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Gare Saint-Charles : souvenirs 1949-1957

978-2-916727-45-5

Ghislain de Diesbach

Nouveau

« Lorsqu’à dix-sept ans, je découvris Marseille au sortir de la gare Saint-Charles, j’en éprouvai un éblouissement comparable à celui de Renan au pied de l’Acropole et longtemps je devais regarder Marseille comme une seconde Athènes »... Nourri par l’anecdote et l’ironie, le témoignage de Ghislain de Diesbach captive par le regard qu’il porte sur un Midi désormais disparu.

Résumé

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24,50 €

Fiche technique

Pages228
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionmars 2009

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   « Lorsqu’à dix-sept ans, je découvris Marseille au sortir de la gare Saint-Charles, j’en éprouvai un éblouissement comparable à celui de Renan au pied de l’Acropole et longtemps je devais regarder Marseille comme une seconde Athènes »…
   Ghislain de Diesbach confie ses souvenirs de la vie phocéenne, de celle aussi de Nîmes et d’Aix au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Nourri par l’anecdote et l’ironie, son témoignage captive par le regard qu’il porte sur un Midi disparu.
   Hommes d’affaires, notables et gens de lettres y côtoient des figures de la vie provençale qui toujours sortent de l’ordinaire. Le charme des paysages, les conversations, les confidences, les portraits, les bons mots, la vie estudiantine et mondaine, voici les bonheurs d’un jeune homme des années 50 au bord de la Méditerranée, jusqu’au Maroc au temps du Protectorat.

   Historien renommé, biographe et essayiste, Ghislain de Diesbach est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parmi lesquels un savoureux Petit dictionnaire des idées mal reçues (Via Romana, 2007). Grand Prix de la biographie de l’Académie française pour son Proust en 1992, il présente ici le second volet de ses souvenirs à contre-courant.

Du même auteur :


Petit dictionnaire des idées mal reçues 
Une éducation manquée : souvenirs 1931-1948 
Un début à Paris : 1957-1966
Le goût d’autrui
Iphigénie en Thuringe 
Le Grand Mourzouk 
Jules Verne politiquement incorrect ? 

Dans la presse

La Provence, 19 avril 2009

   Aix au début des années cinquante

   Après avoir raconté, avec talent, la vie des autres – on lui doit notamment des biographies de Necker, Mme de Staël, Chateaubriand, Ferdinand de Lesseps ou Proust, ce dernier couronné par l’Académie française – Ghislain de Diesbach a, l’âge venant, décidé de raconter la sienne propre.

   Cela a valu à ses lecteurs un premier ouvrage de souvenirs, depuis sa naissance en 1931 jusqu’à 1949, et titré, par antiphrase : « Une éducation manquée ».
   Cet historien de renom vient de récidiver, en publiant Gare Saint-Charles, qui va de 1949 à 1957, cette gare étant le premier contact que Ghislain de Diesbach, arrivant de Saint-quentin, dans le Nord, prend avec Marseille. Pour ce « Ch’ti », c’est le coup de foudre.

Conséquence obligatoire pour qui aime Marseille : Aix ne lui plaît pas. À la « Nouvelle Athènes » – c’est ainsi qu’il nomme sa ville d’adoption – il oppose « Aix la morte ». Malgré cela, nous autres Aixois pouvons trouver beaucoup d’intérêt à ce livre, à commencer par le fait qu’il est écrit dans le style le plus pur.
   Par surcroît, il fourmille d’anecdotes sur la vie de l’étudiant en droit qu’était Diesbach à l’époque. Logé à la villa Désiré, au début de la route de Nice, il découvre de grandes familles aixoises – les Albertas, Welle, Foresta, Campou, Meyronnet Saint-Marc, Saporta – fréquente les « Deux Garçons », passe tout de même de temps en temps à la faculté de droit et, grâce à la rente mensuelle versée par un père compréhensif, goûte sans retenue au plaisir de ne pas avoir à gagner sa vie.
   Au cours de ses années aixoises, il fait la connaissance de Jean Giono, invité chez des amis communs à Manosque, auquel il trouve une allure de « brave cabaretier du Midi », et croise Blaise Cendrars, « clochard farouche et manchot dont je m’étonnais que l’on tolérât la présence à la terrasse des Deux-Garçons ». À l’image de l’ensemble du livre, la quarantaine de pages consacrées à Aix, toujours rehaussées d’une pointe d’humour et de bons mots glanés ça et là, qui racontent la vie insouciante que l’on menait, à l’aube des années cinquante, dans notre ville qui comptait alors une trentaine de milliers d’habitants.
Paul-Henry Fleur 

Le Figaro littéraire, jeudi 18 juin 2009

Un marginal de bonne famille
[...] En 1948, il fait la connaissance de Ferdinand Bac, un « intime » du Second Empire qui ne cesse de le fasciner lui-même.
   En publiant cinquante ans après Un prince 1900, Ghislain de Diesbach prouvera son attachement indéfectible à cette figure décisive pour sa carrière d’historiographe. Découvrant Marseille en 1949, il se sent si dépaysé qu’il commence un journal intime témoignant de son peu d’intérêt pour le folklore provençal. Il est inscrit à la faculté de droit d’Aix et trouve I’inspiration d’un roman futur, Un joli train de vie que récompensera le prix Cazes en 1962.
   Il s’y fait aussi beaucoup d’amis dont certains fort pittoresques, comme les frères Brunon qui collectionnent les soldats de plomb ou le très anglophile Jean-Éric Dosne. Mais son second volume de souvenirs, Gare Saint-Charles, nous précise également : « Aucun vieillard jouissant d’un nom, d’une certaine fortune ou d’une réputation n’était à l’abri de mes inquisitions et ne pouvait se vanter de mourir sans m’avoir vu. »
  
ll mène, dit-il, « une vie mondaine effrénée », lorsqu’il ne sillonne pas la région sur sa moto. À Manosque, il rencontre Jean Giono dont il trouve la tenue négligée et I’accent assez vulgaire. Au milieu des années cinquante s’amorce son « apogée marseillaise » aux côtés de ses amis de Bévotte qu’il qualifie de « famille élective ». Il dévore à cette époque le Journal de Denton Welch, un jeune auteur anglais choyé par Édith Sittwe et trop tôt disparu mais dont I’influence s’exercera sur l’œuvre de William Burroughs. « Son journal me rappelait ces talismans qui, dans les contes, permettent à leurs possesseurs de se transporter en un clin d’œil à mille lieues de Ià. » Il ira se prosterner sur sa tombe dans le Kent, remerciant Welch de lui avoir appris « une certaine façon d’observer Ia vie, non dans ce qu’elle a de glorieux mais de simple et de quotidien ». Il se sent néanmoins plus proche d’un Boswell qu’il juge « enthousiaste et présomptueux. »
   Il fera aussi à cette époque la rencontre d’une figure déjà fameuse du monde des lettres, dont il se sait le cousin germain : Marguerite Yourcenar. [...]
François Rivière

Valeurs actuelles, 9 juillet 2009

   Découvrir un nouveau Diesbach, c’est toujours un bonheur, que l’on attend avec une certaine jubilation tant il est vrai que l’auteur est drôle, cultivé, caustique, surtout quand il livre une vie, la sienne, exercice périlleux s’il en est, avec le risque de tomber dans un panégyrique du plus mauvais goût.Nous l’avions laissé à 18 ans et sa vocation d’historien avec son premier – et remarquable – recueil de souvenirs (Une éducation manquée,Via Romana), nous le retrouvons pour la suite à Marseille en 1949, toujours aussi détaché de tout – surtout des études et de lui-même –, sauf de sa soif de rencontres et, dira un de ses amis, de « son goût des grandeurs et de [son] intransigeance en matière mondaine ». Sous une plume toujours légère et acérée, Marseille et ses entrailles sont des personnages à part entière, prodigieux. Diesbach nous en fait sentir la chaleur, la crasse, au milieu de figures à la Raimu, [...] On ne s’en lasse pas. La seule ambition de notre auteur était de se faire « éventuellement un nom dans les lettres en laissant à la postérité un volume de souvenirs ». Le contrat est amplement rempli.

NRH, Nouvelle Revue d’Histoire, n°43, juillet-août 2009

   Une Éducation manquée, premier tome des Souvenirs de Ghislain de Diesbach, laissait espérer à ses lecteurs enthousiastes une suite. La voici.
   Lorsque, quittant Saint-Quentin où il a cru mourir d’ennui, le jeune Diesbach débarque un matin du printemps 1949 à Marseille, un autre monde s’ouvre à lui, inédit, merveilleux : le Midi.
   Non pas celui de Pagnol mais celui des châteaux de l’arrière-pays, des hôtels particuliers d’Aix-en-Provence où vivent parfois encore les descendants de la noblesse ; celui aussi des grandes familles bourgeoises enrichies grâce au commerce, à l’armement, aux huileries. Monde, il est vrai, en train de disparaître, englouti dans la modernité, tué par les nouvelles fortunes bâties au marché noir, bientôt ruiné par la perte de notre empire colonial.
   Censé décrocher un baccalauréat qui ne le motive guère, puis une licence en droit qui le motive moins encore, le jeune comte de Diesbach, entre deux passages épisodiques à la faculté, heureusement éclairés par les bons mots de quelques amis choisis, donc originaux et médisants, passe son temps à rêver à la grande carrière littéraire qui l’attend, si jamais il a le courage de se mettre au travail, et à courir les salons, non pour les beaux yeux de quelque héritière mais pour y recueillir les souvenirs de vieux messieurs et de vieilles dames très dignes.
   Légèretés, mondanités, badinages qui ne doivent pas dissimuler l’éclosion d’une vocation d’historien passionné, décidé à ne rien laisser perdre des époques révolues. Ghislain de Diesbach se fait l’observateur caustique de sa propre jeunesse. Pas de grandes figures dans ces pages, hormis celle de Jean de La Varende, auquel Diesbach, comme tant d’autres de ses jeunes admirateurs, rendit une visite de dévotion dont il sortit abasourdi et fort déçu. Ajoutons celle de Marguerite Yourcenar, encore au début de sa carrière littéraire. En revanche, des portraits d’amis, de proches, de relations, croqués avec un mélange de tendresse et de cruauté en général très réjouissant.
   Le lecteur prend un vif plaisir à ces anecdotes, souvent d’une extrême drôlerie, et s’aperçoit, en refermant le livre, qu’il vient d’explorer, et de fort près, un pan de l’histoire évanouie de la sociabilité en France.
Anne Bernet

Revue générale, septembre 2009

   [...] Voici que, avec Gare Saint-Charles, il récidive en nous contant ses années d’après-guerre, quand Marseille l’éblouit comme l’Acropole stupéfia Renan. Tout jeune, Diesbach se prend de passion pour l’Allemagne du XIXe siècle, ses cours princières, son parfum de Saint-Empire. Il rend visite à La Varende, qui, royal, lâche : L’exactitude est l’apanage de la médiocrité. Surtout, il se découvre une manie : interroger les vieillards sur leur jeunesse, leur extir­per des souvenirs enfouis qu’il note avec ferveur. Ce volume de mémoires ressuscite ainsi une galerie d’originaux : nobliaux et patriciens de Provence (terrifiant tableau d’Aix durant l’hiver 51), vieilles toquées enfermées dans leurs hôtels, gandins friands de tea parties, tout un monde aux antipodes du nôtre, où la conversation, jadis un art se réduit à des invectives sur des blogs ou à des messages onomatopéiques sur des écrans de plastique. Parler était alors chez moi un besoin physique autant que cérébral nous confie ce causeur que le lecteur aurait tort de considérer comme un esprit léger, car Diesbach, en parfait homme de l’ancien monde, masque ses chagrins par un sourire, sans être jamais dupe. Écoutons-le : il n’y a pas de sentiment plus tragique, je crois, que celui de prendre conscience de soi-même. Comme Diesbach compte des Belges parmi ancêtres et cousins, le voilà donc lié aux Crayencour (d’où une visite à celle que d’aucuns surnomment encore la Grande Ourse Noire), aux van Caloen et même, par son oncle, à Léopold III.
   Homme du Nord, Diesbach se définit comme ingénu : annexons-le parmi les Belges d’humeur !
Christopher Gérard