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Saint Thomas d'Aquin et la possibilité d'un monde créé sans commencement

978-2-37271-155-5

Abbé Grégoire Celier

Nouveau

29,00 €

Fiche technique

Pages376
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionmai 2020

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   Le premier verset de la Bible est bien connu : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1, 1). La doctrine d’un monde créé avec un commencement est donc absolument claire pour l’Église catholique. Et la position de Thomas d’Aquin, prêtre, religieux dominicain, professeur de théologie, déclaré « saint » et « docteur de l’Église » par l’autorité ecclésiastique, est évidemment conforme à cette doctrine : « Selon la foi catholique, le monde a eu un début dans la durée ».
   Cependant, tous les penseurs latins du XIIIe siècle se sont posé plus ou moins explicitement la question : « Aurait-il été possible que le monde existât sans commencement ? » C’est ce qu’on appelle usuellement la « querelle de l’éternité du monde », car elle a engendré une controverse longue, complexe, souvent tumultueuse, et pour ces raisons tout à fait passionnante. Cette réflexion philosophique possède d’ailleurs une actualité d’autant plus grande qu’on s’interroge aujourd’hui, notamment au plan scientifique, sur l’âge de l’univers.
   Saint Thomas d’Aquin n’a pas été le dernier à participer à cette discussion : il a, au contraire, choisi d’y revenir fréquemment, du début de sa vie de professeur jusqu’à sa fin, y consacrant douze textes assez amples, et ce malgré des polémiques virulentes, des attaques contre sa personne, voire des condamnations ecclésiastiques.
   Même si un certain nombre d’études partielles ont déjà abordé le sujet dans le passé, c’est pourtant la première fois qu’est proposée une présentation méthodique de l’ensemble de la pensée de saint Thomas sur cette question de la « durée du monde », avec toutes ses exigences et toutes ses nuances.

   Grégoire Celier, formé en théologie, en philosophie et en histoire, a publié divers ouvrages en ces matières, et a enseigné longtemps la philosophie.
   Cet ouvrage est issu d’une thèse soutenue à Sorbonne-Université (Paris).

Dans la presse

La Nef, n°330, novembre 2020

   Cet ouvrage, issu d’une thèse de philosophie, traite d’une question de prime abord assez académique, mais qui n’est pas sans incidence sur la métaphysique de la création. Si l’In principio de la Genèse révèle bien le fait du commencement du monde, le concept de création ne postule pas en lui-même une succession chronologique du néant à l’être. Inversement, l’hypothèse de l’éternité du monde ne met nullement en cause le statut même de la créature d’être contingente. G. Célier analyse avec pertinence l’ensemble du corpus thomasien sur la question, en situe à bon escient le niveau épistémologique, précise judicieusement que les principes mis en œuvre par l’Aquinate ne sont nullement dépendants d’un état périmé de la science. Peut-être aurait-il pu aborder en passant l’ambiguïté du créationnisme. En évoquant la possibilité d’un tel monde sans commencement, saint Thomas magnifie la liberté créatrice de Dieu. Cette monographie répond parfaitement au dessein que s’était fixé l’auteur: conjuguer absolu de la foi et liberté de la recherche. Remarquable!

Abbé Christian Gouyaud