Secouons le cocotier Agrandir l'image

Secouons le cocotier

979-10-90029-36-1

Jean Raspail

Nouveau

On a enfilé sans pudeur, à propos des Antilles, les mêmes lieux communs, jusqu’à l’écœurement. Je ne déteste pas les Antilles, je les aime parfois beaucoup, à la folie rarement, et rarement pas du tout, mais j’en ai par-dessus la tête de la littérature de voyage [...]

Résumé

En stock

20,00 €

Fiche technique

Pages246
Dimensions13.5 x 20.5 cm
Couverturesouple
Date de parutionseptembre 2012

En savoir plus

   « On a enfilé sans pudeur, à propos des Antilles, les mêmes lieux communs, jusqu’à l’écœurement. Je ne déteste pas les Antilles, je les aime parfois beaucoup, à la folie rarement, et rarement pas du tout, mais j’en ai par-dessus la tête de la littérature de voyage. On ne peut plus lire un récit de voyage dans lequel l’auteur ne se croit pas obligé de s’exprimer comme un dépliant publicitaire en couleurs, car la civilisation des loisirs a broyé la littérature de voyage dans la moulinette touristique. Il n’y a donc plus qu’à tirer l’échelle, et tout recommencer. C’est ce que je fais... »


   Jean Raspail est notamment l’auteur du Camp des Saints, de Sire, de Qui se souvient des Hommes, du Roi de Patagonie, de L’Anneau du Pêcheur et des Sept Cavaliers, adaptés à la bande dessinée par Jacques Terpant.
Il a publié
Les Veuves de Santiago chez Via Romana en 2010, et Bleu caraïbe et citrons verts en 2014.

 

Dans la presse

NRH, n° 63, novembre-décembre 2012

   J’avais conservé le souvenir ravi du récit insolent, drôle et plein d’émotion dans lequel Jean Raspail racontait à sa façon ses périples aux Antilles. Je le redécouvre dans cette réédition très attendue avec la même excitation joyeuse. Comme l’écrit lui-même Jean Raspail : « On ne peut plus lire un récit de voyage dans lequel l’auteur ne se croit pas obligé de s’exprimer comme un dépliant publicitaire en couleurs… Il n’y a donc plus qu’à tirer l’échelle et tout recommencer. C’est ce que je fais… »
Dominique Venner

Valeurs actuelles, 1er novembre 2012

LUCIDE
   Vers le milieu des années 1960, Jean Raspail effectua un long périple à travers les Antilles, dont il tira la matière d’un livre de voyage déjà iconoclaste pour l’époque, mais qui, aujourd’hui semble d’une liberté de ton et de jugement presque inconcevable. Rompant en visière avec les clichés sirupeux et colorés des récits de ses prédécesseurs (la mer bleue, les plages ourlées de cocotiers, les lézards paresseux, la biguine lascive, le soleil qui tape et le rhum qui cogne…), l’auteur pose un regard lucide et donc (souvent) cruel sur la susceptibilité et la léthargie insulaires, les incohérences administratives, l’enfantillage du parler créole et les méfaits du tourisme de masse. « Je ne déteste pas les Antilles, je les aime même parfois beaucoup, à la folie rarement, et rarement pas du tout. Mais on ne peut plus lire un récit de voyage dans lequel l’auteur ne se croit pas obligé de s’exprimer comme un dépliant touristique. »
   Émaillé de portraits insolites et d’anecdotes savoureuses, cet antirécit de voyage est aussi décapant et “incorrect” que le livre de V. S. Naipaul sur les Caraïbes. Depuis, comme l’on sait, Jean Raspail a secoué bien d’autres cocotiers avec autant de jubilation que de talent.
Bruno de Cessole

 Les 4 vérités hebdo, n° 867, vendredi 16 novembre 2012

   Le grand romancier Jean Raspail est aussi un grand voyageur. On connaît sa passion pour la Patagonie. Il vient de nous offrir un savoureux récit de voyages aux Antilles. Aussi éloigné que possible du catalogue d’agence de voyage. Il s’agit ici d’un récit comme on en faisait au XIXe siècle, avant le tourisme de masse, ou comme on peut encore en faire pour des voyages en Sibérie ou en Patagonie, précisément, où l’on ne risque pas d’être dérangé par la foule des touristes occidentaux repus et grossiers. Un régal qui prolonge un peu l’été !

L’Homme Nouveau, n° 1532 du 22 décembre 2012

Voyage aux Antilles raspaliennes
   Jean Raspail n’a pas fini de nous surprendre. Nous le pensions parti pour la Patagonie, entraînant avec lui des cohortes de lecteurs et d’aventuriers ouverts à d’autres mondes, et voilà qu’il siffle le rassemblement depuis les Antilles. Le côté carte postale, voyage organisé façon Club Med. et parcours obligé en car climatisé, m’a retenu tout d’abord de plonger dans ce livre. Que l’on me pardonne, mais non, décidément, rien ne m’attire dans ces îles. Ni le bleu de l’eau, ni le sable des plages, ni le punch. C’est ainsi ! En dessous de la Loire, je ne connais rien ou presque, à part deux ou trois villages isolés, des fromages bien français et quelques compagnons qui ne le sont pas moins, tout en étant (beaucoup) moins coulants… Mon pôle se situe plus au Nord, en raison d’un vieil atavisme, difficile par définition à changer.
   Il n’en reste pas moins que j’ai dû revoir mes classiques raspaliens, refaire mes classes, désembrumer un esprit habitué, ce qui est la plus honteuse des situations. Car, évidemment, les Antilles de Raspail n’ont strictement rien à voir avec le catalogue glacé des agences de voyage. On n’y respire pas tant l’air du large – vieille image usée à force d’avoir servi – que le sang bouillant du Gaulois, à qui on ne la fait pas, assez libre pour voguer à sa manière et emprunter des chemins, ni de tourisme ni clandestins, qui sont surtout les siens.
   Réédité ici dans sa version complète, Secouons le cocotier nous apprend finalement beaucoup sur son auteur, pour peu que nous sachions le lire. Les doctes compareront l’évolution du style au fil des ans et des publications. Les autres, c’est-à-dire les vrais lecteurs, goûteront tout simplement les phrases rapides, les sentences bien ciselées, les portraits dévastateurs, les leçons réjouissantes et les paradoxes explosifs.
   « Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux » lâche l’auteur à un moment, ce qui lui permet joyeusement de mener la charge contre un monde soumis au fric et au tourisme qui dénature « un peuple sous prétexte de l’enrichir ». Depuis la première parution de ce livre, les Antilles ont certainement changé, mais cette vérité-là, malheureusement pas. Et c’est pourquoi Raspail est toujours grand !
Philippe Maxence

 La Nef, n° 245, février 2013

   Il est amusant de lire ou de relire cet ouvrage écrit en 1966 et réédité en 2012 pour mesurer combien la liberté de ton et de propos y est très éloignée de ce que nous pouvons nous permettre d’écrire aujourd’hui. Cette expérience ludique vous permettra d’apprécier les effets du politiquement correct qui ont laminé l’expression de sensations et de sentiments un tant soit peu roboratifs.
   Excédé par la littérature de voyage qui dégueule de lieux communs désespérément superlatifs, idylliques et attendus, Jean Raspail nous invite à regarder les Antilles au fil d’anecdotes et de rencontres qui sont autant de petits reportages bien ficelés, très agréables à découvrir.
   Ponctuant son récit de dialogues intérieurs, Jean Raspail qui, comme chacun sait, n’a jamais eu la langue dans sa poche, nous livre ainsi une réflexion sur le créole comme langue certes pittoresque mais aussi participant paradoxalement de la soumission des populations autochtones. Loin de la carte postale sur papier glacé, le regard porté est un peu triste comme le spectacle offert d’un art de vivre assez vite épuisé, mélange de vie et de décadence. Reste le punch et quelques personnages hauts en couleur et improbables. Finalement au terme de cette expérience livresque d’anti-catalogue promotionnel, vous prenez le risque d’être tenté d’aller visiter ces îles pourtant si touristiques.
Henri Charrier

Famille chrétienne, n° 1859 du 31 août au 6 septembre 2013

   1966 : « Les Antilles, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout… » Un récit de voyage façon Raspail, alerte, d’un humour décapant, empli d’anecdotes, de personnages pittoresques. Où l’auteur secoue malicieusement le cocotier de la nonchalance antillaise, tout en montrant une vraie tendresse pour les Antillais. Succulent… et très touristiquement incorrect !
Marie-Catherine d’Hausen