Tarek, une chance pour la France Agrandir l'image

Tarek, une chance pour la France ?

978-2-37271-066-4

Jean-François Chemain

Nouveau

15,00 €

Fiche technique

Pages94
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionJanvier 2017

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Préface d'André Gerin, député-maire honoraire de Vénissieux (PCF)
Couverture de JEHANNE

   « Il n’y a qu’un Français pour mourir aussi lâchement », lance en riant Tarek, élève de 3e, commentant l’égorgement de notre compatriote Hervé Gourdelle en Algérie. Comment ne pas être choqué et effrayé de cette remarque, comme de tant d’autres rapportées par ce livre ? Tarek est-il vraiment une « chance pour la France » ? C’est pourtant lui qui, quelques temps plus tard, à l’annonce de l’acquisition de la nationalité française par l’une de ses camarades, ou encore devant le dernier carré de la Garde à Waterloo, ne peut s’empêcher de s’écrier : « La France aux Français ! ». À travers la « douche écossaise » d’anecdotes aussi glaçantes que désopilantes, notées sur le vif par l’auteur, enseignant en ZEP, on voit se dessiner le portrait d’une jeunesse de banlieue déchirée entre rejet de la France et désir de l’aimer. Si la radicalisation de certains est un fait, elle ne touche qu’une minorité, et n’est pas une fatalité. Les influences auxquelles sont soumis les jeunes sont multiples, et les enseignants sont en première ligne. Ce second livre-témoignage – après Kiffe la France – de Jean-François Chemain ne prétend pas apporter de solution définitive à un défi aussi complexe, mais montrer que rien n’est irréversible. Mais il est urgent d’agir : comme le constate André Gerin, son préfacier, « l’heure est à la résistance, à chaque citoyen, à chaque républicain ses obligations ».

   Né en 1961, Jean-François Chemain est diplômé de l'IEP de Paris, agrégé et docteur en Histoire. Il a exercé pendant une dizaine d'années le métier de consultant international dans plusieurs cabinets anglo-saxons, avant de devenir cadre dirigeant dans un grand groupe industriel français. Depuis 2006, il a choisi d'enseigner l'Histoire, la Géographie et l'Éducation Civique dans un collège de ZEP. Il enseigne aussi l’Histoire en école supérieure de commerce.

Du même auteur

La vocation chrétienne de la France 
Kiffe la France 
Une autre histoire de la laïcité 
L'argent des autres 

Dans la presse

Famille Chrétienne

Professeur d’histoire-géographie dans un collège de Zep, Jean-François Chemain continue à tenir la chronique du ghetto scolaire où les enfants de l’immigration vivent leur vie parallèle.

   Une France périphérique où l’on se définit d’abord comme « marocain » ou « algérien », avec l’islam comme drapeau, parce que « les Français » habitent un autre territoire lointain et inaccessible qui s’appelle le centre-ville.

   Les banlieues déshéritées suscitent bien des fantasmes, entre peur et irénisme. Pas d’amalgames ? Commençons d’abord par nous réconcilier avec le réel, nous invite Jean-François Chemain, livrant sans fard ce qui se passe au quotidien entre les murs de sa classe, sous la devise « Liberté, égalité, fraternité » incrustée au fronton de l’école républicaine comme un mensonge difficile à escamoter, nourrissant toutes les rancunes et tous les complotismes

   Préfacé par André Guérin, le député-maire PCF de Vénissieux, Tarek, une chance pour la France ? renoue avec l’ahurissant tableau décrit dans Kiffe la France, paru en 2011 : les élèves qui « rouillent » en cale sèche sur le port du collège unique, les échanges sur le vif (« Qui a dit : “Vive l’Algérie” ? – Pas moi, M’sieur, j’suis marocain ! »), l’inspectrice qui parle « triangle pédagogique », alors que le cours standard ressemble « à la scène d’un théâtre shakespearien ».

   Mais voilà, 2011, c’était avant la série d’attentats commis par des jeunes Français passés par l’école de la République, qui ont pourtant enfilé sans hésiter les oripeaux du djihad. Le professeur-essayiste a donc resserré la focale, pour donner à voir d’un peu plus près où se fabrique l’attraction-répulsion qui unit ces élèves à la France ; un pays qui transpire tellement la haine de soi et l’auto-flagellation qu’il se rend difficile à aimer. 

Clotilde Hamon