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Une autre histoire de la laïcité (éd. POCHE)

978-2-37271-065-7

Jean-François Chemain

Nouveau

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format poche

L’histoire de la laïcité selon l’opinion commune est celle d’États se libérant de la tutelle des religions. Mais l’examen des faits dément une telle vision et Jean-François Chemain constate ici que ce combat d’émancipation fut bien souvent celui de l’Église pour échapper à la mainmise des États aspirant à contrôler la religion pour mieux contrôler les consciences.

Résumé

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13,00 €

Fiche technique

Pages240
Dimensions10 x 16 cm
Couverturesouple
Date de parutionjuin 2016

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Avec une préface de Rémi Brague et une postface du cardinal Philippe Barbarin.

   L’histoire de la laïcité selon l’opinion commune est celle d’États se libérant de la tutelle des religions. Mais l’examen des faits dément une telle vision et Jean-François Chemain constate ici que ce combat d’émancipation fut bien souvent celui de l’Église pour échapper à la mainmise des États aspirant à contrôler la religion pour mieux contrôler les consciences.
   D’étape en étape, l’auteur établit le chemin d’affranchissement de l’Église d’abord de la prétention d’un empereur universel à être chef de l’Église universelle, ensuite des multiples tentatives politiques d’éradication pure et simple, notamment par la création d’Églises nationales et schismatiques. La Révolution française marque un moment de cette lutte entre création d’une religion officielle et athéisme, puis catholicisme d’État dénoncé par les catholiques eux-mêmes.
   Alors que le débat est plus que jamais d’actualité, l’auteur établit l’origine évangélique de la laïcité : la laïcité est un principe d’origine chrétienne que l’Église a dû arracher de haute lutte ; elle ne saurait lui être opposée, peu ou prou, pour la réduire au silence par laïcisme sectaire ou théocratie islamique.

   Né en 1961, Jean-François Chemain est diplômé de l’IEP de Paris, diplômé de Droit international et agrégé d’Histoire. Il a exercé pendant une dizaine d’années le métier de consultant international dans plusieurs cabinets anglo-saxons, avant de devenir cadre dirigeant dans un grand groupe industriel français.
Depuis 2006, il a choisi d’enseigner l’Histoire, la Géographie et l’Éducation Civique dans un collège de ZEP
.

Du même auteur :

La vocation chrétienne de la France 
Kiffe la France
L'argent des autres 
Tarek, une chance pour la France ? 
  

Dans la presse

 

Monde et vie, n° 883, 12 novembre 2013

Le salut social par la laïcité positive
   Jean-François Chemain est ce financier, qui, un jour a souhaité enseigner pour transmettre. Aujourd’hui il est professeur d’histoire dans une ZEP près de Lyon. Après La vocation chrétienne de la France (2010) et Kiffe la France (2011), cette Autre histoire de la laïcité est l’aboutissement d’un long travail sur les relations entre religions et politique en France aujourd’hui.
   La laïcité n’est pas républicaine, elle est chrétienne. La très vaste enquête sur ce sujet menée par Jean-François Chemain conduit à cette conclusion paradoxale. La longue histoire des rapports entre l’Église et l’État – pouvoir temporel et autorité spirituelle distincte – aurait dû nous conduire – selon la légende noire anticléricale –, à constater une longue série d’abus du Parti prêtre, s’immisçant indûment dans les affaires de l’État et cherchant à influencer le pouvoir civil à son profit par tous les moyens. En réalité c’est l’inverse que l’on est obligé de constater : l’immixtion de l’État dans l’Église, que ce soit (au début) pour la faire disparaître, ensuite pour l’instrumentaliser, puis (Révolution française oblige) à nouveau pour lui mener une guerre à mort. On peut dire que le quiproquo vient des Lumières. Aujourd’hui des savants réputés comme Jean Baubérot font remonter la laïcité au XVIIIe siècle. En réalité, la constitution civile que la Révolution destine au clergé montre bien qu’il s’agit pour les révolutionnaires (conformément à l’intuition de Jean-Jacques Rousseau), de revenir sur 1700 ans de christianisme et d’asservir l’Église à l’État au point d’en faire un service social parmi d’autres. On est loin des utopies du siècle suivant, défendues d’ailleurs par des catholiques, qui prônent « l’Église libre dans l’État libre ». La laïcité républicaine hérite du siècle des Lumières une hostilité viscérale envers le catholicisme. Il est absolument impossible de faire passer cette hostilité politique pour une forme de laïcité sans jouer sur les mots.
   Plusieurs des perspectives de ce livre débordent le point de vue strictement historique, en particulier les propositions que fait Jean-François Chemain pour l’avenir de l’islam, dont on peut se demander si elles sont bien réalistes : « L’aide qu’attendent les musulmans de l’Occident est multiforme. Le cœur en est la possibilité de vivre leur foi dans le contexte privé et pacifié qui prévaut en Occident, ce qui implique qu’il soit rendu possible un travail d’exégèse, d’interprétation et de contextualisation voire d’expurgation du Coran de ses versets les plus choquants. Il ne revient certes pas à l’État de le faire lui-même mais il doit créer les conditions pour cela. Rassembler un groupe d’experts musulmans, le cas échéant conseillés par des exégètes chrétiens et leur donner une obligation de résultat. Impossible ? C’est exactement ce que j’ai entendu feu Mohamed Arkoun proposer lors d’une conférence à l’Institut Catholique de Lyon. »
   Un État qui réglemente le spirituel, même pour le « bon motif » de la laïcité apaisée, est un État totalitaire. Et s’il n’est pas totalitaire, c’est un État qui pour « expurger l’islam » devra lui faire quantité de concessions (Chemain cite la construction de mosquées sur fonds publics) qui tourneraient à l’avantage… de l’islam.
Joël Prieur

La Nef, n° 255, janvier 2014

Dossier : la laïcité en France / Les origines de la laïcité
   Ancien cadre dirigeant, Jean-François Chemain a choisi d’enseigner l’histoire-géo en banlieue. Il publie son troisième livre qui présente une histoire originale de la laïcité.
   La Nef – La thèse de votre livre est que la laïcité n’est pas une idée républicaine mais une invention chrétienne : comment résumeriez-vous votre argumentation ?
   Jean-François Chemain – La tradition romaine est celle d’une religion civique, au service des intérêts de la Cité. Parce que le christianisme fut la première religion à refuser d’être instrumentalisée par le politique, et de le sacraliser, lui, et lui seul, fut persécuté. Quand l’Empire romain devint chrétien, à partir de la conversion de Constantin, au IVe siècle, le christianisme se mua en religion impériale, seule autorisée à partir de 392. L’empereur se mêle des affaires de la religion chrétienne, n’hésitant pas, par exemple, à intervenir dans les conciles.
   La Nef – Votre histoire de la laïcité se présente comme une guerre sans relâche, depuis deux mille ans, des pouvoirs politiques contre l’Église : pourriez-vous retracer les étapes marquantes de cette histoire ?
   J.F.C. – La première étape a été marquée par la persécution : l’État ne comprenait pas qu’une religion puisse, sans menacer l’Empire, refuser de voir dans l’empereur un dieu, chef de toutes les religions. Au IVe siècle, l’Empire est devenu chrétien, mais sa partie occidentale n’a pas tardé à s’effondrer. C’est alors que l’Église a pu conquérir une relative liberté et s’affirmer comme autorité spirituelle, mais aussi politique, puisqu’elle s’est trouvée, à partir de 752, à la tête d’un État. Commence une longue période où les héritiers de l’Empire romain, les Byzantins, les Carolingiens, le Saint Empire, ont tenté de la remettre sous leur tutelle. Elle a résisté, ce qui a conduit au Schisme d’Orient, l’empereur byzantin n’admettant pas que « son » Église obéisse à l’évêque de Rome. En Occident, la querelle a porté plusieurs noms : « querelle des Investitures » à la charnière des XIe et XIIe siècles, « lutte du Sacerdoce et de l’Empire » à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe... Les empereurs prétendaient nommer les papes et les évêques. Après la mort de l’empereur Frédéric II, en 1250, l’Empire était très affaibli, mais l’Église a alors vu naître d’autres concurrents : les États nationaux, dont les souverains, à leur tour, rêvent de contrôler « leur » religion. Cela a conduit à des schismes, comme en Angleterre, ou dans les pays protestants, où les considérations politiques n’ont jamais été étrangères à la rupture. En France, avec le gallicanisme, on n’en est pas arrivé là, mais au prix de l’octroi au roi de prérogatives religieuses, comme de nommer les évêques.
   La Révolution française a été marquée par un interventionnisme forcené de l’État dans les affaires de l’Église : confiscation de ses biens, interdiction des vœux monastiques, obligation pour le clergé de prêter serment à sa Constitution civile, puis fonctionnarisation du clergé, avec le Concordat de 1801, dans un climat de vexation et de contrainte contre ceux qui refusaient une telle ingérence.
   Pendant un siècle, en France, l’Église a vécu dans une soumission à l’État du fait de la rémunération du clergé – contrepartie de la renonciation à ses biens confisqués : un prêtre dont les propos déplaisaient au préfet était privé de son traitement, et les écrits du pape ne pouvaient être publiés en France qu’après validation par le Conseil d’État ! Pourtant, dès 1880, la IIIe République commence une guerre sans merci contre l’Église, dans le but avoué de l’éradiquer comme incompatible avec la démocratie. C’est ainsi que le vote de la loi de 1901 sur la liberté d’association a conduit à l’expulsion des congrégations, seules exclues de ce droit. La loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, qui suspend la rémunération du clergé et nationalise les biens qui appartenaient encore à l’Église, n’était qu’une étape… Seule l’Union sacrée, au cours de la Première Guerre mondiale, a pu mettre fin à cet acharnement, et l’on a pu vivre un XXe siècle apaisé, même si les vieux démons anti-chrétiens ressortent régulièrement, notamment à gauche.
   La Nef – L’Église n’a-t-elle donc jamais essayé de dominer le politique ?
Suite sur le site de La Nef

Famille Chrétienne, n° 1879, du 18 au 24 janvier 2014, pp.10-17

   Alain Finkielkraut et Jean-François Chemain : comment faire aimer la France ?
   Au moment où l’identité de la France est menacée, ils pensent vital de transmettre l’amour de la France aux jeunes et aux immigrés. Dialogue entre un philosophe fils d’immigré, et un prof historien français de souche…

Le Figaro Histoire, n° 12, février-mars 2014

   Et si la vraie laïcité avait été, d’abord, une arme défensive conçue par l’Église pour conserver son indépendance dans l’ordre spirituel ? Tel est le paradoxe défendu par Jean-François Chemain.
   Loin des incantations des laïcistes qui ont fait depuis un siècle d’elle une arme par destination contre l’Église et l’instrument de la déculturation des sociétés chrétiennes, il montre comment la distinction du temporel et du spirituel fut au cœur d’un combat fécond tout au long de l’histoire européenne. Un combat de deux millénaires contre la prétention du Glaive à dominer la Croix. Celle-ci s’enracinait dans les principes de la Rome antique. Elle marqua toute l’histoire de la construction européenne, qui fut pour une grande part celle de la lutte d’influence entre l’Église et l’État. En distinguant ainsi la « vraie » laïcité du laïcisme, et en soulignant ce qu’elle doit en réalité au christianisme, Jean-François Chemain entend relever un défi.
   Agrégé d’histoire, professeur dans un lycée « chaud » de la banlieue lyonnaise, il voudrait montrer à ses élèves comme à tous ses lecteurs que notre civilisation ne peut sortir du catholicisme sans sortir d’elle-même; et que l’Église ne peut être réduite au silence sans que la source de ce que notre civilisation a apporté au monde ne soit tarie. Ce qu’il appelle de ses vœux, et au service de quoi il mobilise notre histoire, ce n’est pas une nouvelle croisade, mais bien plutôt une révolution intellectuelle. Celle qui verrait la laïcité retrouver sa véritable signification, contre son acception aujourd’hui couramment défendue : c’est en effet au prix de la reconnaissance assumée de ses fondements religieux qu’elle peut devenir un gage d’intégration pour l’avenir.
Victoire Badger

Renaissance catholique, n° 130, janvier-février 2014

   Jean-François Chemain, un homme à qui les paradoxes ne font pas peur, nous livre ici Une autre histoire de la laïcité effectivement bien à contre-courant de la Vulgate officielle. Il y défend la thèse que la laïcité, c’est-à-dire la distinction du spirituel et du temporel, est une idée foncièrement chrétienne – ce qui est peu original –mais que contrairement à l’opinion commune, la difficulté dans l’Histoire a résidé non pas dans la soumission de l’État à l’Église mais dans les tentatives des États de régenter l’Église et ce depuis le IVe siècle et l’édit dit de Constantin en 313.
   L’auteur cite de nombreux faits à l’appui de son argumentation : Constantin intervenant au concile de Nicée en 325, Charlemagne nommant les évêques, la montée en puissance du gallicanisme à partir du XlVe siècle, la tentative de création d’une Église nationale en France au moment de la Révolution française avec la constitution civile du clergé et l’interdiction des vœux religieux… À partir du XIXe siècle, l’État ne cherche plus tant à dominer l’Église qu’à la supprimer, ce dont témoignent les lois de séparation de 1905 et aujourd’hui les propos sans ambiguïté de Vincent Peillon. [...]
Jean-Pierre Maugendre

Valeurs actuelles, 15 mai 2014

   Qui est aujourd’hui capable de donner une définition précise de la laïcité ? L’opinion commune voit dans cette dernière une tentative de libération des États face à la tutelle des religions, particulièrement celle de l’Église catholique. C’est oublier que la laïcité est une idée profondément chrétienne, rappelle Jean-François Chemain, agrégé d’histoire et enseignant en Zep. L’auteur retrace, sans verser dans la victimisation, la longue recherche d’indépendance de l’Église, de l’Antiquité à l’époque moderne. Et soumet au lecteur des pistes de réflexion sur les racines chrétiennes de la laïcité, qu’il faudrait se réapproprier.
H.R.