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Les larmes de la forêt

978-2-37271-067-1

Père Jean-François Thomas

Nouveau

19,00 €

Fiche technique

Pages286
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionFévrier 2017

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   Le Père Jean-François Thomas a vécu deux ans au pied des Carpates, c’est dire s’il aime la Roumanie, son histoire, ses paysages, sa population et ses forêts dont « le bois est fraternel aux hommes ». C’est que l’âme peut s’y réfugier et que l’auteur nous plonge entre collines et vallons de Probeta, au nord-ouest du Royaume, en 1939, alors que bascule le destin des minorités ethniques et religieuses traquées par l’alliance d’un archimandrite véreux avec un notaire ultranationaliste et antisémite.
   L’on est d’emblée séduit par l’érudition et l’esprit de résistance poussé jusqu’à l’héroïsme du père gréco-catholique Lupea, conquis par la sagesse toute orientale de son ami Aaron le rabbin et captivé par la relation entre Doinea la chrétienne et Eliezer le bel éphèbe juif, analogie du lien complexe entre Ancien et Nouvel Israël. Habité par un puissant souffle poétique, une rare intelligence des Écritures et une solide connaissance de la culture roumaine, ce roman vrai revisite les pires tribulations de son histoire et de celle de l’Europe avec humour et fraîcheur de ton. Il est une bouffée d’oxygène à l’heure où les conflits géopolitiques ressurgissent sur fond de guerre religieuse unissant dans l’adversité juifs et chrétiens.

   Jean-François Thomas, né en 1957, prêtre jésuite, est le fils spirituel du cardinal Henri de Lubac. Professeur de philosophie, il fut pendant quinze ans missionnaire à Manille où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il a publié en 2009 Sentinelle, où en est la nuit ? chez François-Xavier de Guibert.

Du même auteur :

Comme un lys au milieu des épines 
Les mangeurs de cendres 
Chemin de croix 
Le goût des myrtilles 

Dans la presse

Action Familiale et Scolaire, n°253, octobre 2017

   À ceux qui cherchent à comprendre les tourments, mais aussi les défis auxquels est confrontée notre vieille Europe, nous conseillons le dernier ouvrage du Père Jean-François Thomas Les larmes de la forêt. Connu surtout pour ses écrits philosophiques et spirituels, le Père Thomas nous donne ici un "récit" qui nous transporte hors de la confortable médiocrité dans laquelle nous sommes tentés de nous complaire.
   Tout nous touche dans ce "récit", car tout y est vrai. Le Père Thomas a connu de très près les personnages qu'il fait revivre, les drames qu'ils ont dû affronter, mais il nous les présente de façon romancée, pour faire mieux vibrer les fibres de nos cœurs endurcis. L'histoire, comptée avec un rare bonheur d'écriture, se déroule en Roumanie où notre auteur a vécu, au pied des Carpates, dans la splendide nature du monde de Narnia, en pleine tourmente de la seconde guerre mondiale.
   Les minorités ethniques et religieuses vont y subir les terribles persécutions nazies, puis communistes. Tour à tour, les Juifs et les gréco-catholiques luttent pour transmettre leur héritage culturel, puis sont exterminés dans d'indicibles souffrances que le lecteur a peine à regarder en face. Nous sommes emportés par les belles figures des responsables religieux, la touchante amitié de la petite chrétienne Doinéa et du jeune Juif Eliézer. La forêt abrite leurs angoisses et les tragédies de leurs peuples. Leurs bourreaux nous glacent d'effroi, mais l'histoire du XXe siècle nous a appris à les connaitre. A la fin, les criminels de guerre sont toujours là, plus prospères que jamais, ne craignant pas d'être rattrapés par le jugement de Dieu. Mais la richesse culturelle et religieuse de l'ancienne Roumanie a disparu de façon irrémédiable ; elle manque à la civilisation occidentale.
   Dans ce qui semble être un engrenage inéluctable de malheurs, nous finissons par comprendre que les méchants ont, à chaque période, choisi de l'être. Les justes, toujours peu nombreux, sont là pour briller et dire l'espérance. Leur foi a été éprouvée comme l'or au creuset de la souffrance. La belle forêt qui a connu et couvert tous ces drames pleure, mais reverdit toujours malgré les assauts de la Bête.
MP. Deswarte