans son projet de domination ? Quelle alternative lui opposer ?
   Un ouvrage de référence pour comprendre les enjeux de notre temps.

   Michel Geoffroy est énarque, essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; il a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du Dictionnaire de Novlangue, dont la dernière aux éditions Via Romana en 2015.

Du même auteur :

Dictionnaire de novlangue  

Dans la presse

Ripostelaique.com, 15 avril 2018

   Souvent, dans des discussions avec des amis, qui ne sont pas forcément convaincus par nos analyses, nous nous heurtons à la question récurrente : « Mais pourquoi nos dirigeants mèneraient-ils une politique hostile à la France ? Pourquoi feraient-ils entrer des millions d’Africains si notre pays n’en avait pas besoin ? Pourquoi détruiraient-ils un pays à qui ils doivent leurs mandats ? ».

   Il n’est pas toujours simple de leur expliquer, de manière convaincante, ce que sont les oligarchies, voire ce que certains appellent « la super-classe mondiale ».

   C’est ce défi qu’a décidé de relever l’énarque Michel Geoffroy, dans cet ouvrage préfacé par un autre énarque, Jean-Yves Le Gallou. Comme quoi ils ne sont pas tous mauvais…

   L’auteur a le mérite de chercher à vulgariser le concept, et à le rendre accessible à un maximum de Français.

   Il parle d’une classe dont l’épicentre est aux Etats-Unis, avec des ramifications dans tous les pays occidentaux, et notamment en Europe. S’abritant derrière une idéologie libérale-libertaire, elle défend avant tout les intérêts des super-riches et des grandes firmes mondialisées. Elle a un projet qu’elle entend imposer par tous les moyens à l’humanité : la mise en place d’un gouvernement mondial, pour marchandiser l’ensemble des activités humaines. Pour cela, elle doit briser les Etats-nations, et éradiquer l’identité des peuples.

   Pour éclairer encore mieux les choses, Michel Geoffroy pose des questions auxquelles il répond avec une grande clarté.

   Que recouvre l’expression de super-classe mondiale ? Que veut-elle ? Comment agit-elle ? Va-t-elle échouer dans son projet de domination ? Quelle alternative lui opposer ?

   Ses dernières lignes sont sans ambiguïté : l’avenir de l’Europe doit appartenir aux Européens, comme l’avenir de la Chine doit appartenir aux Chinois, l’avenir de l’Inde doit appartenir aux Indiens, l’avenir de l’Amérique doit appartenir aux Américains, du Nord comme du Sud, et l’avenir de l’Afrique aux Africains

   Il termine son ouvrage par une série de portraits de quelques spécimens de cette super-classe, qui avance masquée, pour mieux imposer son projet de domination du monde.

   On y retrouve donc, après un long portrait de Jean Monnet, quelques pages sur :

   Maurice Levy, né au Maroc, longtemps président de Publicis, dont la principale actionnaire est Elisabeth Badinter. Membre du Siècle, et du groupe Bilderberg, il a reçu un bonus de 16 millions d’euros, en 2012 de la part d’une entreprise dont il a quitté la présidence en 2017.

   Patrick Drahi, franco-israélien né au Maroc,  patron de presse, qui sera favorisé, lors de l’achat de SFR, par un certain ministre de l’Economie nommé Emmanuel Macron, qui désavouera les choix opérés par Arnaud Montebourg. On retrouvera un proche de Drahi dans l’équipe de Macron, en la personne de Bernard Mourad, et l’homme d’affaires sera, selon l’expression du Figaro, un « discret » mécène de la campagne « En Marche ».

   Henri de Castries, président d’Axa, énarque de la même promotion que Hollande, fut le bras droit de François Fillon, lors de la dernière présidentielle. Membre du Siècle, président de l’Institut Montaigne, où il succéda à Claude Bébéar, il est très actif au sein de la French American Fondation, qui lui remettra, en 2006, sa plus haute distinction.

   Et on finit par Attali, né à Alger, que les lecteurs de Riposte Laïque connaissent fort bien.

   Un livre à acheter et à lire, pour mieux comprendre dans quel monde on évolue, et bien l’expliquer à un maximum des nôtres.

Pierre Cassen

Présent, n°9212, 6 octobre 2018

Analyse des visées mondialistes

   Michel Geoffroy, énarque, essayiste (auteur avec Jean-Yves Le Gallou d’un remarqué Dictionnaire de novlangue, Via Romana, 2015), contributeur régulier à la Fondation Polémia, nous donne avec La Super-Classe mondiale contre les peuples une analyse particulièrement fouillée et novatrice sur les détenteurs réels

des pouvoirs de décision.

Entretien avec Michel Geoffroy

— Comment définir la « super-classe mondiale » ?
— La super-classe mondiale (SCM) correspond, au plan métapolitique, à l’usurpation, en Occident, de la souveraineté politique par le pouvoir économique et financier mondialisé et dérégulé, usurpation qui s’est produite dans la seconde moitié du XXe siècle. La SCM incarne aussi « la révolte des élites » qu’avait prophétisée l’Américain Christopher Lasch il y a 20 ans. Des élites révoltées parce qu’elles n’ont plus peur du peuple. D’autant qu’elles peuvent désormais le remplacer par l’immigration, les délocalisations et, demain, par l’intelligence artificielle.

Comme le pouvoir économique et financier s’est libéré de la tutelle des Etats, du fait de la mise en œuvre des politiques néo-libérales de dérégulation. Et parce que les grandes entreprises mondialisées sont désormais plus riches et plus puissantes que bien des Etats. Cette oligarchie transnationale pense donc pouvoir désormais révolutionner la société et le monde à son gré. Comme le déclarait cyniquement le milliardaire Warren Buffet au New York Times en 2006, « il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui est en train de la gagner » !

— Quelles sont les circonstances qui ont permis son apparition, son développement et sa volonté d’hégémonie ?
— La SCM résulte de la conjonction de deux événements majeurs, qui se sont produits au XXe siècle : la fin du communisme et l’avènement de la surpuissance américaine. La disparition du communisme, qui prétendait réaliser une alternative au capitalisme par la révolution évidemment bénéfique en elle-même, a cependant provoqué le grand soulagement des puissances d’argent et ouvert la voie à la constitution d’une oligarchie transnationale qui se croit élue pour changer la société conformément à ses intérêts et pour imposer sa « gouvernance » au monde. La disparition du « challenger » soviétique a en outre donné le sentiment aux Etats-Unis qu’ils pouvaient désormais façonner le monde à leur gré grâce à leur surpuissance désormais sans rival. La thématique occidentale du Nouvel Ordre Mondial, qui n’est jamais qu’un « remake » de celle du Nouveau Monde, entend tirer les conséquences de cette prétention. Or l’épicentre de la SCM se situe justement dans les pays anglo-saxons, où se trouvent les plus grandes institutions financières, les plus importantes firmes mondiales et la plus grosse industrie des médias et du divertissement. C’est pourquoi la SCM incarne l’oligarchie économique, financière, médiatique et culturelle qui croit pouvoir dominer et exploiter le monde à sa guise en s’appuyant sur la surpuissance américaine.

— En quoi – si c’est le cas – diffère-t-elle des classiques groupes de pression (ou lobbies) décrits par les manuels de sociologie politique ?
— La SCM ne se résume pas aux traditionnels groupes de pression, car elle constitue un système spécifique, au sens cybernétique du terme. Elle fonctionne par la mise en synergie de quatre cercles de pouvoir : le cercle de la richesse financière et économique transnationale, le cercle des médias et de la culture, le cercle des organisations non gouvernementales et de la société civile, enfin le cercle des élites publiques. Le cercle de la richesse financière et économique transnationale est celui où la puissance est la plus concentrée et la plus opaque : il dirige, influence et achète ou finance tous les autres cercles. Le premier cercle ne comprend que quelques milliers d’individus, mais les autres cercles sont plus nombreux, en particulier parce qu’ils regroupent des idiots utiles. La SCM repose pour cette raison sur un pouvoir impersonnel, désincarné et collégial donc insaisissable, en totale opposition à la tradition de l’incarnation du pouvoir en Europe. Enfin, à la différence des traditionnels groupes de pression, la SCM incarne un projet mondialiste, la mise en place d’une « gouvernance mondiale », qui dépasse la seule défense des intérêts catégoriels, même si les oligarques cherchent aussi à s’enrichir toujours plus.

— Cette « super-classe » se rattache-t-elle, même implicitement, à une idéologie ? Dans l’affirmative, quelles en sont les racines du point de vue des idées politiques ?
— L’idéologie de la SCM est le libéralisme libertaire et cosmopolite, un cocktail idéologique résultant de la fusion du vieux cosmopolitisme, du néo-libéralisme incarné dans « le consensus de Washington » et de la révolution des mœurs : car la révolution des mœurs a servi à déconstruire, au nom de la mythologie de la libération individuelle, tout ce qui s’opposait encore au pouvoir de l’argent-roi et à la marchandisation du monde et finalement de l’homme lui-même, comme on le voit très bien par exemple avec la PMA. Mais, plus profondément encore, la SCM renouvelle la vieille eschatologie de la fin des temps. Une hérésie consistant à croire que l’homme pourrait « forcer la main de Dieu », sans attendre la venue ou le retour du Messie, pour bâtir un nouveau paradis terrestre sur la ruine du monde ancien (« le monde d’avant » comme dit Macron). Qui prétend aussi que le meilleur moyen de parvenir à la paix perpétuelle consisterait à supprimer les frontières, les nations, les identités et les Etats, comme le soutenait déjà Diogène le Cynique. Cette utopie s’est incarnée à la fin du XXe siècle dans la révolution du néo-capitalisme mondialisé qui a le messianisme, l’unilatéralisme et le puritanisme américains pour épicentre. Car les oligarques anglo-saxons se croient toujours élus de Dieu pour faire le Bien de l’humanité malgré elle. « Je ne suis qu’un banquier qui fait le travail de Dieu », n’hésitait pas à déclarer Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs. Une prétention non seulement risible, mais surtout dangereuse.

— Dispose-t-elle d’une stratégie cohérente ?
— Oui. La SCM fait avancer son projet et son agenda selon une dialectique du chaos et du contrôle. Elle sème le chaos partout comme moyen de détruire la résistance psychologique et l’homogénéité des peuples : c’est principalement le rôle dévolu au chaos migratoire en Europe. Mais aussi au chaos économique, conséquence de la dérégulation systématique, qui place les populations en insécurité économique et sociale croissantes. Ou au chaos moral et « sociétal » qui sert à déstructurer les personnalités. Enfin, la SCM ne répugne pas à la guerre comme moyen chaotique par excellence. Mais le chaos sert ensuite de prétexte à l’instauration du contrôle : l’oligarchie substitue en effet à la souveraineté nationale le contrôle de la population, qui correspond à l’instauration de la post-démocratie en Occident. La post-démocratie illustre le caractère totalitaire du gouvernement mondial que la SCM voudrait instaurer à son profit : un système où les peuples se voient retirer le pouvoir de changer de poli- tique, où les juges supplantent les législateurs et dont l’Union européenne constitue le laboratoire.

— Une riposte à cette mainmise sur la société est- elle envisageable avec quelque chance de succès ?
— Oui, parce que la parenthèse historique qui s’est ouverte avec la fin du communisme est en passe de se refermer : le monde devient de plus en plus multipolaire, ce qui signifie que la prétention de la SCM à gouverner le monde au travers de la surpuissance américaine se heurte de plus en plus à l’émergence d’autres civilisations, d’autres puissances. Partout, y compris en Europe, les peuples se réveillent, veulent préserver leur identité et leur culture et rejettent un monde « macdonaldisé » ou soumis à Goldman Sachs. En d’autres termes, le monde est en train d’échapper aux mondialistes. Même si elle se prend pour Dieu, la SCM n’est ni omnisciente ni omnipotente. La SCM n’a finalement réussi qu’une chose : mettre les Européens en servitude. A nous de nous libérer de son emprise !

Propos recueillis par Philippe Vilgier