La Blanche avec sa croix Agrandir l'image

La Blanche avec sa croix

978-2-37271-069-5

Fabienne Monclar

Nouveau

18,00 €

Fiche technique

Pages146
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionFévrier 2017

En savoir plus

Avec un cahier photos.

   Faut-il s’exiler d’une France qui, reniant son passé, compromet son avenir ? Faut-il s’exiler de France pour rester Français ? Fabienne Monclar est filleule, belle-fille, épouse et fille de légionnaire : le général Ralph Monclar, un des As de la Grande Guerre, résistant de la première heure et héros de la guerre de Corée. C’est dire sa révolte contre toute forme d’infidélité à Dieu et au sol natal.
   Son expérience de l’Afrique, surtout du Nigeria en tant que femme d’attaché de Défense, qu’elle livre ici pour la première fois, l’a convaincue de témoigner pour réveiller les cœurs et vaincre les démons acharnés à tuer l’âme et les peuples d’Occident. À l’heure où la France et l’Europe renient leur foi, leur histoire, leurs saints, leurs héros, leurs missionnaires, un continent s’ouvre à notre regard pour rappeler les vieilles vertus qui fondent la civilisation, réchauffent les cœurs et font prospérer les sociétés. Les Chrétiens du Nigeria, persécutés et crucifiés par l’islamisme sans cesse progressant, portent en eux un antidote au désespoir ou à la résignation, et Fabienne Monclar nous dit ici comment et pourquoi ils ont allumé en elle la certitude de la reconquête, arrachant les masques du matérialisme et de la ploutocratie universelle.

   Fabienne Monclar a cessé de travailler lorsqu’elle s’est mariée. Elle n’a alors eu de cesse, suivant son mari dans toutes ses affectations, que de le seconder dans les tâches discrètes, parfois ingrates mais combien essentielles de femme d’officier.
   Avec un grand sens de la communication, mais sachant écouter l’autre, elle a entretenu des relations bien au dehors du milieu militaire. Catholique, consciente de l’importance de faire connaître l’évangile, elle a  souvent abordé avec ses interlocuteurs la question de l’existence de Dieu et de la foi.
   Désormais, elle met sa plume au service des missions dans le cadre d’une association. Aimant « la plus belle conquête de l’homme », qu’elle a raffolé de monter lorsque l’occasion se présentait, elle a aussi une passion pour les chiennes setter irlandais, fidèles comme le peuple d'Irlande.

Du même auteur

Monclar, le Bayard du XXe siècle 

Dans la presse

PRÉSENT,  samedi 18 mars 2017

   Fabienne Monclar, dont Présent a signalé le beau livre sur son père, le général Monclar, vient de faire paraître un livre d’impressions et de souvenirs portant sur ses séjours, dans les années 90, aux côtés de son mari officier de Légion, au Nigeria et à Mayotte, titré La Blanche avec sa croix. Elle y évoque notamment la place de la religion en Afrique.

— Vous évoquez les persécutions actuelles au Nigeria contre les chrétiens. Que vous inspirent ces nouvelles dramatiques ?
— Ces divers bains de sang en Afrique ou en terre d’Orient, qui ne font que s’étendre, sont horribles. Je pense à tous mes amis chrétiens nigérians et je sais qu’ils mourront plutôt que de renier leur foi. Il faut savoir également que la carte des religions, au Nigeria, correspond plus ou moins avec celle des tribus : les gens de ma génération, en France, n’ont pas oublié le sort des Biafrais, en majorité catholiques, qui ont subi et subissent encore des persécutions. Dans les années 50, l’Eglise n’avait pas honte de soutenir avant tout les catholiques sur lesquels le sort s’acharnait. On reconnaît d’ailleurs sans peine un Biafrais à la tristesse qui marque son visage...

— Vous menez sans avoir l’air d’y toucher une analyse fort intéressante sur les différences d’état d’esprit entre ex-colonies anglo-saxonnes et ex-colonies françaises. Pouvez-vous développer ?
— Effectivement, le Nigeria est une ancienne colonie anglaise. On en constate encore de nos jours les traces : le protestant ne fréquente pas l’indigène, alors que le catholique vit avec l’autochtone. Vous pouvez voir le bien-fondé́ de cette observation dans toutes nos anciennes colonies. Or, quand vous arrivez au Nigeria, vous constatez que le Blanc et le Noir ne se fréquentent pas, ce qui choque un Français catholique. Pour ma part, j’ai rencontré de nombreux Noirs et je m’y suis fait des amis, grâce à ma croix. Mgr Lefebvre et de nombreux missionnaires ont converti cette Afrique, et ceux qui ont été convertis alors gardent réellement les valeurs chrétiennes et les défendent.

— Le Nigeria est un pays où la religion se répartit à peu près de façon égale entre les chrétiens et les musulmans. Quelle attitude, selon vous, concernant l’affirmation de sa religion, est la meilleure ? Le titre de votre livre ne vous montre pas favorable à l’enfouissement…
— Depuis qu’au Nigeria la démocratie a été imposée, les musulmans, très majoritaires au Nord, y ont exigé la charia. Or je ne pense pas, comme nous le recommande le Pape, qu’il ne faille pas porter sa croix comme un emblème. Au contraire, il faut être fier de sa foi! Sinon, les musulmans vous méprisent. Ils ont bien raison, d’ailleurs. Je suis fière de ma foi, j’ai toujours porté ma croix comme un emblème. C’est comme cela que je me suis fait des amis africains là-bas.

— Vous évoquez aussi votre séjour à Mayotte en parlant d’« islam modéré ». Cela existerait donc ?
— Cela existe à Mayotte puisqu’il s’agit d’un matriarcat : on ne peut pas faire moins islamique ! Mayotte s’est placée sous la protection de la France car ses habitants ont toujours été les esclaves des autres Comoriens. Le catholicisme a toujours interdit l’esclavage.

— Quels résultats selon vous entraîne le dialogue inter-religieux tel qu’il est souvent prôné de nos jours ?
— De fait, les musulmans ne veulent pas dialoguer avec les infidèles. Ils estiment que c’est une faiblesse. Je donne l’exemple d’un prêtre catholique, à Mayotte, qui refusait de faire sonner les cloches « pour ne pas gêner les musulmans ». C’est le cadi du coin – ce qui renforce mon affirmation comme quoi Mayotte connaît un islam modéré – qui a fait remarquer que les chrétiens avaient le droit de faire sonner leurs cloches. Cet aumônier catholique se montrait plus préoccupé des musulmans que des chrétiens. Il s’est d’ailleurs heurté aux légionnaires, qui l’appelaient « le père Turbé ». J’ai aussi connu au Nigeria un prêtre français qui ne voulait parler ni de la Vierge ni des saints « pour ne pas déplaire aux protestants ». Ce qui m’a profondément blessée ! Voilà un dialogue inter-religieux vraiment dévoyé.

— Vous avez voulu assister à la messe en compagnie de vos boys catholiques, et non forcément « à la messe pour les Blancs ». Comment cela s’est-il passé ?
— Cela me paraissait la moindre des choses d’aller à la même messe qu’eux, qui travaillaient chez nous. Je parle beaucoup d’Emile, notre cuisinier, avec lequel je disais la prière du matin. C’est lui qui a proposé aux autres boys de l’ambassade de venir « faire la prière avec Madame ». Je suis donc allée à la messe locale et non aux messes pour les Blancs, qui avaient lieu dans diverses langues, selon les coutumes de l’Eglise actuelle. Je m’y suis retrouvée la seule Blanche. Nous avons aussi eu la chance de recevoir les missionnaires du Gabon, de la Fraternité Saint-Pie X. Les pères en soutane blanche, c’était magnifique, pour mes boys ! Ils étaient profondément heureux d’assister à la messe traditionnelle, qui honorait vraiment Dieu. Les pauvres trouvent leur richesse dans une belle liturgie, ils ont besoin du sacré. Les Africains touchent du doigt le sacré immédiatement, alors que les Européens ont tendance à en perdre le sens. Or, comme l’explique l’abbé de Tanoüarn, la liturgie traditionnelle est la liturgie du sacré, qui nous met à bonne distance des choses de Dieu : non pas une distance infranchissable, non pas une distance qui serait une barrière mais, en étant à bonne distance, c’est ainsi que l’on peut aimer ce qui nous dépasse.
Propos recueillis par Anne Le Pape