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Tir à vue : la répression selon Macron

978-2-37271-142-5

Fiorina Lignier

Nouveau

Vient de paraître,

en librairie le 14 novembre

Résumé

19,00 €

Fiche technique

Pages248
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionoctobre 2019

En savoir plus

   Samedi 8 décembre 2018. Paris, Champs-Élysées. Acte IV du mouvement des « Gilets jaunes ». Une barricade proche du drugstore est incendiée par des casseurs. Les forces de l’ordre, censées les réprimer, tirent une volée de grenades lacrymogènes sur des manifestants pacifiques regroupés de l’autre côté de l’avenue.
   Soudain, touchée par un des projectiles, Fiorina s’écroule, le visage en sang. Transportée en urgence, elle est opérée le soir même : fractures du nez, du visage, traumatisme crânien. Le pronostic s’avère lourd, très lourd : l’œil gauche de la jeune étudiante de 20 ans est définitivement perdu.
   Aujourd’hui, faisant preuve d’une rare énergie, Fiorina témoigne : si elle est venue d’Amiens pour manifester au côté de son fiancé, c’est tout autant pour défendre la dignité des travailleurs de la France « périphérique » que pour s’opposer au Pacte mondial sur les migrations des Nations unies qu’Emmanuel Macron s’apprêtait à signer à Marrakech.
   Face au silence des médias du système, à l’indifférence du gouvernement, à l’obstruction de la justice, la jeune étudiante en philosophie a décidé de ne pas baisser les bras. Elle livre ici une analyse sans concession des événements des derniers mois, au plus près de ce qu’elle a vécu. Courageuse et lucide, elle invite la jeunesse de France à se lever pour défendre ses valeurs.

   Fiorina Lignier, 20 ans, étudiante en philosophie originaire d’Amiens, signe ici son premier essai.

Dans la presse

Site internet Le Parisien, 16 novembre 2019

http://www.leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-mutilees-par-des-grenades-ou-des-tirs-de-lbd-ces-gueules-cassees-racontent-16-11-2019-8194566.php

«Le 8 décembre, je reviendrai là où j'ai perdu mon œil»

Fiorina, 21 ans, blessée par un tir de grenade

LP/Olivier ArandelLP/Olivier Arandel  

   Elle est un symbole malgré elle. Fiorina, 21 ans, étudiante en philo à la fac d'Amiens (Somme) qui vient de sortir un livre (« Tir à vue : la répression selon Macron », Ed. Via Romana) a fait le tour des télévisions du monde entier le 8 décembre 2018 quand elle gisait à terre sur les Champs-Elysées le visage en sang, alors qu'à côté le Drugstore Publicis menaçait de flamber. « Un tir de grenade m'a touché en plein visage », raconte la jeune femme qui en mai dernier figurait sur une liste identitaire avec Renaud Camus aux européennes. « J'ai ressenti comme une décharge dans tout le corps, j'avalais mon sang. J'entendais les gens hurler, c'est la panique, je me vois mourir. »

   Pour elle et son compagnon, c'était leur première manifestation. « Je voyais tous ces Gilets jaunes sur les ronds-points, je me disais que c'était le moment de participer. Si on pouvait faire basculer Macron, c'était maintenant. Pas la République, j'y tiens, mais Macron. »

   Arrivée à l'hôpital Cochin, elle demande aux chirurgiens si elle reverra un jour de son œil blessé. « Non, jamais m'ont-ils répondu. On vit ça comme un deuil, la colère se mélange à la tristesse. Quand je voyais mes frères baisser les yeux, ma mère pleurer, c'était affreux. »

   La vie de Fiorina, depuis un an, est confinée dans son petit appartement, en dehors des opérations. « J'en ai eu quatre, restructuration de la face, sept plaques dans le visage, une grille en titane pour tenir l'œil… Je porte des lunettes noires tout le temps, je suis incapable de me laver seule, de faire à manger… » Elle a bien essayé de retourner à l'université, « mais c'est impossible, je ne tiens pas physiquement » même si elle rêve de « retrouver une vie normale ».

   Et puis il y a la morphine contre la douleur. « Je ne veux pas être dépendante. Quelquefois, j'essaie de m'en passer pendant plusieurs jours, mais c'est dur ».

   Son dossier a été transmis à la justice après l'enquête IGPN et une information judiciaire ouverte. Son procès, ou plutôt celui du tireur, elle l'attend avec impatience, même si elle sait que « cela pourra prendre des années ». Ce samedi, elle ne sera pas à Paris. « Mais le 8 décembre, je reviendrai là où j'ai perdu mon œil. C'est une démarche personnelle. »