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Bleu caraïbe et citrons verts

979-10-90029-75-0

Jean Raspail

Nouveau

Avec Bleu caraïbe et citrons verts, Jean Raspail nous livre le contrepoint romantique de Secouons le cocotier. Cette fois encore, l’itinéraire de Raspail n’est pas banal : la piste perdue des Indiens caraïbes, qui furent pendant des siècles les seuls maîtres de ces îles...

Résumé

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19,00 €

Fiche technique

Pages166
Dimensions13.5 x 20.5 cm
Couverturesouple
Date de parutionmai 2014

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   Avec Bleu caraïbe et citrons verts, Jean Raspail nous livre le contrepoint romantique de Secouons le cocotier. Cette fois encore, l’itinéraire de Raspail n’est pas banal : la piste perdue des Indiens caraïbes, qui furent pendant des siècles les seuls maîtres de ces îles. Cette piste le conduit d’Haïti aux îles Grenadines, en passant par Saint-Barthélemy, Saint-Eustache, Saint-Kitts, la Guadeloupe, Marie-Galante, la Dominique, la Martinique, et même par Lausanne et Nancy, ce qui n’est pas le moins surprenant.
   Bien des personnages surgissent au détour de cette piste et pour son adieu aux Antilles, Jean Raspail choisit des sentiers écartés. Ce sont les seuls souvenirs qui durent.
 

   Jean Raspail est notamment l’auteur du Camp des Saints, de Sire, de Qui se souvient des Hommes, du Roi de Patagonie, de L’Anneau du Pêcheur, des Sept Cavaliers et des Royaumes de Borée, adaptés à la bande dessinée par Jacques Terpant.

Du même auteur :

Les veuves de Santiago
Secouons le cocotier 
La hache des steppes 
Nuage Blanc et les Peaux-Rouges d'aujourd'hui 
Terres saintes et profanes

Dans la presse

 

Le Figaro littéraire, n° 21725, jeudi 12 juin 2014

   Qui se souvient des Caraïbes ?
À force de lire Jean Raspail romancier de nos rêves d’empire évanouis, nous avions oublié le Raspail voyageur, explorateur et ethnologue, celui qui se « souvient des hommes », Alakalufs ou Indiens Shinnecoks. Dans cette veine, la réédition de Bleu caraibe et citrons verts nous remet en mémoire un séjour qu’il effectua outremer, à la Dominique, Marie-Galante, Clipperton, ces confettis de notre grandeur… Ses récits ne sont pas œuvre d’un scientifique, mais d’un écrivain qui sait quitter son bureau. Ils tiennent à la fois du reportage et de la nouvelle. Des îles où il passe, il dit joliment qu’elles sont « des vases clos où le subconscient fermente naturellement et produit généreusement les alcools de l’âme les plus étranges ».
Fidèle à son tropisme chevaleresque, l’auteur est à la recherche de races oubliées, en l’occurrence ces infortunés qui vivaient aux Antilles avant l’arrivée des Blancs – et des Noirs : les Caraïbes et leurs prédécesseurs, les Arouagues. C’est ainsi dans l’histoire du monde, les peuples roulent comme les marées, tantôt montant, tantôt descendant, au gré de leur puissance ou de leur démographie. Raspail consulte des archives, visite des sites enfouis, scrute les traits des habitants, jusqu’à l’anatomie généreuse de lavandières se baignant dans une cascade. Ses voyages sont un grand jeu où le plaisir malicieux et le rhum ne sont pas absents. Raspail n’a pas son pareil pour disséquer une langue, chercher les accents d’une chanson dans une conversation de rue. Les indices lui sont fournis par le récit de pères missionnaires ou les rencontres, comme celle d’un routard qui le conduira jusque dans une cité HLM de Nanterre où aurait pu vivre le dernier des Arouagues. Et que dire de Rose, la jolie métisse kallinago qui officie dans une boîte de Lausanne et propose innocemment à Raspail qu’ils aient un enfant pour assurer la survie de son peuple ?
Il faut ne pas connaître l’auteur pour s’étonner qu’il profite de ces séjours au long cours pour « secouer le cocotier », selon sa propre expression ; le tourisme de masse, qu’il fuit, l’administration, les normes internationales, autant d’occasions de tonner contre la modernité béate.
Mais avant toute chose, il suit sa propre trace, à nulle autre pareille. C’est son charme. Ainsi, au contact de ces peuples, met-il un soin particulier à rencontrer leurs souverains. Il n’y a que lui pour dénicher de dérisoires don Quichotte condamnés par le cours du monde.
Parmi ces cousins d’Antoine de Tounens, citons Rémy de Haenen, pittoresque Français qui règne sur Saint-Eustache où il tient tête aux puissances européennes à coups de pistolet dans le plafond. Francis Ier Fernandoir, le dernier roi caraïbe, le reçoit dans son palais, qui est une cabane de torchis, tenant une canne à pommeau d’argent, dernier attribut de sa royale condition. L’auteur effectue ces visites avec la même sollicitude respectueuse que celle avec laquelle il rencontrerait Louis XVI à Versailles.
Raspail célèbre à sa manière tous ces clandestins de l’histoire officielle ; ce faisant, il nourrit ses songes de romancier et les nôtres. Il fait surtout œuvre de bienfaiteur de l’humanité. Patrice de La Tour du Pin nous a prévenus que, sans les légendes, ce genre en voie de disparition, les pays mais aussi les hommes sont condamnés à mourir de froid.
Étienne de Montety

NRH, n°73, juillet-août 2014

   La réédition de ces chroniques antillaises de Raspail, initialement parues en 1980, suite du très iconoclaste Secouons le cocotier, se révèle intéressante à plus d’un titre.
Historique puisque ces reportages réalisés dans les années soixante-dix fournissent une série d’instantanés illustrant un contexte particulier, celui d’une décolonisation à tout-va qui faillit bien, et Raspail lui-même le prophétisait, aboutir à la perte des Antilles françaises. Contexte hautement explosif sur fond de guerre froide et de menaces communistes dont il ne reste pas grand-chose mais aussi de tensions raciales, savamment exploitées par des agitateurs habiles et qui devaient triompher, trente ans plus tard, et encore aujourd’hui, avec la première législation Taubira et sa repentance obligatoire. Il est utile de se souvenir, ou découvrir, comment tout cela se mit en place.
Réédition intéressante, aussi, au plan littéraire. Dans cette œuvre de non fiction, en effet, Raspail se donne pour fil conducteur un thème qui lui est cher et qu’il ne cessera de décliner en ses romans : la quête de plus en plus désespérée des derniers hommes libres, ici les Indiens Caraïbes, en général considérés comme éteints depuis des siècles et dont l’on découvre qu’ils ont survécu plus longtemps qu’on le supposait ; l’implacable déclin des civilisations face à l’horreur galopante de la prétendue modernité. Superbe, et loin, très loin, de l’insupportable loi du politiquement correct.
Anne Bernet

Famille chrétienne, n°1903 du 3 au 11 juillet 2014

   Jean Raspail a longtemps couru le monde à la rencontre des peuples menacés par la modernité. Parmi eux, les Indiens caraïbes. Loin des Antilles, il lui arrive de les rejoindre rien qu’en tenant dans sa main une arme précolombienne. « Ce sont mes plus beaux voyages, avoue-t-il. Ils durent parfois toute une nuit. » Explorateur, grand voyageur, mais écrivain avant tout.
On n’est donc pas étonné qu’ici, sous des allures de récit ethnologique relevant les traces ténues des Caraïbes dans un prénom, une chanson, le pli d’une paupière, ce soit d’abord d’émotion et de rêve qu’il s’agisse. Romantisme, dit l’auteur – à tort tant les Chateaubriand et Hugo, grisés de mots, sont insincères, alors que chez lui la pose s’efface devant l’attitude, jusque dans l’insolence : « C’était mon premier roi que j’allais rencontrer. Qu’il fût roi des Sauvages ne changeait rien […]. Je suis un sujet sans roi, une âme errant dans les ténèbres démocratiques à la recherche des fidélités mortes. Je les trouve où je peux. » Et tant mieux si c’est sur les sentiers écartés d’« Antilles parallèles ».
François Pascaud

Le Spectacle du monde, jeudi 17 juillet 2014

   Bon anniversaire, M. Raspail
A l’occasion de ses quatre-vingt-neuf ans, l’écrivain est de retour avec la réédition d’un de ses livres les plus poignants, Bleu caraïbe & Citrons verts, récit de son dernier voyage aux Antilles, à la fin des années 1970.
Écrivain, journaliste, voyageur et explorateur français, indique sa fiche Wikipedia. Ah, le progrès ! La silhouette, elle, défie le temps. Taillé dans le roc, résistant à la mode et aux coups de burin des professeurs de morale, Jean Raspail revient, à la faveur de la réédition de l’un de ses récits de voyage. À quatre-vingt-neuf ans – depuis le 5 juillet –, l’avenir de ce défenseur immuable du trône et de l’autel est sans doute derrière lui ; mais il a toujours été derrière lui.
Dernier des romantiques ? Peut-être. Devenu romancier pour ne pas devenir fou ; fou furieux. Réactionnaire, campant dans la tempête contre vents et marées, souvent isolé, la plume à la main, il a, au fil de son œuvre, défendu une civilisation menacée. S’il a raison, nous sommes perdus ; s’il a tort, la littérature y aura gagné un souffle dévastateur.
On lui doit, entre autres, le Camp des Saints (1973), œuvre prophétique mettant en scène l’envahissement de l’Europe par des cohortes de miséreux, devenu un roman culte qui circula presque sous le manteau avant d’être réédité, il y a trois ans, avec une mise en garde de l’éditeur ; Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie (1981), fabuleux récit à la première personne de l’incroyable destin d’un jeune paysan périgourdin au XIXe siècle qui emporta dans sa chevauchée bien des lecteurs fiévreux ; ou encore Sire (1990), cavale héroïque et secrète d’un jeune prince, Pharamond de Bourbon, sacré à Reims à la veille de l’an 2000...
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Bertrand de Saint Vincent