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Philippe d'Orléans, comte de Paris

978-2-37271-149-4

Thibault Gandouly

Nouveau

24,00 €

Fiche technique

Pages386 p. + 8 p. de cahier photos
Dimensions13,5 x 20,5 cm
Couverturesouple
Date de parutionfévrier 2020

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Préface du prince Jean de France

   Petit-fils du roi Louis-Philippe et arrière-petit-fils de Philippe-Égalité, Philippe d'Orléans, comte de Paris (1838-1894), naît au palais des Tuileries. Passant son enfance entre Paris et le château d'Eu en Normandie, il doit quitter la France avec sa famille à la suite de la proclamation de la Seconde République. Un destin hors du commun l'attend : il réalise un voyage au Proche-Orient puis intègre les rangs nordistes lors de la guerre de Sécession. Revenu en France après la guerre de 1870, il tente de réaliser l'unité monarchique en rendant visite au comte de Chambord en 1873. L'échec du projet de restauration l'éloigne de la politique et l'amène à se retirer au château d'Eu, dont Viollet-le-Duc assure la restauration. Dix ans plus tard, la mort de son cousin le désigne en héritier de la couronne. Travailleur acharné, il s'implique dès lors activement dans la vie du parti royaliste en vue de la conquête du pouvoir. Après le vote de la loi d'exil en 1886, il redessine les contours de la doctrine monarchique, conciliant les héritages orléaniste et légitimiste. Ses écrits témoignent de son souci de l'adapter à la société de son temps. Les soubresauts politiques de la fin des années 1880 le conduisent à tenter de détourner le mouvement boulangiste en faveur de la monarchie. Cependant l'échec électoral de 1889 et le ralliement d'une partie des royalistes à la République sonnent le glas de ses espérances. Il s'éteint prématurément en Angleterre en septembre 1894.
   En s'appuyant sur de nombreuses sources jusque-là inexploitées, Thibault Gandouly entreprend de faire revivre Philippe d'Orléans, un homme profond, pragmatique, à la vie exemplaire, un patriote doublé d'un parfait chrétien. Le parcours de ce prétendant, le dernier qui ait été à la tête d'un parti royaliste en capacité de menacer la République, accompagne et éclaire aussi un demi-siècle politiquement troublé, marqué par les complots, les scandales et les révolutions.

   Historien et enseignant, Thibault Gandouly est l'auteur de Paul de Cassagnac. L'enfant terrible du bonapartisme (prix de la Fondation Napoléon 2018 • Second Empire). Philippe d'Orléans, comte de Paris est son deuxième ouvrage.

Du même auteur :

Paul de Cassagnac, l'enfant terrible du bonapartisme 

Dans la presse

Blog La Couronne, 22 février 2020

   Sortie le 27 février prochain d’une nouvelle biographie consacrée à Philippe VII de France, Comte de Paris et préfacée par l’actuel chef de la Maison royale de France, Monseigneur le prince Jean de France. Un moment d’histoire de France, une plongée dans le monarchisme français. 

   Petit-fils du roi Louis-Philippe et arrière-petit-fils de Philippe-Égalité, Philippe d´Orléans, comte de Paris (1838-1894), naît au palais des Tuileries. Passant son enfance entre Paris et le château d´Eu en Normandie, il doit quitter la France avec sa famille à la suite de la proclamation de la Seconde République. Un destin hors du commun l´attend : il réalise un voyage au Proche-Orient puis intègre les rangs nordistes lors de la guerre de Sécession. Revenu en France après la guerre de 1870, il tente de réaliser l´unité monarchique en rendant visite au comte de Chambord en 1873. L´échec du projet de restauration l´éloigne de la politique et l´amène à se retirer au château d´Eu, dont Viollet-le-Duc assure la restauration. Dix ans plus tard, la mort de son cousin le désigne en héritier de la couronne. Travailleur acharné, il s´implique dès lors activement dans la vie du parti royaliste en vue de la conquête du pouvoir. 

   Après le vote des lois d´exil en 1886, il redessine les contours de la doctrine monarchique, conciliant les héritages orléaniste et légitimiste. Ses écrits témoignent de son souci de l´adapter à la société de son temps. Les soubresauts politiques de la fin des années 1880 le conduisent à tenter de détourner le mouvement boulangiste en faveur de la monarchie. Cependant l´échec électoral de 1889 et le ralliement d´une partie des royalistes à la République sonnent le glas de ses espérances. Il s´éteint prématurément en Angleterre en septembre 1894. 

   En s´appuyant sur de nombreuses sources jusque-là inexploitées, Thibault Gandouly entreprend de faire revivre Philippe d´Orléans, un homme profond, pragmatique, à la vie exemplaire, un patriote doublé d´un parfait chrétien. Le parcours de ce prétendant, le dernier qui ait été à la tête d´un parti royaliste en capacité de menacer la République, accompagne et éclaire aussi un demi-siècle politiquement troublé, marqué par les complots, les scandales et les révolutions. 

La Nef, n°324-325, avril - mai 2020

   Tombé, avec la défaite de Sedan, le prestige du second Empire, rejetés Napoléon III et sa dynastie, proclamée une nouvelle fois, après 1792, après 1848, la République, cette fin de l’été 1870 allait ouvrir un chapitre majeur de notre histoire. Ayant connu, depuis la naissance du siècle, l’aventure césarienne, le retour des Bourbons (d’abord de la branche aînée, ensuite de la branche cadette), la brève existence d’un régime incertain, et, sous le successeur revendiqué du premier Napoléon, une synthèse de démocratie et d’autorité personnelle, les Français, déçus, échaudés, se rabattirent (ultime tour de manège) sur l’estampille civile parée indûment des plus rares vertus. Cependant elle était loin, alors, de réunir tous les suffrages. Abondaient encore bonapartistes et aussi royalistes – lesquels, au lendemain de la mort du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, montreront une tangible fidélité, comme la « fusion » les y inclinait, à son héritier le comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe.
   Intelligent, très instruit, très appliqué, au surplus d’une grande rigueur morale, celui-ci, devenu fort jeune le porteétendard de la Maison d’Orléans et, en 1883, le chef de la Maison de France, donc le prétendant au trône, ne désespérait pas de conquérir le pouvoir. Néanmoins, malgré le relatif succès électoral de 1885, funeste s’avéra, un peu plus tard, le piteux épisode boulangiste. Et tout autant, le 20 février 1892, la pressante recommandation du pape Léon XIII (conséquence des échecs « conservateurs ») d’adhérer à la forme républicaine établie. Chose, bien entendu, inacceptable pour un prince, chrétien fervent mais gardien inflexible du « dépôt traditionnel » de la monarchie – qui, d’ailleurs, lui vaudra la vindicte de la gent politicienne, prompte fabricatrice d’une loi d’exil votée en 1886.
   Tout cela, peu ou mal su, méritait d’être éclairci car Philippe VII fut, chez nous, le dernier Capétien-Bourbon à la tête d’un parti important possédant quelques chances. Voir le livre solidement documenté de Thibault Gandouly.

Michel Toda

VALEURS ACTUELLES, 21 mai 2020

   Il aurait été un bon roi : l’épitaphe est de Jules Simon, l’un des pères fondateurs de la IIIe République, et ce conditionnel passé résume à lui seul l’étrange tragédie d’un destin,celui d’un prince royal devenu “prétendant”, réduit par la malice des temps à devoir prétendre aux droits de sa naissance. Louis-Philippe Albert d’Orléans naît aux Tuileries le 24 août 1838, veille de la Saint-Louis, premier-né du duc d’Orléans et petit-fils de Louis-Philippe, roi des Français, qui décernera à l’enfant le titre de comte de Paris, qui n’avait plus été porté depuis Robert le Fort, arrière-grand-père d’Hugues Capet, le défenseur de Paris contre les Normands en 865.
   Ce retour aux origines capétiennes relevait plus, hélas, de l’histoire que de la tradition, laquelle avait été interrompue en 1793. Le titre est contemporain de Versailles devenu le musée de l’Histoire de France, “Histoire” avec une majuscule ; c’est un succédané un rien fragile, pour une époque incurablement moderne. Toute la tragédie royale est déjà là. M. Thibault Gandouly sait raconter la vie du jeune prince, qui devient l’héritier de la couronne alors qu’il n’a pas encore 4 ans, après qu’un cheval fou a tué son père. Il a 9 ans quand la révolution détrône son grand-père et lui interdit le territoire français. Il passe son premier exil en Angleterre, voyage au Levant, en Amérique, où il s’engage dans les rangs nordistes ; proscrit par la loi de la République, on lui refuse de défendre sa patrie en 1870. Les incertitudes politiques qui suivent l'armistice avec le IIe Reich, l’espoir bientôt déçu d’une restauration avec le comte de Chambord, petit-fils de Charles X, voient le prince attentif aux événements.
   En 1883, à la mort de son cousin, il devient le chef de la maison de France, Philippe VII, et non Louis-Philippe II, et c’est assez dire que la parenthèse orléaniste était refermée et qu’il se replaçait dans l’axe capétien. Le comte de Paris n’est pas l’héritier de la couronne parce qu’il est le petit-fils de Louis-Philippe, mais parce qu’il est le plus proche parent du dernier héritier légitime, les princes espagnols issus de l’ancien duc d’Anjou devenu roi d’Espagne, petit-fils de Louis XIV, étant ipso jure exclus de la succession dynastique en France, non tant pour des raisons modernes de nationalité que par définition même, chaque couronne représentant une bénédiction particulière, Bernanos aurait dit une
« vocation spirituelle », irréductible à toute autre. C’est ainsi que l’actuel comte de Paris, le prince Jean, était le seul habilité à préfacer cette biographie, parce que c’est à lui seul en France qu’il appartient de défendre le principe royal.
   Philippe “VII”, avec ces guillemets de dictionnaire qui disent assez cruellement son dernier exil, hors de l’histoire, a fait ce qu’il a pu avec les circonstances qu’il a traversées, des hommes sur qui il ne pouvait guère compter (un politique retors, Rouvier, une tête folle, Boulanger). Ses Instructions aux monarchistes, le Pacte national où il esquisse une nouvelle Constitution ne manquent ni de force ni de hauteur de vue. Cet homme de réflexion et de prière a su défendre et transmettre au-delà de lui-même le service d’une cause inaltérable aux contingences.

Philippe Barthelet