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Mes cours d'assises

979-10-90029-93-4

François Foucart

Nouveau

Voici sélectionnées dix-neuf affaires suivies en direct.

Résumé

24,00 €

Fiche technique

Pages278
Dimensions13.5 x 20.5 cm
Couverturesouple
Date de parution2014

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« Il faut lire ce livre, parfois cru, du gentilhomme des prétoires. » G.-W. Goldnadel
   Le crime est fascinant, son issue judiciaire également, et les vieux chroniqueurs judiciaires se souviennent avec émotion du temps de la peine de mort. Certes, il y a un aspect morbide, on se sent un peu voyeur, il y a un désir de justice tout en craignant ce qui peut ressembler à la chasse à l’homme, et pourtant comment refuser d’écouter une histoire palpitante ? À la cour d’assises, le professionnel est chez lui : tant de drames, de larmes, mais aussi parfois de rires, et cependant chaque procès est un roman, souvent inimaginable.
Voici donc sélectionnées dix-neuf affaires suivies en direct. Dans les médias on trouve d’excellentes analyses mais bien souvent ils se heurtent à un obstacle : inconsciemment, ils sont souvent formatés, plus ou moins liés au politiquement correct. Les voilà donc tenus à une certaine ligne avant même l’ouverture des débats, et ils ne peuvent tout dire. Parce qu’il a toujours voulu s’en tenir aux faits, sans concession aux modes, refusant les verdicts avant procès ou les commentaires convenus, l’auteur de cet ouvrage (« ineffable chroniqueur judiciaire de France Inter » écrivait Libération) témoigne donc de ce qui n’a pas été dit, en photographe rigoureux de plusieurs drames qui nous sont encore proches.

   François Foucart, journaliste de télévision et de radio, a été pendant vingt-cinq ans le chroniqueur judiciaire (et l’informateur religieux) de France Inter. Diplômé en droit et en psychologie, il a été visiteur des prisons. Il est chevalier de la Légion d’honneur et chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Préface de Gilles-William Goldnadel.

 

Dans la presse

 

L’Homme nouveau, n°1580, 20 décembre 2014

   Le gentilhomme des prétoires.
   François Foucart, dont le billet est très apprécié des lecteurs de L’Homme nouveau, vient de publier un livre intitulé Mes cours d’assises, où il relate avec le talent et la verve qu’on lui connaît dix-neuf affaires suivies en direct. Dans sa préface, le célèbre avocat Gilles-William Goldnadel dit tout le bien qu’il pense de cet ouvrage du « gentilhomme des prétoires ». [suit la préface intégrale]


La Nef, n° 267 février 2015

   François Foucart a été pendant vingt-cinq ans le chroniqueur judiciaire de France Inter. Dans un livre passionnant, il raconte les plus célèbres affaires qu'il a suivies. Entretien.
   La Nef De récents scandales comme le « mur des cons » montrent une justice qui part à la dérive : qu'en est-il selon vous ?
   François Foucart – À l'exception peut-être de la cour d'assises dont le fonctionnement est tempéré par le bon sens populaire des jurés, oui la justice est en perte de vitesse chez nous, phénomène qui s'accélère depuis l'arrivée de Mme Taubira.
   Tout a commencé à dériver après Mai 68 et la création de l'École Nationale de la Magistrature. En sont sorties des générations de magistrats marqués à gauche à l'image de leurs professeurs, puis est venue la création du Syndicat de la Magistrature et, très vite, là où l'on attendait des juges on a trouvé des militants. Les exemples sont innombrables : à Douai, le juge Pascal qui, à l'occasion d'un crime, met en prison sans motif le notaire Leroy sous prétexte qu'« étant notable, il est forcément suspect » ; le frénétique juge Hayat qui fera emprisonner le jeune et brillant commissaire Jobic connu comme catholique et politiquement de droite (Hayat sera totalement désavoué) ; le substitut Baudot qui déclare dans un discours de rentrée de cour d'appel : « Vous devez oublier la loi, être toujours pour la femme contre le mari, pour l'ouvrier contre le patron, pour le voleur contre le volé, pour le locataire contre le propriétaire. » Quant aux jugements ou arrêts rendus, c'est pire : à Paris, les Femen qui avaient détérioré une cloche, insulté le clergé, agressé des gardiens ont été relaxées et les gardiens condamnés ! À noter que le Parquet, servile, avait préparé la relaxe en ne retenant qu'une simplifée « dégradation de biens matériels » alors qu'il y avait provocation à la haine antireligieuse. Et le Dr. Dor lourdement condamné pour avoir présenté des petits chaussons à une femme pour la dissuader d'avorter !
   Si l'on ajoute une féminisation excessive de la Magistrature, une inflation considérable des procédures (« Je porte plainte ! ») d'où encombrement et lenteurs, un contentieux inévitable entre police, gendarmerie, administration pénitentiaire, et un suivi pénal inexistant puisque l'on veut multiplier les sursis même pour des faits graves, proposer des peines de substitution utopiques, voire des « rappels à la loi » (éclats de rire des voyous), eh bien la justice boite. Il faut dire que, globalement, la Chancellerie a plus d'estime pour les coupables que pour les victimes ou les forces du maintien de l'ordre…
   La Nef – Votre livre relate notamment l'affaire Ranucci : que vous inspire cette affaire au regard de la question de la peine capitale ?
   F.F. –
L'affaire Ranucci est exemplaire de la façon dont on manipule l'opinion. En 1974 à Marseille, une petite fille de 8 ans, Dolorès, est enlevée. On la retrouve tuée à coups de couteau. Très vite, repéré par son numéro de voiture, un suspect est arrêté. Il s'agit de Christian Ranucci, vingt ans, qui vit à Nice avec sa mère et semblait un garçon sans histoire. Il avoue rapidement, affirmant ne pas comprendre ce qui a pu se passer, puis se rétracte. Les preuves sont pourtant là, nombreuses. Par exemple, c'est lui qui indique qu'il s'est débarrassé du couteau en l'enfonçant dans de la tourbe à l'entrée d'une champignonnière où sa voiture s'était embourbée. Devant la cour d'assises il plaide non coupable mais se montre très désagréable, arrogant. Il est condamné à mort, le président Giscard ne le gracie pas et il est guillotiné aux Baumettes le 28 juillet 1976. Coupable ? Certainement. Mais j'estime que l'on aurait pu requalifier le crime en meurtre (20 ans de réclusion) et non pas assassinat, car il n'avait pas enlevé la petite pour la tuer et il n'y a eu aucun sévice sexuel. D'autre part, il aurait dû évidemment (devant les preuves) plaider coupable, mais en expliquant qu'il avait été saisi d'une sorte de raptus mental, submergé par l'affolement et l'angoisse d'avoir enlevé l'enfant. Mais c'est alors que tout commence. Militant contre la peine de mort, l'écrivain Gilles Perrault dénonce dans Le Pull-over rouge ce qu'il dit être une terrible erreur judiciaire : on a guillotiné un innocent. L'ouvrage est bien écrit, passionnant, mais il est bâti sur du sable, les hypothèses autour de la présence d'un pull-over rouge dans la galerie de la champignonnière sont totalement fantaisistes. Depuis 36 ans, l'opinion est fermement priée (avec l'appui de nombreuses émissions et d'un film, très mauvais) de croire à une erreur judiciaire. Je ne dis pas qu'il fallait guillotiner Ranucci, mais j'affirme qu'il était coupable.
La Nef – Autre affaire célèbre fort bien racontée, celle d'Omar : quelle analyse en faites-vous ?
F.F. –
Là aussi l'opinion a été trompée. Mme Marchal retrouvée morte, tuée dans un local fermé, avait dans ses derniers instants tracé à deux reprises, avec son sang, l'inscription « Omar m'a tuer ». Omar, c'est son jardinier marocain, qui nie malgré des charges accablantes. Mme Marchal, écrasée de coups, couverte de sang, écrit, à genoux, une première inscription, puis, terrorisée à l'idée d'un retour de son meurtrier, dresse avec un tube métallique et une pièce de bois un petit barrage qui bloque totalement la porte d'entrée. Enfin, elle va, à l'autre bout du local, tracer un deuxième message, terrible accusation d'outre-tombe, puis meurt. La faute de l'infinitif (m'a tuer) ne fait qu'authentifier sa signature puisqu'elle en était coutumière et un autre scripteur n'aurait su l'imaginer. Personne ne pouvant ensuite sortir du local (barrage de la porte), c'est donc bien elle qui a écrit, et elle ne connaissait qu'un Omar : son jardinier. Me Vergès, déclarant que l'on accuse Omar parce qu'il est maghrébin (!) va manipuler l'opinion et certains, comme pour Ranucci, vont déclarer que l'affaire n'est pas claire. Elle l'est pourtant, totalement. Condamné à 18 ans de réclusion, Omar Raddad sera rapidement libéré par Chirac à la demande du roi du Maroc, Hassan II. Employé d'une boucherie halal, il est aujourd'hui en arrêt maladie pour dépression… Ajoutons qu'Omar, joueur, endetté mais envoyant de l'argent au Maroc, en avait sans cesse besoin et il était venu en demander à Mme Marchal.
Propos recueillis par Christophe Geffroy

Famille chrétienne, n°1939, du 14 au 20 mars 2015

   François Foucart a été pendant des années le chroniqueur judiciaire de France Inter – « l’ineffable chroniqueur judiciaire de France Inter », ironisait Libération, ce qui d’emblée nous le rend sympathique.
   Parmi les nombreux procès qu’il a couverts, quelques affaires célèbres l’ont particulièrement marqué, qu’il relate avec talent : Ranucci, Grégory, Romand, Barbie, Papon, Touvier, Omar Raddad… On en retiendra surtout des portraits étonnants : Jean-Claude Romand, qui mentit à sa famille pendant dix-sept ans ; Elisabeth Cons Boutboul, « l’Araigne », dont on ne saura jamais si elle a fait assassiner son gendre ; Barbie, qui jamais ne fit montre du moindre remords. Apparaissent aussi quelques belles figures d’avocats ; Henri-René Garaud, « inventeur de la légitime défense », qu’il eut le mérite de faire appliquer par les jurys d’assise, ou Jacques Trémolet de Villers, « un très grand avocat, un étonnant orateur ».
   Ce livre tissé de faits vrais se lit comme un roman.
Charles-Henri d’Andigné

NRH, n°77, mars-avril 2015

   Durant 25 ans, François Foucart a couvert pour France Inter les grands procès d'assises. On connaissait sa belle voix chaude et timbrée; on découvre qu'il a aussi une belle plume. Dans l'évocation écrite de 19 affaires criminelles marquantes on retrouve les qualités dont ce conteur né faisait preuve à l'antenne.
   Refusant les verdicts avant procès Foucart n'a jamais sacrifié au politiquement correct. Cette absence de manichéisme et son attachement aux faits lui ont permis de comprendre comment à Lyon on a moins jugé Barbie que rouvert « l'obsédant procès que la France se fait à elle-même puis 1940 » (Me Jacques Verges).
   Foucart donne à voir autant qu'à réfléchir. Ses Cours d'assises en disent davantage sur l'idéologie dominante que de longs discours. II montre comment une affaire purement crapuleuse, comme l'affaire Omar Raddad, a été biaisée jusqu’à devenir une affaire politique. « L’opinion publique soumise à un véritable matraquage s'imagine que I'on va juger un innocent » lorsque s'ouvre le procès du jardinier marocain. Forcément innocent parce que maghrébin ? En journaliste, il se demande plutôt s'il a, oui ou non, tué une vieille dame. C'est une bonne question.
   S'il n'ignore pas que la vérité judiciaire n'a parfois rien à voir avec la vérité tout court, il n'hésite pas à rompre les lances avec Gilles Perrault (Le Pull-over rouge) : « En inventant une erreur judiciaire, [il a] trahi la vérité ». II est aussi l'un de ceux qui a le mieux compris l'affaire Yann Piat ex-député FN, assassinée sur ordre d'un patron de bar proche du milieu. On peut ne pas partager son intime conviction sur les raisons de la mort de Gregory, l'enfant martyr de la Vologne, mais on ne peut lui dénier une profonde honnêteté.
   Et un réel professionnalisme.
Jean-Pierre Bonicco